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Sylvain Daneault : délinquant sexuel à haut risque arrêté à Havre-Saint-Pierre, une victime réclame des mesures pour protéger les enfants

Sylvain Daneault : délinquant sexuel à haut risque arrêté à Havre-Saint-Pierre, une victime réclame des mesures pour protéger les enfants
Sylvain Daneault, délinquant sexuel drummondvillois, arrêté à Havre-Saint-Pierre @ Crédit photo archives Éric Beaupré / Vingt55. Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

Sylvain Daneault, arrêté près d’un centre aquatique fréquenté par de nombreuses familles et enfants à Havre-Saint-Pierre, le délinquant sexuel, originaire de Saint-Cyrille-de-Wendover, fait de nouveau face à la justice pour bris de conditions. Pour Pierre-Guy Lavoie, l’une des premières victimes à avoir dénoncé l’agresseur, cette arrestation ne surprend malheureusement pas : « Je l’avais mentionné dès sa libération. C’était écrit dans le ciel. »

Sylvain Daneault, délinquant sexuel drummondvillois, arrêté à Havre-Saint-Pierre @ Crédit photo archives Éric Beaupré / Vingt55. Tous droits réservés.

Âgé de 59 ans, Sylvain Daneault a été intercepté par la Sûreté du Québec après avoir été aperçu à proximité du centre aquatique de Havre-Saint-Pierre, un endroit où sa présence était pourtant interdite en raison de ses conditions judiciaires. Déjà inquiet lors de sa remise en liberté en 2022, Pierre-Guy Lavoie dénonce aujourd’hui en entrevue au Vingt55 ce qu’il considère comme un échec du système de justice, incapable selon lui d’assurer une véritable surveillance des délinquants sexuels à haut risque

Le délinquant sexuel de 59 ans, Sylvain Daneault originaire de St-Cyrille dans la MRC de Drummond, a été arrêté par la Sûreté du Québec pour bris de conditions après avoir été aperçu à proximité du centre aquatique de Havre-Saint-Pierre, un lieu fréquenté par de nombreuses familles et des enfants.

L’intervention policière a été déclenchée à la suite d’un appel du public signalant sa présence dans le secteur. Les policiers basés en Minganie l’ont intercepté vers 10 h, a indiqué Lorie Avoine, porte-parole de la Sûreté du Québec, en entrevue au Vingt55. « Les policiers ont procédé à son arrestation pour non-respect de ses conditions. Il a été conduit au poste de la Sûreté du Québec avant de comparaître au palais de justice de Sept-Îles pour répondre à des accusations de bris de conditions », a-t-elle précisé.

Selon les informations obtenues et confirmées au Vingt55, la Couronne s’est opposée à la remise en liberté de et il demeure détenu jusqu’à sa prochaine comparution, prévue le jeudi 7 mai.

Pierre-Guy Lavoie, en entrevue au Vingt55, dénonce aujourd’hui un échec prévisible du système et demande au gouvernement du Québec des mesures concrètes pour protéger les familles et les enfants @ Vingt55 Tous droits réservés.

Récidive et bris de conditions  « Je l’avais mentionné dès sa libération », dénonce aujourd’hui en entrevue au Vingt55 Pierre-Guy Lavoie, l’une des premières victimes de Daneault

Cette nouvelle arrestation est particulièrement dénoncée par Pierre-Guy Lavoie, l’une des premières victimes à avoir brisé le silence contre Sylvain Daneault. Déjà en 2022, lors de sa remise en liberté après avoir purgé une partie de sa peine de sept ans de prison, il avait publiquement exprimé ses inquiétudes en entrevue au Vingt55. Aujourd’hui, il affirme malheureusement ne pas être surpris par ce nouveau bris de conditions.

Inscrit au registre des délinquants sexuels, Sylvain Daneault avait été condamné en mars 2017 à une peine de sept ans de prison après avoir plaidé coupable à de nombreuses accusations à caractère sexuel impliquant plusieurs victimes mineures. Les gestes reprochés s’étaient étendus sur près de 30 ans, soit de 1984 à 2013. Les victimes faisaient partie de son entourage familial ou étaient les enfants d’amis proches.

À Drummondville, sa remise en liberté en 2022 avait déjà provoqué une vive inquiétude. Parmi ceux qui avaient alors publiquement dénoncé la situation au Vingt55 figurait Pierre-Guy Lavoie, première victime à avoir brisé le silence.

Aujourd’hui encore, en entrevue, il affirme malheureusement ne pas être surpris par cette nouvelle arrestation.

« Je m’y attendais. C’était écrit dans le ciel et j’en avais fait part dès sa libération. La question n’était pas de savoir si ça arriverait, mais quand ça arriverait. C’est triste, mais oui », confie-t-il au Vingt55.

Pour lui, les signes avant-coureurs étaient présents depuis longtemps. « Je regardais les rapports de son évaluation de remise en liberté. Daneault n’était pas très coopératif. Il y avait même un taux de risque de récidive élevé, selon les évaluations faites durant sa détention, comme le rapportaient d’ailleurs les décisions de libération, mais ils l’ont libéré quand même. C’est ça qui m’avait jeté à terre et aujourd’hui, le temps m’a malheureusement donné raison », ajoute Pierre-Guy Lavoie en entrevue.

Selon une décision de la Commission des libérations conditionnelles rendue en novembre 2020, le risque de récidive de Daneault était effectivement considéré comme élevé.

Malgré cela, Pierre-Guy Lavoie soutient que les mécanismes de libération ne sont clairement pas à la hauteur de la gravité du dossier. En entrevue au Vingt55, Pierre-Guy Lavoie affirme ne pas s’exprimer par haine ni par vengeance, mais par lassitude face à ce qu’il qualifie de « non-sens » dans la gestion des délinquants sexuels à haut risque de récidive. Se disant aujourd’hui plus fort malgré les blessures laissées par le passé, il souhaite utiliser sa voix pour représenter les survivants qui n’ont pas encore la force de parler.

Il rappelle qu’avant même sa libération complète, Daneault contrevenait déjà à certaines obligations alors qu’il se trouvait en maison de transition.

« Pendant qu’il était sous la surveillance du service de libération conditionnelle, il contrevenait à ses conditions. Il ne voulait pas se soumettre aux recommandations ni aux obligations de l’agence. C’est pour ça qu’il est retourné en prison », souligne-t-il.

Pour lui, cela rend difficilement compréhensible le fait qu’il ait ensuite pu retrouver sa liberté sans encadrement renforcé. Il insiste particulièrement sur ce qu’il considère comme l’une des principales failles ou échec du système de justice, l’absence de surveillance réelle sur le terrain.

« Il n’était pas enregistré comme délinquant à surveiller. Il y avait des conditions, oui, mais personne pour s’assurer qu’elles soient respectées, sauf lui et une personne proche de lui », déplore-t-il. « Il pourrait déménager à côté d’un parc, d’une garderie, puis zéro stress dans la vie. »

Selon les vérifications effectuées par le Vingt55 et plusieurs témoignages de citoyens, Daneault demeurerait dans un secteur de maisons mobiles situé près du parc des Générations, un lieu fréquenté par de nombreux enfants. Plusieurs citoyens affirment qu’ils ignoraient qu’il pouvait se trouver aussi près de cet endroit.

Depuis plusieurs années, dit-il, plusieurs citoyens du secteur lui écrivent pour exprimer leur malaise et leur inquiétude face à la présence de l’agresseur dans le quartier, alors qu’il ne semble soumis à aucune véritable vérification ni à aucun suivi.

« Une maman m’a écrit parce qu’elle a reconnu Sylvain Daneault dans une publication du Journal de Montréal effectuée lors de sa condamnation. Cette mère de famille voulait demander l’installation de caméras dans les lieux publics, dont les parcs », raconte-t-il. En 2023 déjà, certains voisins lui avaient signalé des comportements qu’ils jugeaient troublants.

Il parlait à un petit gars du secteur, m’ont témoigné des résidents du quartier où il a élu domicile depuis sa libération. Oui, techniquement, il avait le droit, mais pourquoi parle-t-il à un petit gars? Qu’est-ce qu’il fait autour d’une piscine? Ça ne fait pas de sens », affirme aujourd’hui Pierre-Guy Lavoie, qui soutient que le gouvernement du Québec et le système de justice doivent imposer des moyens plus efficaces pour protéger les enfants et les familles contre ce type d’agresseur sexuel à haut risque de récidive.

« Quand on apprend qu’il se retrouve encore à proximité d’une piscine publique, là où des enfants circulent, on se pose de sérieuses questions. Il n’a assurément pas le profil d’un nageur olympique qui s’y rend avec un sac de sport, une serviette et un programme d’entraînement », lance-t-il.

Il rappelle également que son arrestation n’est survenue qu’à la suite des dénonciations de citoyens inquiets de sa présence près de cet endroit fréquenté par des enfants.

Dans la communauté de Havre-Saint-Pierre, la présence du délinquant sexuel avait également suscité de nombreuses réactions et inquiétude. Une pétition circulait sur Change.org afin de réclamer son expulsion du secteur. Le chef des Innus d’Ekuanitshit, Jean-Charles Piétacho, avait lui aussi publiquement exprimé son inquiétude sur Facebook avant l’arrestation.

Pour Pierre-Guy Lavoie, la question dépasse largement le simple cas individuel de Sylvain Daneault. Elle touche directement la capacité du système judiciaire à prévenir plutôt qu’à simplement réagir après coup.

Pierre-Guy Lavoie dénonce un système qu’il juge insuffisant en matière de prévention et de surveillance, particulièrement lorsque des individus sont déjà reconnus à haut risque par les tribunaux et les experts. Selon lui, trop de responsabilités reposent encore sur la « bonne volonté » du délinquant, alors que les mécanismes de contrôle demeurent limités. Il évoque notamment l’absence de réelle surveillance continue, le manque d’outils pour les policiers ainsi que l’inquiétude constante des parents et des citoyens.

Lorsqu’on lui demande si les policiers disposent réellement des outils nécessaires pour intervenir, sa réponse est claire. « Les policiers eux-mêmes me l’ont dit, ils n’ont pas de pouvoir. Ça leur prend un motif. Ils peuvent voir un homme dans un parc, mais sans motif précis, ils ne peuvent pas l’interpeller ni demander son identité. »

Il dénonce ce qu’il considère comme une incohérence judiciaire majeure. « On le reconnaît comme un délinquant à haut risque de récidive. Il n’a aucune empathie, aucun remords, aucun cheminement. Il brise ses conditions sous supervision, puis on le libère avec des conditions que personne ne surveille. On attend quoi? Qu’il fasse une nouvelle victime? »

Selon lui, le système devrait automatiquement imposer une surveillance renforcée dans ce type de dossier.

« Quand le système est conscient qu’il y a un risque élevé de récidive et aucune prise de conscience, il devrait y avoir une demande pour qu’il devienne un délinquant surveillé », affirme Pierre-Guy Lavoie,

Il soutient qu’un tel statut permettrait de donner davantage de pouvoirs aux policiers et aux agents de probation, réduisant ainsi les angles morts qui inquiètent actuellement les citoyens. Mais au-delà des enjeux judiciaires, Pierre-Guy Lavoie ramène aussi le débat à la réalité humaine des victimes.

Il avait neuf ans lorsqu’il a subi les premières agressions de Sylvain Daneault. Aujourd’hui encore, il estime que les séquelles ne disparaissent jamais complètement.

Les victimes vivent souvent une double peine, celle du crime lui-même, puis celle d’un système judiciaire long, complexe et parfois incapable de rassurer les victimes ou de bien protéger les enfants

Il estime que le Québec continue trop souvent de fonctionner en mode réaction plutôt qu’en véritable prévention.

« Dans le cas de Sylvain, c’était prévisible et le temps m’a malheureusement donné raison. Allons-nous apprendre qu’entre-temps il a fait d’autres victimes? Encore une fois, seul le temps nous le dira.

C’est sans détour qu’il rappelle que les survivants, eux, portent souvent les conséquences toute leur vie : anxiété, traumatismes, peur, impacts sur la santé mentale, difficultés relationnelles et méfiance persistante. « Ce ne sont là que quelques-unes des conséquences. Viennent ensuite celles qui atteignent directement et indirectement nos proches et nos familles », précise-t-il. Il estime qu’un meilleur équilibre doit être trouvé entre les droits des délinquants et la protection des enfants, des familles et de la population.

Le système savait. Il savait qu’il y avait un haut risque de récidive, qu’il n’y avait pas de remords, qu’il y avait déjà des bris de conditions. Malgré ça, on l’a libéré », insiste-t-il.

« Le système doit protéger la population, surtout les enfants. On doit croire les victimes, protéger les victimes potentielles et arrêter d’attendre qu’il y ait de nouvelles victimes avant d’agir », ajoute-t-il.

Pour lui, la véritable question demeure entière, qui protège réellement les enfants face à des individus présentant un aussi haut risque dans la société?

En conclusion d’entrevue au Vingt55, Pierre-Guy Lavoie affirme que cette nouvelle arrestation doit servir de message clair au ministre de la Justice ainsi qu’aux élus municipaux, provinciaux et fédéraux.

Selon lui, il est temps d’envoyer un signal fort et de mettre en place des mesures qui protègent non pas les agresseurs, mais bien les enfants.

Pierre-Guy Lavoie affirme maintenant attendre des prises de position claires de la part du gouvernement du Québec et des élus.

Il réclame ainsi des mesures plus strictes pour les cas jugés à haut risque, comme le bracelet électronique, une surveillance accrue, des restrictions plus sévères près des écoles et des lieux fréquentés par des enfants, ainsi que davantage de transparence et de moyens pour les forces policières. Selon lui, il faut cesser d’attendre qu’une nouvelle victime apparaisse avant d’agir et privilégier la prévention plutôt que la réaction.

« On ne peut pas continuer d’attendre qu’une autre agression sexuel ne survienne avant de prendre les moyens nécessaires », conclut-il.

Sylvain Daneault, arrêté près d’un centre aquatique fréquenté par de nombreuses familles et enfants @ Tous droits réservés.

Éric Beaupré
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