Diffamation contre Alain Carrier : des accusations issues du « délire », non crédibles et infondées, Mylène Hébert déboutée en Cour supérieure

Diffamation contre Alain Carrier : des accusations issues du « délire », non crédibles et infondées, Mylène Hébert déboutée en Cour supérieure
La Cour ne peut croire « les élucubrations » de Mylène Hébert, tranche le juge Bernard Synnott @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

La Cour supérieure du Québec a donné raison à nouveau a l’ancien maire de Drummondville, Alain Carrier, et à l’entreprise Performance N.C. inc., dans un jugement rendu le 15 janvier 2026 par l’honorable Bernard Synnott, j.c.s. Le tribunal met ainsi fin à une campagne de diffamation menée sur les réseaux sociaux par Mylène Hébert, tout en rejetant sa défense et sa demande reconventionnelle, déclarée abusive.

La Cour ne peut croire « les élucubrations » de Mylène Hébert, tranche le juge Bernard Synnott @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Dans sa décision, obtenue par le Vingt55, le juge Synnott dresse un portrait détaillé des parties. Alain Carrier est décrit comme une figure publique bien connue dans la région de Drummondville, actionnaire majoritaire de Performance N.C. inc., une entreprise comptant plus de 400 employés et spécialisée dans la vente de motocyclettes, de motoneiges et de véhicules tout-terrain, exploitant 14 bannières réparties dans huit succursales.

Comme l’a rapporté le Vingt55 lors de la procédure judiciaire, Alain Carrier et Performance N.C. inc. étaient représentés par Me Christine Jutras et Me Frédéric Jutras-Komlosy, du cabinet Jutras et associés. Mylène Hébert se représentait seule, selon sa volonté. Les audiences se sont déroulées les 10, 11 et 12 novembre 2025 au palais de justice de Drummondville.

Depuis le 2 mai 2025, malgré des ordonnances provisoires et de sauvegarde émises par la Cour supérieure, Mylène Hébert a multiplié les publications sur les réseaux sociaux associant faussement Alain Carrier et Performance N.C. à un réseau de pédophilie et de traite de personnes à des fins sexuelles. Elle se présentait publiquement comme une « survivante » de trafic humain pédocriminel et invoquait la liberté d’expression pour justifier son refus de se conformer aux injonctions judiciaires.

La preuve révèle que ces publications ont été massivement relayées sur les réseaux sociaux, générant des milliers de partages et de commentaires. Certaines vidéos de Mme Hébert ont été visionnées à plus de 100 000 reprises. Le tribunal conclut que ces propos ont suscité de la haine et porté une atteinte grave et durable à la réputation des demandeurs ainsi qu’à celle de leurs proches.

Rejet complet des accusations et crédibilité écartée

Dans une analyse particulièrement claire et complète, le juge Synnott rejette catégoriquement la crédibilité des affirmations de Mme Hébert.

« La Cour ne peut croire les élucubrations de Madame Hébert », écrit-il, ajoutant qu’« il n’existe pas la moindre preuve crédible » permettant de lier Alain Carrier ou Performance N.C. à quelque réseau criminel que ce soit. Le tribunal qualifie les accusations formulées de fabulations et d’affabulations calomnieuses, issues d’un discours jugé déconnecté de la réalité.

Aucune preuve d’un complot ou d’un lien avec Alain Carrier

Le jugement revient longuement sur les événements allégués par la défenderesse, notamment des agressions sexuelles survenues à l’adolescence et à l’âge adulte, ainsi que sur les liens qu’elle tentait d’établir entre ces événements, un chanteur rock bien connu identifié au procès comme M. X, et Alain Carrier. La Cour conclut qu’aucune preuve ne permet d’étayer la thèse d’un complot ou d’une participation quelconque des demandeurs à ces événements.

Lors du procès, il a été permis d’apprendre que les faits prouvés et le seul lien possible évoqué par Mylène Hébert seraient survenus alors que celle-ci était âgée de 31 ans.

Quant à l’agression alléguée survenue au domicile du chanteur rock (Monsieur X), Mylène Hébert, questionnée par l’avocat de la défense, Me Jutras, a dû admettre qu’elle était retournée entre quatre et six reprises chez le chanteur en question à la suite de l’agression présumée qu’elle avait initialement déclarée. Or, les faits rapportés par Mme Hébert situent plutôt ces événements alors qu’elle était âgée de 31 ans, et non mineure.

Présentation à un événement public : le seul reproche formulé

Questionnée par l’avocate Me Christine Jutras quant à ce qu’elle reprochait précisément à l’homme d’affaires Alain Carrier, Mylène Hébert a finalement été pressée par le juge de répondre. Elle a alors affirmé qu’elle déplorait avoir été présentée au chanteur par l’homme d’affaires lors d’un événement public auquel elle participait à sa demande. Elle a également reconnu avoir quitté avec le chanteur en question de son propre chef, n’ayant alors rien à reprocher à l’homme d’affaires dans cette situation et lors de l’événement ou de l’agression présumée.

Mme Hébert a allégué qu’il aurait été de la responsabilité de l’homme d’affaires de mieux l’informer de la réputation du chanteur. Cette affirmation n’a toutefois été étayée par aucune preuve ni par aucun autre élément démontrant une implication de l’homme d’affaires dans les rencontres subséquentes entre le chanteur et Mme Hébert. Elle a également reconnu n’avoir jamais reproché à Alain Carrier autre chose que cette présentation initiale.

Le juge souligne par ailleurs que M. Carrier n’a aucun lien, de près ou de loin, avec la pédocriminalité, le trafic d’enfants ou quelque réseau criminel que ce soit, et que ces accusations répétées ont causé un préjudice sérieux à sa réputation.

Sur le plan juridique, le tribunal rappelle que la liberté d’expression, bien qu’elle constitue un droit fondamental, n’est pas absolue et trouve sa limite dans le droit à la protection de la réputation. En se référant à la jurisprudence de la Cour suprême, le juge souligne que des accusations criminelles fausses, diffusées publiquement, portent atteinte à la dignité et à l’intégrité des personnes visées.

Injonction permanente contre toute publication diffamatoire

En conséquence, la Cour prononce une injonction permanente interdisant à Mylène Hébert de publier, diffuser ou partager tout contenu diffamatoire visant Alain Carrier, Performance N.C. inc., ainsi que leurs avocats.

Elle lui ordonne également de retirer l’ensemble des publications en cause et de publier intégralement le jugement sur ses comptes Facebook et TikTok. L’exécution du jugement est ordonnée immédiatement, nonobstant appel.

Ordonnance de protection accordée aux avocats

La Cour accorde par ailleurs une ordonnance de protection en faveur des avocats des demandeurs, à la suite d’un incident survenu au cabinet Jutras et associés, à Drummondville, où Mme Hébert s’était présentée de manière jugée harcelante. En revanche, aucune ordonnance de protection n’est accordée à Alain Carrier, le tribunal estimant que sa sécurité n’était pas menacée.

Par ailleurs, la demande reconventionnelle de Mme Hébert, par laquelle elle réclamait 500 000 $ en dommages moraux et punitifs en invoquant une prétendue « violence institutionnelle », est rejetée et déclarée abusive au sens du Code de procédure civile, comme le précise le jugement.

Sollicitation de fonds et éléments de crédibilité

Mylène Hébert a reconnu avoir sollicité publiquement de l’argent afin de financer ses démarches judiciaires. Lors de sa comparution, pressée par le juge, elle a évoqué et admis avoir reçu un montant de 10 000 $ pour assumer ces démarches de façon légitime. Or, selon les faits établis au dossier, les frais qu’elle a effectivement engagés à ce jour s’élèvent à environ 2 000 $, auxquels s’ajoutent quelques centaines de dollars pour des frais de copies de documents, a-t-elle fait savoir, laissant ainsi un écart d’environ 8 000 $.

Mme Hébert se défend elle-même dans ces procédures et ne bénéficie pas, par choix, de représentation par avocat. Il s’agit d’un revers complet pour Mylène Hébert qui, quelques heures à peine après la décision, plaidait déjà sur les réseaux sociaux en lien avec le jugement rendu.

Le tribunal a rendu des ordonnances d’injonction interdisant à Mme Hébert de poursuivre la diffusion de ces accusations sur les réseaux sociaux. Malgré une première condamnation assortie d’une amende, la preuve démontre qu’elle n’a pas respecté les ordonnances judiciaires, ce qui a mené à de nouvelles démarches devant les tribunaux.

À peine quelques heures après le prononcé du jugement, Mylène Hébert a publié un nouveau message sur les réseaux sociaux.

Elle y dénonce, cette fois, également, ce qu’elle qualifie de « corruption judiciaire » dans des dossiers qu’elle associe à du trafic humain et à des crimes de nature pédocriminelle. Dans cette nouvelle publication, elle accuse de nouveau Éric Lapointe, Yves-François Blanchet et Alain Carrier, affirmant qu’ils seraient, selon elle, « protégés par une mafia judiciaire ». Elle y réclame également des arrestations ainsi que des condamnations qu’elle dit vouloir exemplaires.

Cette nouvelle vidéo et sa mise en ligne vont toutefois à l’encontre des propos exprimés par le juge dans sa décision et exposent la principale intéressée à d’éventuelles démarches judiciaires supplémentaires.

Contacté par Le Vingt55, l’homme d’affaires Alain Carrière a indiqué qu’il était satisfait du jugement rendu. Il a toutefois précisé qu’il souhaitait voir les ordonnances du tribunal être respectées par Mme Hébert. Celui-ci a pour sa part choisi de s’abstenir de tout commentaire, le dossier étant toujours judiciarisé.

Le jugement prévoit également que la décision doit être publiée intégralement par Mme Hébert sur ses plateformes, afin de rétablir les faits et corriger le préjudice causé. À défaut de s’y conformer, d’autres recours pourraient être envisagés pour faire respecter l’autorité du tribunal.

Le juge souligne par ailleurs que M. Carrier n’a aucun lien, de près ou de loin, avec la pédocriminalité, le trafic d’enfants ou quelque réseau criminel que ce soit @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

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Éric Beaupré
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