Drummondville / Centre-du-Québec
Sur le terrain, des équipes parcourront un territoire d’environ 2 500 km² couvrant 55 municipalités afin d’y distribuer plus de 206 000 appâts vaccinaux. L’épandage se fera manuellement dans des secteurs ciblés fréquentés par les ratons laveurs, les mouffettes et les renards, notamment aux abords des zones boisées et des cours d’eau, en bordure des champs et des installations agricoles, autour des bâtiments abandonnés ainsi que près des poubelles.
Les opérations visent à immuniser ces espèces contre la rage, dans le but de limiter la propagation de la maladie au Québec et de protéger la population. Les appâts vaccinaux, dont l’enveloppe est conçue pour résister aux intempéries, ressemblent à de petits sachets verdâtres comparables à un condiment ou à un ravioli de couleur kaki. Ils dégagent une odeur sucrée qui attire les animaux visés. Une fois dispersés, ils se confondent avec l’environnement, ce qui les rend très difficiles à repérer pour l’humain. Ils ne contiennent pas de virus actif et ne présentent donc aucun risque de transmission de la rage.
Le Centre-du-Québec désormais sous surveillance
En raison de la progression des cas vers le nord, Québec a ajusté sa zone de surveillance rehaussée. Vingt-et-une municipalités supplémentaires y ont été intégrées, dont trois situées au Centre-du-Québec. La région rejoint ainsi officiellement les territoires sous vigilance, signe que la situation évolue et que la maladie pourrait s’en rapprocher.
À l’inverse, 16 municipalités de l’est de l’Estrie ont été retirées de cette zone, le risque y étant désormais jugé faible.
Pour les citoyens du Centre-du-Québec, cette nouvelle réalité se traduit par un appel à la vigilance.
La population est invitée à signaler tout animal sauvage présentant des comportements inhabituels, désorientation, agressivité, paralysie, ou retrouvé mort, notamment en communiquant avec les autorités par téléphone ou via les outils en ligne mis à leur disposition.
La rage demeure une maladie grave, transmissible à l’humain et presque toujours mortelle en l’absence de traitement. Les autorités rappellent l’importance d’adopter des comportements sécuritaires.
En cas de morsure, de griffure ou de contact avec la salive d’un animal, il est essentiel de nettoyer immédiatement la plaie à l’eau et au savon pendant 10 à 15 minutes, puis de communiquer rapidement avec Info-Santé 811 afin d’obtenir une évaluation médicale.
Les propriétaires d’animaux domestiques sont également invités à maintenir à jour la vaccination de leurs compagnons et à consulter un vétérinaire en cas de doute après un contact avec la faune sauvage. Par ailleurs, il est interdit de capturer et de déplacer des animaux comme les ratons laveurs, les mouffettes, les renards ou les coyotes dans les secteurs où des cas ont été confirmés.
Même si des cas continuent d’être détectés, les autorités rappellent que ce type d’intervention s’inscrit dans une stratégie à long terme.
Plusieurs années consécutives de vaccination sont nécessaires pour espérer éliminer la maladie, les animaux devenant immunisés entre quatre et six semaines après avoir consommé les appâts.
Depuis la détection du premier cas en 2006, le Québec applique un plan de lutte structuré contre la rage du raton laveur, basé sur les recommandations d’experts et coordonné entre plusieurs ministères.
Dans ce contexte, l’intégration du Centre-du-Québec à la zone de surveillance marque une étape importante. Elle confirme que, même en dehors des régions actuellement ciblées par les opérations, la vigilance demeure essentielle pour limiter la progression de la maladie sur le territoire.







