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Chantier de la rue Saint-Jean : des commerçants craignent pour la survie de leur entreprise et réclament des mesures immédiates de la Ville

Chantier de la rue Saint-Jean : des commerçants craignent pour la survie de leur entreprise et réclament des mesures immédiates de la Ville
Plusieurs commerçants affirment être préoccupés pour la sécurité des citoyens qui tentent d'accéder aux commerces @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

Les travaux majeurs de réaménagement de la rue Saint-Jean, dans le secteur Saint-Joseph, soulèvent une inquiétude grandissante chez plusieurs commerçants qui affirment subir déjà d’importantes conséquences financières quelques semaines seulement après le début du chantier. Réduction de l’achalandage, difficultés d’accès, manque de stationnement, enjeux de sécurité et pertes de revenus figurent parmi les principaux problèmes dénoncés par les entrepreneurs du secteur.

Christine Bibeau, Germain Coffi, Guylaine Donnet et Simon Bonin figurent parmi les commerçants du quartier Saint-Joseph qui craignent pour l’avenir et la survie de leur entreprise en raison des travaux en cours dans le secteur @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Après plusieurs visites sur le terrain au cours des derniers jours, le Vingt55 a rencontré des commerçants, observé les conditions de circulation et recueilli de nombreux témoignages faisant état d’une situation préoccupante tant pour les entrepreneurs que pour les piétons et les clients.

Trous à ciel ouvert, câbles traversant les entrées de commerces, zones piétonnières réduites, manque d’espaces sécurisés et tuyaux que les citoyens doivent enjamber pour accéder aux commerces composent un véritable parcours à obstacles. Une situation qui comporte, selon plusieurs commerçants rencontrés, des risques réels de chute et de blessure, en plus de décourager une partie de la clientèle de fréquenter le secteur pendant la durée des travaux.

Ces préoccupations ont été portées directement devant le conseil municipal lundi soir, alors qu’une délégation de commerçants est venue interpeller le maire Jean-François Houle et les élus municipaux. Selon les commerçants rencontrés par le Vingt55, les impacts du chantier sont déjà bien réels et certains craignent maintenant pour la survie même de leur entreprise.

C’est Christine Bibeau, propriétaire de l’entreprise Bicycle Électrique Drummond, qui a pris la parole au nom des commerçants lors de la séance du conseil municipal.

Elle était accompagnée de plusieurs entrepreneurs du secteur touché par les travaux, dont Mme Germaine Coffi, propriétaire de l’épicerie exotique Kanny, Mme Guylaine Donnet, propriétaire de la friperie Chez Guylaine, ainsi que M. Simon Bonin, du Café Massage Bouddha Vert. Au total, plus d’une dizaine de commerçants et de représentants d’entreprises du secteur des travaux souhaitaient faire entendre leurs préoccupations concernant les répercussions des travaux sur leurs activités commerciales.

Devant les élus, elle a dressé un portrait préoccupant de la situation vécue quotidiennement par les entreprises du secteur. « Depuis le début du chantier, nos entreprises font face à des difficultés importantes. Plusieurs clients ont de la difficulté à s’orienter dans le secteur. Ils ne savent plus comment accéder à nos commerces et certains croient même que les établissements sont fermés », a-t-elle expliqué.

Selon les commerçants, les détours, les clôtures, la signalisation jugée insuffisante à certains endroits ainsi que les obstacles liés au chantier découragent plusieurs visiteurs avant même qu’ils n’atteignent leur destination.

Cette situation se traduirait directement par une baisse importante de l’achalandage. « Cela entraîne une diminution importante des ventes, une baisse du nombre de rendez-vous et, par conséquent, une perte de revenus pour plusieurs entreprises », a indiqué Mme Bibeau.

Plusieurs commerçants affirment devoir répondre quotidiennement à des appels de clients qui cherchent comment accéder aux commerces ou qui décident finalement d’annuler leur visite.

Une saison cruciale menacée, parmi les entreprises les plus touchées figurent plusieurs commerces saisonniers qui réalisent une grande partie de leur chiffre d’affaires entre mai et septembre.

C’est notamment le cas de Bicycle Électrique Drummond, dont l’activité est directement liée à la belle saison. « Jusqu’à 80 % de mes revenus annuels sont réalisés au cours de cette période et du début de l’été », a fait valoir Mme Bibeau en entrevue au Vingt55 après avoir transmis les mêmes données au maire de Drummondville.

Des travaux doivent se poursuivre jusqu’en octobre, pour plusieurs, l’équation est simple, si la clientèle ne revient pas rapidement, les conséquences pourraient être lourdes.

Certains commerçants pourraient être forcés de fermer, dans un secteur déjà durement touché « Ce chantier pourrait me faire perdre mon commerce », a confié l’une des commerçantes rencontrées par le Vingt55.

D’autres parlent d’une situation qui devient de plus en plus difficile à absorber financièrement alors que les dépenses fixes continuent de s’accumuler. « Les loyers ne diminuent pas. Les taxes ne diminuent pas. Les factures continuent d’arriver. Pendant ce temps-là, nos revenus baissent », expliquent Germain Coffi, Guylaine Donnet et Simon Bonin en entrevue au Vingt55.

Plusieurs commerçants rencontrés par le Vingt55 affirment être préoccupés pour la sécurité des citoyens qui tentent d’accéder aux commerces @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Au-delà des impacts économiques, plusieurs commerçants affirment être préoccupés pour la sécurité des citoyens qui tentent d’accéder aux commerces.

Lors de son intervention, Christine Bibeau a notamment évoqué les difficultés rencontrées par les personnes âgées, les personnes à mobilité réduite, les familles avec de jeunes enfants ainsi que certains organismes qui desservent la clientèle du quartier. « Nous constatons des enjeux réels de sécurité et d’accessibilité pour les citoyens », a-t-elle indiqué.

Au cours de ses visites sur le terrain, le Vingt55 a également observé plusieurs secteurs où les déplacements piétonniers demeurent complexes en raison des détours, des excavations et des zones de travaux.

Certains commerçants estiment que les conditions actuelles peuvent décourager de nombreux visiteurs plus vulnérables de se déplacer dans le secteur.

Des clients repartent avec des contraventions, la question du stationnement est également revenue à plusieurs reprises lors des discussions.

En entrevue au Vingt55, Simon Bonin, du Café Massage Bouddha Vert, affirme, copie de constats à l’appui, qu’une dizaine de ses clients ont reçu des constats d’infraction au cours des dernières semaines alors qu’ils visitaient le secteur.

« J’ai au moins dix clients qui ont reçu une contravention de 46 dollars. Plusieurs venaient faire leurs achats ici avant d’aller au marché public. Après avoir reçu une amende, ils ne reviennent plus », affirme-t-il. « Nous avons moins de stationnement disponible et les gens ont peur de recevoir une contravention. Certains choisissent simplement d’aller ailleurs », expliquent pour leur part Germain Coffi et Guylaine Donnet.

Une rencontre réclamée avec la Ville, face à cette situation, les commerçants demandent principalement à être entendus. Au nom du groupe, Christine Bibeau a demandé à la Ville si elle était disposée à rencontrer rapidement les entreprises touchées afin d’évaluer les impacts du chantier et d’identifier des solutions concrètes.

Le maire Jean-François Houle a répondu à cette demande et reconnaît que les travaux entraînent actuellement des inconvénients importants.

« Nous allons vérifier avec le cabinet du maire, avec Mathieu Audet et probablement avec Drummond économique afin de voir exactement quels sont les enjeux. Oui, nous allons organiser une rencontre », a-t-il affirmé.

« Il est fort probable que cela cause des ennuis. Mais nous croyons que le résultat final sera quelque chose de vraiment excellent pour le quartier », a-t-il déclaré.

Selon lui, le projet devrait contribuer à améliorer la qualité de vie du secteur et participer à sa relance à long terme.

L’une des questions les plus attendues concernait toutefois la possibilité d’un soutien financier pour les commerçants touchés. ‘’ Pas d’aide financière prévue pour le moment’’

Mme Bibeau a demandé directement à la Ville si une forme de compensation économique ou d’aide financière était envisagée pour les entreprises qui subissent actuellement des pertes importantes.

La réponse du maire a été claire « À ce jour, je n’ai connaissance d’aucun programme de cette nature », a-t-il répondu.

Le directeur général de la Ville, Francis Adams, a rappelé qu’une situation similaire s’était produite lors des travaux de la rue Lindsay. « Nous avions reçu des demandes semblables à l’époque. Les analyses qui avaient été réalisées ne nous avaient pas permis de mettre en place un programme de compensation pour les pertes commerciales », a-t-il expliqué.

Cette réponse a suscité une certaine déception chez plusieurs commerçants présents à la séance.

Plusieurs intervenants ont d’ailleurs rappelé les impacts qu’avaient eus les travaux de la rue Lindsay sur certaines entreprises du centre-ville.

Des commerçants ont évoqué le départ ou la fermeture de commerces qui n’avaient jamais réussi à retrouver leur niveau d’activité après la fin des travaux.

Pour plusieurs, l’expérience passée devrait servir de leçon. Ils estiment que la Ville doit tout mettre en œuvre pour éviter que l’histoire ne se répète dans le secteur Saint-Joseph.

Des mois décisifs à venir, malgré les assurances de la Ville quant aux bénéfices futurs du projet, l’inquiétude demeure bien présente chez les commerçants.

Tous reconnaissent la nécessité de moderniser les infrastructures et d’améliorer le quartier. Toutefois, plusieurs soutiennent que la priorité immédiate consiste à assurer la survie des entreprises pendant les mois que dureront les travaux.

Alors que les excavatrices, les marteaux-piqueurs et les camions poursuivent leur travail sur la rue Saint-Jean, plusieurs entrepreneurs regardent l’avenir avec appréhension et craignent de voir des commerçants devoir à leur tour fermer leurs portes.

Pour eux, le succès du projet ne se mesurera pas uniquement à la qualité du résultat final, mais aussi à la capacité du quartier de conserver son tissu commercial pendant la période de transition.

Car derrière chaque commerce se trouvent des emplois, des investissements, des familles et parfois toute une vie consacrée à bâtir une entreprise locale, ont-ils rappelé d’une même voix au nom des 15 commerçants et des quelques centaines de clients touchés et affectés par la situation.

Les signataires du sondage et de la pétition demandent notamment à la Ville d’évaluer rapidement des mesures de mitigation, une meilleure signalisation, une amélioration des accès ainsi que différentes formes de soutien pouvant limiter les impacts économiques des travaux.

Interrogé par le Vingt55 lors de séance du conseil municipal, le maire Jean-François Houle a indiqué qu’il s’agissait de la première fois qu’il prenait connaissance formellement des préoccupations exprimées par ce groupe de commerçants.

« Manifestement, il faut rencontrer ces gens-là pour voir ce qu’on peut faire. Il y aura des dérangements, c’est certain, mais nous allons les rencontrer et entendre leurs préoccupations », a affirmé le maire.

Le maire Jean-François Houle a toutefois rappelé que la Ville demeure limitée dans les mesures qu’elle peut offrir et qu’il ne souhaite pas créer de faux espoirs. Il a néanmoins confirmé que des discussions auront lieu avec les commerçants afin d’examiner les solutions qui pourraient être mises en place au cours des prochains mois.

Pour les entreprises du secteur, l’urgence est bien réelle. Alors que les travaux doivent se poursuivre jusqu’en octobre, plusieurs affirment que leur principal défi n’est pas le résultat final du projet, mais leur capacité à demeurer en activité jusque-là.

Et pour plusieurs commerçants du secteur Saint-Joseph, les décisions qui seront prises au cours des prochaines semaines pourraient faire toute la différence entre traverser la tempête ou devoir fermer définitivement leurs portes, a confirmé Mme Bibeau en fin d’entrevue au Vingt55. Celle-ci espère que le maire pourra offrir des solutions efficaces pour eux et l’ensemble des commerçants du quartier.

Plusieurs commerçants rencontrés par le Vingt55 affirment être préoccupés pour la sécurité des citoyens qui tentent d’accéder aux commerces @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Éric Beaupré
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