DRUMMONDVILLE
Conduite avec les capacités affaiblies @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
Comme l’a constaté le Vingt55, les opérations de lutte contre la conduite avec les capacités affaiblies ont débuté de nouveau cette année, une tradition annuelle marquée cette fois par un constat important, le message ne semble toujours pas passer clairement auprès de nombreux conducteurs qui en sont à leur première condamnation en matière de conduite avec les capacités affaiblies.
Chaque semaine, de nouveaux conducteurs se présentent pour une première condamnation, échangeant leur permis contre un casier judiciaire, un « cadeau » lourd de conséquences, coûteux et évitable, rappelle l’honorable juge Marie-Josée Ménard
Comme le constate le Vingt55, chaque semaine, au palais de justice de Drummondville, de nouveaux conducteurs se retrouvent devant la juge Marie-Josée Ménard, entre autres, pour une première condamnation liée à la conduite avec les capacités affaiblies. Une réalité encore, selon ses propres mots, « beaucoup trop courante », alors que ces contrevenants échangent essentiellement leur permis de conduire contre un casier judiciaire, souvent sans avoir pris le temps de mesurer l’ampleur des conséquences.
Avant même d’envisager l’impact sur leur vie personnelle ou professionnelle, ces condamnations entraînent des frais moyens d’environ 5 000 $, lesquels peuvent grimper jusqu’à plusieurs dizaines de milliers de dollars selon la gravité de la cause, les interdictions imposées et les démarches qui en découlent.
Un geste évitable, mais trop rarement évité
Dans la majorité des dossiers entendus — et cela depuis de nombreuses années —, la magistrate constate que ni les proches ni le contexte n’ont suffi à dissuader l’accusé de prendre le volant.
L’honorable juge Ménard rappelle à chaque nouvelle condamnation qu’une simple intervention d’un ami, d’un collègue ou d’un membre de la famille aurait pu prévenir une arrestation et l’inscription d’un dossier criminel qui leur portera préjudice longtemps.
« Vous n’avez jamais eu l’impression de voir venir les conséquences d’une campagne de prévention contre l’alcool au volant, mais attendiez-vous réellement qu’un policier vienne vous avertir avant de partir? Étiez-vous chez des amis? Dans un restaurant? À une fête familiale? Personne autour de vous ne vous a empêché de conduire ni ne vous a proposé une autre façon de rentrer? », questionne-t-elle régulièrement, visiblement préoccupée par la répétition de ces cas.
La magistrate multiplie explications et mises en garde pour tenter de freiner ce phénomène qui, semaine après semaine, amène de nouveaux conducteurs à prendre le volant avec les facultés affaiblies et à en subir les lourdes conséquences judiciaires, financières et personnelles.
« Qu’aurait-il fallu de plus pour vous convaincre? », répète-elle souvent aux nouveaux condamnés, plusieurs admettant n’avoir « pas réalisé » ou qu’« on ne leur a pas enlevé les clés », illustrant la banalisation persistante de ce geste pourtant grave.
La juge rappelle aussi que, malgré leur erreur, ces conducteurs ont évité le pire : « Vous n’avez blessé ni tué personne. Beaucoup d’autres familles n’ont pas cette chance », souligne-t-elle, invitant chacun à devenir à son tour un porte-parole des dangers liés à la conduite avec les facultés affaiblies.
À Drummondville, les policiers de la Sûreté du Québec mèneront des interventions soutenues auprès des conducteurs dont les capacités sont affaiblies par l’alcool ou la drogue. Plusieurs automobilistes ont déjà été interceptés depuis le début du mois de décembre.
« Les partys de bureau et les événements festifs sont bien entamés. Les policiers seront présents sur les routes pour assurer la sécurité de tous », rappelle le sergent Louis-Philippe Ruel, porte-parole de la Sûreté du Québec, en entrevue au Vingt55. Il souligne que les opérations intensives se poursuivront jusqu’au 2 janvier.
Une réalité qui coûte des vies
La conduite avec les capacités affaiblies demeure l’une des principales causes de décès sur les routes québécoises. Entre 2019 et 2023, l’alcool était impliqué en moyenne dans 28 % des collisions mortelles et dans 15 % des collisions causant des blessures graves.
« Lorsqu’on consomme, on ne conduit pas », insiste le sergent Ruel. Les mythes voulant qu’on puisse dissiper rapidement les effets de l’alcool ou de la drogue sont dangereux et doivent être rejetés.
Chaque arrestation entraîne des conséquences importantes : suspension du permis, casier judiciaire, amendes, restrictions sévères, répercussions sociales et professionnelles. Mais surtout, ces comportements causent des traumatismes et des vies brisées, souvent de manière irréparable.
Une responsabilité partagée, un cadeau facile à faire
Au tribunal comme sur les routes, le message demeure le même, la responsabilité n’incombe pas seulement au conducteur, mais aussi à son entourage.
Les services de police du Québec, en collaboration avec les contrôleurs routiers de la SAAQ, mèneront du 4 décembre 2025 au 4 janvier 2026 l’Opération nationale concertée contre la capacité de conduire affaiblie. Les interventions comprendront des contrôles routiers et différents dépistages à travers la province.
À Drummondville comme ailleurs dans la région, l’honorable juge Ménard et les policiers invitent assurément chacun à intervenir, à proposer un retour sécuritaire et à éviter qu’une mauvaise décision se transforme en drame.

Conduite avec les capacités affaiblies @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.










