DRUMMONDVILLE
Selon la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), le Canada perd des entreprises à un rythme préoccupant, une réalité qui touche également Drummondville et l’ensemble du Centre-du-Québec, où les enjeux de relève, de main-d’œuvre et de coûts d’exploitation fragilisent le tissu entrepreneurial local. Dans une information diffusée le 27 avril 2026, la FCEI prévient que le nombre de fermetures d’entreprises dépasse celui des ouvertures depuis maintenant six trimestres consécutifs au pays, une tendance lourde qui n’épargne pas les régions comme Drummondville et le Centre-du-Québec, déjà confrontées à une rareté d’entrepreneurs et à des défis économiques bien ancrés.
Comme l’indique le rapport La pénurie d’entrepreneurs au Canada – Partie 1 : Un écosystème d’affaires en perte de vitesse, le nombre de fermetures dépasse celui des ouvertures depuis le début de 2024, une situation qui s’aggrave. Au deuxième trimestre de 2025, les taux de sorties ont atteint 5,6 %, alors que les taux d’entrées ont reculé à 4,8 % au quatrième trimestre. Il s’agit de l’un des écarts les plus marqués observés en dehors de la période pandémique.
Dans ce contexte, la FCEI publie la deuxième partie de son analyse, La pénurie d’entrepreneurs au Canada – Partie 2 : Rétablir un écosystème d’affaires en perte de vitesse, qui propose une série de recommandations visant à relancer l’entrepreneuriat et à renforcer les petites et moyennes entreprises (PME).
« La Mise à jour économique de demain est une occasion pour le gouvernement fédéral de s’attaquer à la pénurie d’entrepreneurs au Canada et de rétablir la confiance des PME. Les gouvernements priorisent depuis des années les grandes entreprises au détriment des petites. Le Canada ne peut pas se permettre de continuer de perdre plus d’entreprises qu’il ne s’en crée. Il est temps que les gouvernements renforcent leur soutien aux PME et mettent fin à la pénurie d’entrepreneurs », déclare Vincent Pâquet, analyste principal des politiques à la FCEI.
Trois grands axes d’intervention sont identifiés : la réduction des coûts d’exploitation, l’allègement du fardeau réglementaire et l’adaptation au marché du travail.
Parmi les principales recommandations, l’organisation propose notamment de réduire le taux d’imposition fédéral des petites entreprises de 9 % à 6 %, d’abaisser à 0 % les taux provinciaux d’ici 2030, d’augmenter le seuil de déduction pour les PME à 700 000 $ et de faciliter l’accès au financement.
La FCEI insiste également sur la nécessité de réduire la paperasserie, notamment en appliquant une règle de « deux pour un » pour les règlements, et de simplifier le commerce intérieur, en élargissant la reconnaissance mutuelle entre les provinces.
Sur le plan de la main-d’œuvre et de la relève, l’organisme recommande de renforcer la formation, de maintenir le Programme des travailleurs étrangers temporaires et de favoriser le transfert d’entreprises, notamment en permettant le report d’impôt sur les gains en capital lors de transferts familiaux.
« La pénurie d’entrepreneurs ne se réglera pas d’elle-même. Il faut donner aux entrepreneurs des raisons concrètes de démarrer, de croître et d’investir. Mais en ce moment, les politiques gouvernementales ne donnent pas confiance. Si les gouvernements veulent stimuler l’économie et la productivité, ils doivent passer de la parole aux actes », conclut Michelle Auger, directrice, Échanges commerciaux et compétitivité des marchés, Affaires nationales à la FCEI.
Dans des régions comme Drummondville et le Centre-du-Québec, où le dynamisme économique repose en grande partie sur les PME, ces constats résonnent particulièrement. Le défi de la relève entrepreneuriale, combiné à la pression des coûts et à la rareté de la main-d’œuvre, alimente des inquiétudes quant à la capacité du milieu à maintenir et renouveler son tissu d’affaires à moyen terme.







