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Cinq outrages au tribunal : Mylène Hébert arrêtée à Drummondville au terme du délai accordé par le tribunal

Cinq outrages au tribunal : Mylène Hébert arrêtée à Drummondville au terme du délai accordé par le tribunal
Les quelques dizaines de manifestants et sympathisants de Mylène Hébert ont rapidement quitté le terrain du poste de la Sûreté du Québec après avoir été informés de son arrestation, mettant ainsi fin au sit-in. @ Crédit photo Éric Beaupré / Vingt55. Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

Après plusieurs jours de mobilisation devant le poste de la Sûreté du Québec à Drummondville, Mylène Hébert a finalement été interpellée et arrêtée par les policiers en début de soirée. Mme Hébert, qui affirme toujours avoir été victime d’un réseau pédocriminel et qui a publiquement formulé de graves allégations visant notamment Alain Carrier ainsi que d’autres personnalités publiques, faisait l’objet d’une peine d’emprisonnement pour outrage au tribunal en lien avec son refus de respecter des ordonnances de la Cour.

Mylène Hébert, entouré de quelques manifestants, quelques minutes avant son interpellation et son arrestation par les policiers de la Sûreté du Québec @ Crédit photo Éric Beaupré / Vingt55. Tous droits réservés.

L’arrestation de Mme Hébert est survenue vers 18 h, sur le boulevard Mercure, au terme de la période de cinq jours qui lui avait été accordée à la suite de la décision du tribunal. Selon les informations obtenues par le Vingt55, les policiers l’ont informée de la situation avant de procéder à son arrestation, alors qu’elle se trouvait seule entre le secteur du poste de police, où se déroulait la mobilisation, et son domicile.

En l’absence de la principale intéressée, l’honorable juge Antoine Aylwin a entendu les représentations sur les quatrième et cinquième chefs d’outrage au tribunal. Au terme de celles-ci, la procureure d’Alain Carrier, Me Christine Jutras, a demandé au tribunal d’imposer une peine suffisamment sévère pour réaffirmer l’autorité des tribunaux et le respect de leurs ordonnances. Ce qu’a entériné, dans une décision rendue rapidement, l’honorable juge Aylwin, après avoir considéré les nombreux manquements de Mme Hébert.

Sous le coup d’un mandat d’arrestation et bénéficiant d’un délai de grâce de cinq jours, comme l’avait précisé le juge Aylwin, Mylène Hébert, qui refusait toujours de retirer des réseaux sociaux les publications jugées diffamatoires visant l’ancien maire de Drummondville, a finalement été arrêtée dimanche sur le boulevard Mercure, à Drummondville, alors que la Sûreté du Québec procédait à l’exécution du mandat.

Mme Hébert a échangé quelques mots avec les policiers et a manifesté une certaine résistance au moment de son arrestation. L’intervention s’est néanmoins déroulée dans le calme. Elle a ensuite été conduite vers un centre de détention afin d’amorcer l’exécution de la peine imposée par le tribunal.

Une mobilisation qui prend fin avec son arrestation

Depuis quelques jours, Mme Hébert et une dizaine de citoyens manifestaient pacifiquement devant le poste de la Sûreté du Québec à Drummondville pour dénoncer la décision judiciaire rendue contre elle.

Mylène Hébert avait également indiqué avoir entrepris une grève de la faim et de la soif, aléatoirement, dans le contexte de sa contestation de la décision. Elle avait poursuivi sa mobilisation devant le poste de police avec les quelques sympathisants venus lui témoigner leur soutien.

Selon les images qui circulent sur les réseaux sociaux, Mylène Hébert aurait tenté de résister à son arrestation et aurait bousculé et invectivé les policiers qui procédaient à son interpellation.

Son arrestation a toutefois mis un terme au mouvement.

Rapidement informés que les policiers avaient exécuté le mandat visant Mme Hébert, les quelques manifestants encore présents ont quitté pacifiquement les lieux. Comme l’a constaté le Vingt55, le terrain situé devant le poste de la Sûreté du Québec s’est vidé quelques minutes après l’arrestation.

Une peine de huit mois pour outrage au tribunal

Cette arrestation s’inscrit dans la foulée d’un long débat judiciaire opposant Mylène Hébert à Alain Carrier, ancien maire de Drummondville, ainsi qu’à Performance N.C. Inc.

Au cœur du litige se trouvent notamment des publications, des vidéos et des déclarations diffusées sur les réseaux sociaux par Mme Hébert, ainsi que des ordonnances rendues par la Cour supérieure lui imposant de cesser de tenir certains propos et de retirer certains contenus concernant M. Carrier.

La Cour supérieure du Québec a condamné Mme Hébert à une amende de 10 000 $ et à une peine de huit mois d’emprisonnement après l’avoir déclarée coupable d’outrage au tribunal pour avoir contrevenu à répétition à une injonction permanente rendue en janvier dans le dossier.

Lors des représentations sur la peine, les procureurs au dossier avaient soumis au tribunal leurs recommandations concernant la sanction à imposer. La décision est survenue au terme des procédures pour outrage au tribunal découlant du non-respect allégué des ordonnances judiciaires.

Une situation qui pourrait être réévaluée

Selon ce qu’il a été possible d’apprendre lors des procédures judiciaires, la situation de Mme Hébert pourrait faire l’objet d’une réévaluation au 30 jours. Elle pourrait ainsi être appelée à revoir sa position concernant le respect des ordonnances du tribunal et le retrait des publications et vidéos visées par celles-ci.

Une modification de sa position et le respect des ordonnances pourraient alors être pris en considération dans la suite de l’exécution de sa peine, selon les modalités établies par le tribunal.

Des allégations que Mme Hébert continue de soutenir

Mme Hébert maintient pour sa part les allégations qu’elle diffuse depuis plusieurs années. Elle affirme avoir été victime d’un réseau pédocriminel et a publiquement mis en cause plusieurs personnes, dont Alain Carrier, ainsi que d’autres personnalités publiques. Ces affirmations demeurent celles de Mme Hébert et ne doivent pas être présentées comme des faits établis par un tribunal.

De son côté, Alain Carrier avait précédemment indiqué au Vingt55 que son objectif était de faire cesser les propos qu’il considère faux et diffamatoires à son endroit.

« Tout ce que je voulais depuis le début, c’est qu’elle cesse de dire des faussetés à mon sujet. Si elle avait respecté les ordonnances de la Cour, elle ne serait pas en prison aujourd’hui. Ce n’est pas ce que je souhaitais », avait-il déclaré au Vingt55.

Avec l’arrestation de Mylène Hébert et l’exécution de l’ordonnance judiciaire, la mobilisation qui se déroulait depuis plusieurs jours devant le poste de la Sûreté du Québec à Drummondville a donc pris fin dans le calme. Le dossier judiciaire, qui s’est largement développé devant les tribunaux mais également sur les réseaux sociaux, pourrait toutefois connaître de nouveaux développements en fonction de la position qu’adoptera Mme Hébert quant aux ordonnances rendues par la Cour.

Rencontrée par le Vingt55 lors de la mobilisation précédant son arrestation, Mme Hébert avait refusé de commenter la décision du juge, tout comme les ordonnances dont le respect lui aurait permis, selon les éléments discutés devant le tribunal, d’éviter l’emprisonnement et l’amende de 10 000 $, sans toutefois lui retirer le droit de porter plainte ou de faire valoir ses prétentions devant les tribunaux, dans le respect des ordonnances judiciaires en vigueur.

Les quelques dizaines de manifestants et sympathisants de Mylène Hébert ont rapidement quitté le terrain du poste de la Sûreté du Québec après avoir été informés de son arrestation, mettant ainsi fin au sit-in. @ Crédit photo Éric Beaupré / Vingt55. Tous droits réservés.

Éric Beaupré
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