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Procès en diffamation : « Le cirque a assez duré » absente, Mylène Hébert s’expose à une peine d’emprisonnement

Procès en diffamation : « Le cirque a assez duré » absente, Mylène Hébert s’expose à une peine d’emprisonnement
@ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

Déjà reconnue coupable d’outrage au tribunal et visée par une injonction permanente, Mylène Hébert a fait défaut de comparaître lors d’une nouvelle audience dans le cadre de son procès, tenu aujourd’hui au palais de justice de Drummondville, en présence de l’homme d’affaires Alain Carrier, représenté par Me Christine Jutras dans ce dossier.

Alors que plusieurs s’attendaient à voir Mme Hébert prendre part au procès et déposer ses nombreuses preuves évoquées depuis des mois, son silence demeure entier, puisque la principale intéressée ne s’est pas présentée aujourd’hui au palais de justice de Drummondville, une absence remarquée tant par l’avocate de la demande, Me Christine Jutras, son client, l’homme d’affaires, que par le  juge Thomas M. Davis qui présidait la cause aujourd’hui.

Devant la Cour, la preuve déposée par la partie demanderesse brosse le portrait d’un dossier marqué par des accusations graves, une diffusion massive sur les réseaux sociaux et un non-respect persistant des décisions judiciaires.

Le dossier judiciaire opposant Mylène Hébert à l’homme d’affaires Alain Carrier a connu un nouveau développement majeur au palais de justice de Drummondville, alors que la défenderesse ne s’est pas présentée à l’audience pour laquelle elle avait pourtant été dûment convoquée.

Cette absence, survenue dans un contexte déjà marqué par des décisions judiciaires fermes et des ordonnances répétées, a été au cœur des représentations présentées par Me Christine Jutras, avocate des demandeurs, qui a plaidé en l’absence de Mme Hébert.

Dès l’ouverture de l’audience, Me Jutras a insisté sur le fait que le défaut de comparaître de Mylène Hébert ne pouvait être analysé isolément.

L’avocate a rappelé que ce geste s’inscrit dans une continuité de comportements caractérisés par le non-respect des décisions judiciaires, des injonctions et des ordonnances rendues depuis le début du litige.

Elle a rappelé que Mme Hébert avait été informée à plusieurs reprises des obligations qui lui incombaient, les décisions ayant été signifiées formellement. Malgré cela, la défenderesse aurait persisté à adopter une attitude de défi face au système judiciaire. Dans ce contexte, l’absence à l’audience a été présentée comme un élément supplémentaire démontrant, selon la partie demanderesse, un refus de se soumettre à l’autorité des tribunaux.

Au cœur du dossier se trouvent des accusations particulièrement graves formulées par Mylène Hébert sur les réseaux sociaux, dans lesquelles elle associait publiquement Alain Carrier, Yves-François Blanchet et Éric Lapointe à des gestes d’agression sexuelle ainsi qu’à un prétendu réseau de nature pédocriminelle.

Ces allégations, diffusées de manière répétée sur différentes plateformes, ont connu une large circulation, certaines publications ayant été vues et partagées à grande échelle.

Face à cette situation, et aux propos et accusations de Mylène Hébert, M. Carrier a entrepris des recours en diffamation afin de faire cesser la diffusion de ces propos, qualifiés par le juge Bernard Synnott d’« accusations issues du délire », non crédibles et infondées, dans une décision rendue le 18 janvier dernier.

La Cour supérieure est intervenue rapidement dans ce dossier en émettant, dès mai 2025, des ordonnances d’injonction visant à interdire toute publication concernant M. Carrier, ses entreprises et son entourage.

Ces ordonnances, jugées claires et sans ambiguïté par les tribunaux, imposaient à Mme Hébert de retirer ses publications et de s’abstenir de tout nouveau contenu à caractère diffamatoire.

Or, selon la preuve présentée par Me Jutras, ces ordonnances n’auraient pas été respectées. Au contraire, les publications se seraient poursuivies, certaines visant directement les parties au dossier, leurs avocats ainsi que des membres du système judiciaire.

Une condamnation pour outrage au tribunal

Le 15 septembre 2025, la Cour supérieure a déclaré Mylène Hébert coupable d’outrage au tribunal pour avoir contrevenu à ces ordonnances. Le tribunal a conclu que la défenderesse avait agi en pleine connaissance de cause, refusant délibérément de se conformer aux décisions rendues.

Dans sa décision, la Cour a rappelé que le respect des ordonnances judiciaires constitue un fondement essentiel de l’État de droit, soulignant que leur non-respect compromet la confiance du public envers le système de justice. Mme Hébert a été condamnée à une amende de 2 000 $, assortie d’un avertissement clair, des sanctions plus sévères, incluant l’emprisonnement, pourraient être envisagées en cas de récidive.

Un jugement en diffamation qui tranche sans équivoque

Quelques mois plus tard, le 15 janvier 2026, la Cour supérieure a rendu un jugement sur le fond du dossier en matière de diffamation.

Dans cette décision, le tribunal a rejeté catégoriquement les accusations formulées par Mme Hébert, concluant qu’aucune preuve crédible ne permettait de soutenir ses allégations.

Le juge a notamment affirmé que les propos tenus relevaient d’« élucubrations » et qu’il n’existait « pas la moindre preuve » d’un lien entre Alain Carrier et un quelconque réseau criminel, qualifiant également ces accusations d’« issues du délire », non crédibles et infondées.

Le jugement a également mis en lumière les conséquences importantes de ces accusations sur la réputation de l’homme d’affaires, de ses proches et de ses entreprises. Il a rappelé que plusieurs vidéos avaient été vues plus de 100 000 fois, des propos qui circulent encore largement et qui continuent de porter atteinte à la réputation du demandeur.

Une injonction permanente a alors été prononcée, interdisant à Mme Hébert toute diffusion de propos diffamatoires.

Lors des représentations, Me Christine Jutras a déposé un nombre important d’éléments de preuve afin d’illustrer la poursuite des comportements reprochés. Ces éléments incluent des captures d’écran, des publications Facebook, des vidéos diffusées sur différentes plateformes ainsi que des documents démontrant la circulation et l’ampleur des propos tenus.

Selon l’avocate, ces pièces démontrent non seulement la persistance des publications, mais également leur intensification dans certains cas, malgré les décisions judiciaires rendues. Elle a soutenu que ces éléments témoignent d’un refus clair de respecter les ordonnances du tribunal et d’un comportement qui porte atteinte à l’autorité judiciaire.

Appelé à témoigner, Alain Carrier a exprimé son incompréhension face à la situation, affirmant avoir choisi la voie judiciaire pour faire valoir ses droits. 

Il a rappelé avoir obtenu plusieurs jugements en sa faveur, tout en déplorant que ceux-ci ne soient pas respectés. Selon son témoignage, les accusations diffusées à son endroit ont entraîné des conséquences importantes, notamment en matière de réputation et de sécurité. Il a évoqué avoir reçu des messages haineux et des menaces, en plus de subir des répercussions dans sa vie personnelle et familiale.

L’homme d’affaires a également insisté sur l’importance de faire respecter les ordonnances rendues par les tribunaux, estimant que la situation actuelle soulève des questions quant à l’efficacité des recours judiciaires lorsque les décisions ne sont pas suivies.

Dans ses représentations, Me Christine Jutras a rappelé que le Code de procédure civile prévoit des sanctions pouvant aller bien au-delà des amendes déjà imposées et qu’une peine d’emprisonnement serait appropriée afin de rappeler l’importance qu’il faut accorder aux injonctions et aux ordonnances du tribunal.

En matière d’outrage au tribunal, les tribunaux peuvent notamment imposer des amendes pouvant atteindre 10 000 $, des travaux d’utilité sociale ou encore une peine d’emprisonnement en cas de non-respect persistant des ordonnances.

Dans le présent dossier, il ne serait pas approprié d’imposer des travaux communautaires. Des travaux communautaires constitueraient davantage une sentence pour un délinquant ordinaire, a-t-elle souligné, insistant au passage sur la gravité des enjeux.

Il a été rappelé que de telles mesures seraient difficilement envisageables pour l’intimé, qui devra plutôt s’attendre à une sanction comportant minimalement une amende de 10 000 $ pour les nombreuses récidives, assortie également d’une peine d’emprisonnement. À cet égard, l’avocate a présenté une série de jurisprudences retenues par le juge.

L’avocate a rappelé devant le tribunal que ‘’le cirque’’ a assez duré, soutenant qu’il s’agit d’un dossier qui s’étire depuis trop longtemps.

Elle a fait valoir que Mme Hébert continue de tenir des propos diffamatoires, tant envers son client que toute personne liée, de près ou de loin, à ce dossier. Des menaces auraient également été formulées à l’endroit de Me Frédéric Jutras, ainsi qu’à l’égard des avocats du cabinet, dont Me André Komlosy, et d’autres personnes impliquées.

Selon les représentations, la situation aurait atteint un point où des mesures de sécurité ont dû être mises en place afin d’assurer la protection de chacun, des dispositions qui engendrent des coûts importants pour la collectivité.

L’accusation estime qu’il s’agit d’un comportement inacceptable qui doit être sanctionné afin d’éviter d’ouvrir la porte à de tels précédents. Elle rappelle qu’un laxisme dans ce type de dossier enverrait un très mauvais message, insistant sur le fait que le système judiciaire doit être équitable pour tous, afin de maintenir la confiance du public et le respect des institutions.

Devant le tribunal, Me Christine Jutras a insisté sur l’importance de faire respecter les ordonnances et les injonctions rendues dans ce dossier, rappelant que celles-ci ne peuvent demeurer sans effet.

Elle a soutenu que la sentence doit refléter la gravité des manquements constatés, dans un contexte où les décisions judiciaires ont été claires, répétées et signifiées à plusieurs reprises. Selon elle, permettre que le dossier soit traité avec légèreté minerait directement l’autorité des tribunaux et la crédibilité du système de justice.

Le contexte actuel place donc la défenderesse dans une situation juridique potentiellement lourde de conséquences.

Au terme de l’audience, l’honorable juge Thomas M. Davis saisi du dossier a pris la cause en délibéré, indiquant qu’une décision sera rendue ultérieurement.

Cette décision devra notamment déterminer les suites à donner au défaut de comparaître de Mme Hébert, ainsi qu’au respect, ou non, des ordonnances judiciaires.

Les tribunaux ont rappelé à plusieurs reprises que, si la liberté d’expression constitue un droit fondamental, elle ne saurait justifier la diffusion d’accusations non fondées ni le refus de se conformer aux ordonnances rendues.

Dans ce dossier, la Cour est appelée une fois de plus à se prononcer sur des enjeux touchant directement à l’intégrité du système judiciaire et à l’autorité des tribunaux.

L’honorable juge Thomas M. Davis a indiqué qu’il prenait la décision en délibéré afin de pouvoir la signifier à Mme Hébert et de lui permettre, le cas échéant, de faire ses représentations sur la peine, a conclu l’honorable juge Martin.

Éric Beaupré
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