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Crise manufacturière : la CCID lance un cri du cœur pour protéger les emplois d’ici

Crise manufacturière : la CCID lance un cri du cœur pour protéger les emplois d’ici
Mme Alexandra Houle, DG de la CCID, entourée de représentants d’entreprises et d’élus, lance un cri du cœur pour préserver les emplois et soutenir les manufacturiers de la région @ Crédit photo CCID. Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

 La Chambre de commerce et d’industrie de Drummond (CCID), appuyée par une vingtaine d’entreprises manufacturières et d’acteurs économiques du Centre-du-Québec, interpelle le gouvernement fédéral afin qu’il apporte rapidement des correctifs aux règles encadrant le Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET).

Mme Alexandra Houle, DG de la CCID, entourée de représentants d’entreprises et d’élus, lance un cri du cœur pour préserver les emplois et soutenir les manufacturiers de la région @ Crédit photo CCID. Tous droits réservés.

Cette demande survient dans un contexte particulièrement difficile pour l’économie régionale. Les fermetures annoncées de Venmar, Carrousel et McKesson, ainsi que la situation entourant l’expropriation envisagée par la Ville de Drummondville d’une entreprise N&N Remorques comptant plus d’une centaine d’employés, alimentent déjà les inquiétudes quant à l’avenir du secteur manufacturier et de l’emploi dans la région.

Une région pénalisée par son statut de RMR

Dans sa lettre adressée à Ottawa, la CCID soutient que les mesures actuellement appliquées au Programme des travailleurs étrangers temporaires ne tiennent pas compte des réalités propres aux régions.

L’organisme rappelle que la région métropolitaine de recensement (RMR) de Drummondville affiche actuellement un taux de chômage de 7,3 %, soit au-dessus du seuil de 6 % qui déclenche automatiquement le refus de nouvelles demandes et le blocage de certains renouvellements d’études d’impact sur le marché du travail (EIMT). Pourtant, le taux de chômage de l’ensemble du Centre-du-Québec demeure inférieur à 4,5 %.

Selon la Chambre, cette situation crée une importante distorsion entre les statistiques utilisées par le gouvernement fédéral et la réalité observée sur le terrain.

« Les entreprises d’ici ne demandent pas un traitement de faveur, mais les conditions nécessaires pour continuer à opérer, à investir et à contribuer pleinement à l’économie », a affirmé la directrice générale de la CCID, Alexandra Houle.

Des entreprises qui craignent de perdre leurs travailleurs

La CCID estime que les conséquences pourraient être importantes pour plusieurs employeurs de la région.

L’organisme souligne que les entreprises devront potentiellement se départir de travailleurs déjà formés, expérimentés et intégrés à leurs équipes, entraînant des pertes pouvant dépasser 120 000 $ par employé lorsque sont considérés les coûts de recrutement, de formation, de relocalisation et la perte de productivité.

Dans le Centre-du-Québec, la pénurie de main-d’œuvre demeure un enjeu structurel. Selon les plus récents sondages de la Fédération des chambres de commerce du Québec, près de 70 % des entreprises québécoises affirment être touchées par ce problème.

Pour plusieurs manufacturiers, les travailleurs étrangers temporaires représentent désormais un levier essentiel au maintien des opérations. Plus de 60 % des entreprises qui y ont recours affirment devoir refuser des contrats, ralentir leur production ou reporter des projets d’expansion en raison des restrictions actuelles.

Des exemples concrets

La CCID a réuni vendredi plusieurs représentants du milieu économique et politique régional afin d’appuyer sa démarche.

Le député fédéral de Drummond, Martin Champoux, le maire de Drummondville, Jean-François Houle, le directeur général de Drummond économique, Gerry Gagnon, ainsi que les représentantes d’Airex et de Sixpro ont pris part à l’exercice.

Les témoignages entendus illustrent concrètement l’ampleur du défi.

Chez Sixpro, 29 travailleurs étrangers temporaires sont actuellement en poste tandis que 12 autres sont en attente malgré des EIMT déjà autorisées.

Chez Airex, l’entreprise n’est plus en mesure de recruter de nouveaux travailleurs étrangers depuis le 1er avril 2026.

Dans les deux cas, le recrutement local demeure extrêmement difficile malgré les efforts déployés.

Selon Drummond économique, une vingtaine d’entreprises de la région sont actuellement touchées par la situation. Si rien ne change d’ici juillet, plus d’une centaine de travailleurs pourraient être contraints de quitter la région.

Les demandes adressées à Ottawa

La CCID réclame notamment le retrait de la règle de refus de traitement des EIMT basée sur les taux de chômage dans les RMR régionales, particulièrement pour les travailleurs déjà établis au Québec.

L’organisme demande également que le secteur manufacturier soit reconnu comme prioritaire dans l’application du PTET, au même titre que la santé, l’agriculture et l’éducation.

La Chambre souhaite aussi le rétablissement d’une durée minimale de 24 mois pour les permis du volet bas salaires, la création d’une voie accélérée pour le renouvellement des permis des travailleurs qualifiés déjà intégrés aux entreprises et une plus grande prévisibilité des programmes fédéraux afin de permettre aux employeurs de planifier leurs activités à moyen et long terme.

Pour la CCID, l’enjeu dépasse désormais la simple question du recrutement. Dans un contexte marqué par plusieurs fermetures d’entreprises et une incertitude économique grandissante, la capacité des manufacturiers à conserver leur main-d’œuvre devient un facteur déterminant pour l’avenir économique de la région.

Cette annonce survient également alors que, comme l’a récemment rapporté le Vingt55, l’entreprise Olymel a procédé à la mise à pied d’une vingtaine de travailleurs étrangers de son usine située dans le parc industriel de Drummondville.

Le dossier s’inscrit également dans la foulée des préoccupations soulevées récemment autour de N&N Remorques. Selon des informations obtenues par le Vingt55, Drummond économique soutenait récemment ne pas avoir été informé des problématiques entourant l’entreprise. L’organisme a toutefois confirmé être en mesure d’accompagner celle-ci dans ses démarches de recrutement.

« Nous pouvons toutefois préciser que Drummond économique accompagne N&N Remorques dans le cadre de ses démarches de recrutement de talents, comme nous le faisons auprès de nombreuses entreprises du territoire », a indiqué le responsable des communications de l’organisme, Simon Laliberté.

De son côté, Drummond économique n’a jusqu’à maintenant effectué aucune sortie publique concernant les dossiers des fermetures annoncées de plusieurs entreprises de la région, notamment Venmar, Carrousel et McKesson, qui ont pourtant suscité de nombreuses inquiétudes quant à l’avenir économique et à l’emploi dans la région.

Sur la photo, la directrice générale de la Chambre de commerce et d’industrie de Drummond (CCID), Mme Alexandra Houle, est entourée du maire de Drummondville, M. Jean-François Houle, du directeur général de Drummond économique M. Gerry Gagnon et du député de Drummond à la Chambre des communes, Martin Champoux, ainsi que de représentants d’entreprises de la région. @ Crédit photo CCID. Tous droits réservés.

Éric Beaupré
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