DRUMMONDVILLE
Condamnation de Mylène Hébert pour outrage au tribunal : quelques manifestants se sont rassemblés devant le poste de la SQ à Drummondville @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
Plusieurs sympathisants et citoyens ont pu constater le mouvement initié par Mylène Hébert en opposition à la condamnation prononcée par le juge Antoine Aylwin, en lien avec les outrages au tribunal découlant du dossier. Mme Hébert n’était pas présente lors de l’audience, alors que les avocats au dossier, Me Christine Jutras et Me Frédéric Jutras-Komlosy, avaient présenté leurs observations et suggéré une peine d’emprisonnement ainsi que l’amende maximale pour outrage au tribunal. Sur place, le Vingt55 a rencontré des manifestants venus exprimer leur soutien à Mme Hébert et, plus largement, leur méfiance envers certaines institutions et le système judiciaire.
La manifestation s’inscrit dans la foulée d’un long débat judiciaire opposant Mylène Hébert à Alain Carrier, ancien maire de Drummondville. Au cœur du litige se trouvent notamment des publications et des déclarations diffusées sur les réseaux sociaux par Mme Hébert et les ordonnances rendues par la Cour supérieure afin qu’elle cesse de tenir certains propos concernant M. Carrier.
Selon le jugement rapporté dans les jours précédant la mobilisation, Mme Hébert a été condamnée après avoir contrevenu à des ordonnances de la Cour. Une peine de huit mois d’emprisonnement et une amende de 10 000 $, présentée comme le maximum applicable dans ce dossier d’outrage au tribunal, lui ont été imposées.
De son côté, Alain Carrier avait précédemment indiqué au Vingt55 que son objectif était que cessent les propos qu’il considère faux à son endroit. « Tout ce que je voulais depuis le début, c’est qu’elle cesse de dire des faussetés à mon sujet. Si elle avait respecté les ordonnances de la Cour, elle ne serait pas en prison aujourd’hui. Ce n’est pas ce que je souhaitais », avait-il déclaré, une position également reprise dans un reportage consacré à l’affaire.
Mylène Hébert se présente devant ses sympathisants, Mme Hébert s’est présentée seule sur les lieux de la manifestation. Selon les informations recueillies par le Vingt55, elle a voulu s’assurer qu’elle ne serait pas arrêtée en se rendant devant le poste de police.
À son arrivée, elle a rejoint les personnes rassemblées pour lui manifester leur soutien.
Le Vingt55 lui a proposé une entrevue afin qu’elle puisse commenter la décision de la Cour, la peine qui lui a été imposée ainsi que les événements à l’origine du litige judiciaire. Mme Hébert a refusé nos demandes d’entrevue et n’a pas souhaité commenter la sentence.
Elle reproche au Vingt55 d’avoir, selon elle, mal rapporté certains de ses propos lors d’une précédente entrevue qui avait contribué à faire connaître publiquement son histoire. Le Vingt55 lui a offert la possibilité de préciser quels passages elle estimait inexacts ou mal cités et de présenter sa version des faits. Elle n’a pas souhaité accorder d’entrevue.
« Nous avons invité tous les médias », a évoqué l’une des manifestantes rencontrées sur place. « Télévision, radio, salles de nouvelles, ils sont préoccupés par la situation. » Un journaliste d’URBANIA, Jean Bourbeau, s’est présenté sur place et a obtenu une entrevue avec Mme Hébert, qui a également rapporté les événements et les activités qui se sont déroulés sur devant le poste de police de la Sûreté du Québec.
Des manifestants qui dénoncent un système qu’ils jugent défaillant
Sur place, deux participantes ont accepté de répondre aux questions du Vingt55. Leurs interventions ont rapidement dépassé le seul dossier judiciaire de Mylène Hébert pour aborder des préoccupations beaucoup plus larges concernant la Direction de la protection de la jeunesse, le fonctionnement du système judiciaire, le traitement réservé aux victimes et la confiance envers les institutions.
Les participantes rencontrées estiment que le cas de Mme Hébert représente, à leurs yeux, un exemple des difficultés vécues par certaines personnes qui tentent de dénoncer ce qu’elles considèrent comme des injustices institutionnelles.
L’une d’elles, Susan Stroll, a affirmé être venue soutenir Mme Hébert parce qu’elle considère que les institutions devraient davantage enquêter sur les allégations formulées par les personnes qui se présentent comme victimes, plutôt que de les écarter. Elle a également exprimé une profonde méfiance envers différents organismes publics, le système judiciaire et les médias.
Plusieurs des affirmations formulées au cours des entrevues concernaient toutefois des dossiers sans lien direct avec la procédure judiciaire opposant Mylène Hébert à Alain Carrier. Certaines constituaient également des opinions, des allégations ou des interprétations personnelles qui n’ont pas été établies devant les tribunaux ou vérifiées de façon indépendante par le Vingt55.
Une autre sympathisante de Mme Hébert a, pour sa part, évoqué le Seigneur et Dieu, qui devraient, selon elle et ses convictions, intervenir et exercer leur pouvoir afin d’orienter les choix et les décisions du tribunal et des autorités. Canne et bâton de parole à la main, ainsi qu’un drapeau à caractère religieux, celle-ci est venue manifester son soutien à Mme Hébert.
Le Vingt55 a donc choisi de rapporter essentiellement les préoccupations exprimées par les manifestants concernant la confiance envers les institutions, le traitement des victimes et leur soutien à Mme Hébert, sans présenter comme des faits les nombreuses allégations formulées au cours des échanges.
Alors que certains appels diffusés sur les réseaux sociaux laissaient entrevoir une mobilisation importante et prolongée, le rassemblement observé à Drummondville est demeuré relativement limité. Au plus fort de la manifestation, le Vingt55 a évalué la présence à environ une vingtaine de personnes.
Pour les participants rencontrés sur place par le Vingt55, le nombre de manifestants importait toutefois moins que le message qu’ils souhaitaient transmettre. Plusieurs affirmaient être présents non seulement pour soutenir personnellement Mylène Hébert, mais également pour dénoncer ce qu’ils perçoivent comme des lacunes dans le fonctionnement de certaines institutions.
La manifestation aura ainsi donné un écho à un dossier qui s’est largement développé devant les tribunaux, mais également sur les réseaux sociaux, où les prises de position, les témoignages et les accusations ont suscité de nombreuses réactions, certaines interventions mobilisant les sympathisants de Mme Hébert et cumulant près de 100 000 vues.
Pendant ce temps, le dossier judiciaire suit son cours. La condamnation imposée à Mylène Hébert découle d’un outrage au tribunal et du non-respect d’ordonnances judiciaires, et non d’une décision judiciaire portant sur l’ensemble des allégations qu’elle formule publiquement.
Mme Hébert, qui n’a pas souhaité commenter sa peine au Vingt55 lors de la manifestation, continue pour sa part de contester publiquement le traitement de son dossier.
Un appel symbolique lancé aux policiers, la présence des manifestants devant le poste de la Sûreté du Québec soulevait par ailleurs une certaine contradiction : les policiers visés par les appels de soutien à Mylène Hébert ne sont pas parties au litige judiciaire qui l’oppose à Alain Carrier. Leur rôle consiste plutôt à appliquer les décisions rendues par les tribunaux lorsqu’ils sont appelés à le faire.
Dans une intervention, Mme Hébert a d’ailleurs invité, de façon symbolique, les policiers à déposer leurs menottes devant le poste en signe de soutien et à refuser ainsi de participer à l’exécution de la décision rendue par le juge Antoine Aylwin, une demande qui est visiblement restée sans appel ni réponse.
Or, la peine imposée à Mme Hébert découle d’une décision de la Cour supérieure. Les policiers de la Sûreté du Québec n’ont pas rendu ce jugement et n’ont pas à se prononcer sur son bien-fondé. Le palais de justice de Drummondville, où les décisions judiciaires sont rendues, se trouve d’ailleurs à quelques centaines de mètres du poste de police devant lequel la mobilisation s’est tenue.
Mme Hébert pourrait, au cours des prochaines heures, choisir de se présenter volontairement au poste de la Sûreté du Québec afin de se conformer à la décision du tribunal. Celle qui affirme avoir entrepris une grève de la faim et de la soif continue néanmoins d’espérer publiquement que des policiers refuseront de participer à son incarcération.
Cette demande demeure toutefois essentiellement symbolique puisque, dans les faits, les policiers ont pour mandat d’exécuter les ordonnances judiciaires applicables et non de décider eux-mêmes de mettre de côté une peine d’emprisonnement imposée par un juge.
Le rassemblement devant le poste de la SQ témoigne ainsi de l’opposition des sympathisants de Mme Hébert à son incarcération, mais ne modifie en rien, pour le moment, la décision rendue par la Cour supérieure. Selon les informations rapportées au dossier, Mme Hébert dispose d’un délai de quelque3s heures encore pour se livrer aux autorités à la suite de sa condamnation à huit mois d’emprisonnement.

Condamnation de Mylène Hébert pour outrage au tribunal : quelques manifestants se sont rassemblés devant le poste de la SQ à Drummondville @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.




















