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Lutte contre la pauvreté : Des organismes réclament un véritable plan de lutte contre la pauvreté au Québec

Lutte contre la pauvreté : Des organismes réclament un véritable plan de lutte contre la pauvreté au Québec
Lutte contre la pauvreté à Drummondville @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

Le Collectif pour un Québec sans pauvreté, accompagné du FRAPRU, du Regroupement des cuisines collectives du Québec et de l’Union des consommateurs, appelle les candidates et candidats aux élections provinciales à faire de la lutte contre la pauvreté une priorité nationale. 

Cet appel s’inscrit dans le cadre de sa tournée panquébécoise Le discours doit changer, parlons de pauvreté!, amorcée en septembre dernier et dont l’Agora pour un Québec sans pauvreté constitue l’aboutissement. Cette Agora a rassemblé des centaines de personnes de partout au Québec au cours des deux derniers jours.

La crise du logement, l’explosion des prix des loyers, la hausse du coût de la vie et les difficultés financières vécues par de nombreuses familles continuent de faire sentir leurs effets partout au Québec, y compris Drummondville. Hommes, femmes, familles, étudiants, travailleurs et personnes seules sont de plus en plus nombreux à peiner à trouver un logement abordable, à payer leur loyer ou encore à réussir à joindre les deux bouts dans un contexte économique de plus en plus difficile.

Dans ce contexte, plusieurs organisations québécoises réclament que la lutte contre la pauvreté devienne une priorité nationale à l’approche des prochaines élections provinciales. Le Collectif pour un Québec sans pauvreté, accompagné notamment du FRAPRU, du Regroupement des cuisines collectives du Québec et de l’Union des consommateurs, a lancé un appel en ce sens dans le cadre de sa tournée panquébécoise « Le discours doit changer, parlons de pauvreté! ».

Cette mobilisation survient alors que plusieurs réalités vécues dans les municipalités du Québec se font également sentir dans la région de Drummondville, où de nombreux citoyens doivent composer avec la rareté des logements, l’augmentation des loyers et la hausse constante des dépenses essentielles comme l’alimentation et les services de base.

À l’automne dernier, le Collectif a publié le Manifeste pour un Québec sans pauvreté, un document qui met de l’avant quatre grands principes : améliorer le revenu des personnes les plus pauvres avant celui des plus riches, renforcer l’accès universel aux services publics, placer les personnes en situation de pauvreté au cœur des décisions qui les concernent et lutter contre les préjugés. Le manifeste a reçu l’appui de près de 1 400 organisations communautaires, syndicales, étudiantes, féministes et issues du milieu de la santé et des services sociaux partout au Québec.

Les organismes rappellent que la pauvreté constitue une atteinte directe à la dignité humaine et qu’elle découle d’un modèle social jugé inégalitaire. Ils soutiennent également que le statu quo devient de plus en plus difficile à maintenir alors qu’un nombre grandissant de personnes peinent à se loger et à se nourrir convenablement.

Parmi les propositions mises de l’avant figurent notamment l’augmentation des protections publiques jusqu’aux seuils de la Mesure du panier de consommation, une hausse du salaire minimum, l’adoption d’une politique globale en habitation, une loi-cadre sur le droit à l’alimentation ainsi qu’un meilleur accès aux soins de santé et à la gratuité scolaire.

« On n’éliminera pas la pauvreté au Québec avec des demi-mesures. Plus de 626 000 personnes — soit 7 % de la population — n’ont même pas un revenu suffisant pour combler leurs besoins de base. Il faut garantir un revenu décent, un toit, une alimentation saine, des soins de santé et une éducation accessibles à toutes et tous. Ce sont les fondations d’une société juste, et c’est ce que nous demandons au prochain gouvernement de mettre en place sans attendre. », affirme Serge Petitclerc, du Collectif pour un Québec sans pauvreté.

Du côté du logement, le FRAPRU soutient que les investissements en habitation sociale demeurent essentiels afin de répondre aux besoins grandissants des locataires à faible revenu.

« Le logement social est une mesure structurante incontournable de lutte contre la pauvreté. Pour répondre véritablement aux besoins, il doit être subventionné adéquatement pour garantir des loyers financièrement accessibles. En plus d’assurer une sécurité résidentielle et de renforcer le pouvoir des locataires sur leurs conditions de vie, le logement social, lorsqu’il est présent en nombre suffisant, exerce un effet déflationniste sur les loyers. », souligne Véronique Laflamme, porte-parole du FRAPRU.

Les organisations présentes rappellent également que plusieurs de ces mesures pourraient être financées grâce à une réforme fiscale plus progressive.

« Rétablir l’équilibre budgétaire uniquement par des compressions n’est pas une fatalité. Des solutions fiscales concrètes existent pour financer notre filet social et lutter efficacement contre la pauvreté ; il ne manque que la volonté du gouvernement pour les mettre en œuvre. », ajoute Olivier Surprenant, de l’Union des consommateurs.

Éric Beaupré
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