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Logement, épicerie, itinérance : la Coalition Main rouge réclame des actions face à la pauvreté grandissante

Logement, épicerie, itinérance : la Coalition Main rouge réclame des actions face à la pauvreté grandissante
La Coalition Main rouge réclame des actions face à la pauvreté grandissante @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

Dans un contexte marqué par une montée marquée de la pauvreté, une pression accrue sur les ménages et une détérioration des services publics, la Coalition Main rouge réclame un virage fiscal majeur afin de redonner de l’oxygène au filet social québécois.

Dans un document rendu public le 27 avril, l’organisation avance six mesures qu’elle juge « réalistes et concrètes » pour permettre à l’État de dégager plus de 20 milliards de dollars supplémentaires. Ces sommes pourraient être réinvesties dans les services publics, les programmes sociaux et l’action communautaire autonome, à un moment où les besoins explosent sur le terrain.

Parmi les pistes évoquées figurent une révision des paliers d’imposition, la création d’un impôt sur le patrimoine du 1 % le plus riche et l’abolition de l’inclusion partielle du gain en capital.

« On peut tout à fait se donner les moyens de répondre aux besoins de l’ensemble de la population. C’est une question de choix politiques », affirme Véronique Laflamme, porte-parole de la Coalition Main rouge, qui appelle le futur gouvernement à rompre avec les politiques économiques des dernières décennies.

Au-delà des chiffres, la réalité décrite par l’organisme trouve un écho grandissant dans plusieurs régions, dont Drummondville et le Centre-du-Québec, où la pression du coût de la vie se fait de plus en plus sentir.

020L’explosion du prix des loyers, la hausse continue de la facture d’épicerie et la précarisation de l’emploi plongent un nombre croissant de ménages dans des situations difficiles, même parmi ceux occupant deux, voire trois emplois.

Sur le terrain, les organismes communautaires rapportent une fréquentation en forte hausse. Dans certains cas, des familles n’arrivent plus à subvenir à leurs besoins de base. Des intervenants observent également une recrudescence de vols à l’étalage dans des commerces alimentaires, un phénomène qui dépasse le simple larcin et qui témoigne d’une détresse plus profonde. Des parents, des travailleurs et des personnes vulnérables tentent parfois de quitter avec des paniers d’épicerie remplis, incapables de payer leur facture.

La situation des aînés est tout aussi préoccupante. Selon les constats relayés par plusieurs acteurs du milieu, une proportion importante de personnes âgées peine à se nourrir adéquatement, certaines étant contraintes de choisir entre l’achat de médicaments, le paiement du loyer ou l’épicerie.

« Le statu quo n’est tout simplement pas une option », soutient pour sa part Olivier Surprenant, également porte-parole de la Coalition. « À un moment où le coût de la vie fait peser des risques importants sur le bien-être actuel et futur d’une grande partie de la population, il est primordial que l’État québécois se donne des moyens d’agir. »

La Coalition Main rouge insiste sur l’urgence d’intervenir pour freiner l’élargissement des inégalités sociales, alors qu’une fracture se dessine entre les ménages capables d’absorber les hausses de coûts et ceux qui, de plus en plus nombreux, n’y arrivent plus.

« On ne peut pas laisser une poignée de personnes accumuler toujours plus de richesse, alors que des milliers de personnes n’arrivent plus à se loger, à se nourrir adéquatement et à joindre les deux bouts », conclut Véronique Laflamme.

Dans un contexte où les banques alimentaires, les organismes d’aide et les services publics sont déjà sous pression, la question du financement de l’État et des choix fiscaux à venir s’impose plus que jamais comme un enjeu central du débat public.

Éric Beaupré
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