DRUMMONDVILLE
Une dizaine de personnes en situation d’itinérance voient leur campement emporté par la rivière @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
Comme a pu le constater le Vingt55 sur place, le campement situé derrière le centre Georges-Frederic-Heriot est aujourd’hui presque entièrement inondé. Près de 90 % du site se retrouve sous l’eau. Seule une petite portion du terrain, représentant environ 10 % de la superficie du campement, demeure accessible. Cette zone sert actuellement à regrouper les biens qui ont pu être récupérés ainsi qu’à entreposer temporairement vêtements, nourriture et effets personnels sauvés des eaux. Les occupants tentent tant bien que mal d’y mettre à l’abri ce qu’il leur reste après la montée soudaine du niveau de la rivière.
C’est ce qu’a constaté le Vingt55 en rencontrant Rick, l’un des rares occupants à avoir réussi à trouver un secteur plus élevé pour se réfugier.
« C’est arrivé d’un coup. De ce qu’on en sait, Hydro-Québec a ouvert le barrage sans penser aux conséquences en amont. Notre campement est installé sur le bord de la rivière et près d’une dizaine de tentes et d’abris ont été inondés », affirme-t-il.
Au moment du passage du Vingt55, quatre tentes se trouvaient toujours dans l’eau. Après avoir fait le tour des secteurs inondés afin de s’assurer qu’aucune personne ne se trouvait dans les abris submergés, le Vingt55 n’a pu que constater l’ampleur des dégâts.
« Ici, c’est un risque que nous savions présent, mais personne ne semble vraiment s’en préoccuper. Si quelqu’un avait été en état de consommation ou endormi dans une des tentes au moment où l’eau est montée, les conséquences auraient pu être beaucoup plus graves », souligne Rick, visiblement ébranlé par la situation.
Le seul résident rencontré sur place au moment de la visite admet ne plus savoir quoi faire devant l’ampleur des pertes et l’absence apparente de soutien immédiat.
La situation met également en lumière les risques importants auxquels sont exposées les personnes qui résident temporairement dans ce campement situé en bordure de la rivière. La montée rapide des eaux a transformé en quelques heures un lieu déjà précaire en un environnement potentiellement dangereux pour ses occupants.
Questionné à savoir si des intervenants sociaux, la Sécurité civile ou des représentants municipaux s’étaient présentés sur les lieux, Rick affirme n’avoir vu personne.
« Pas à ma connaissance. La Ville nous autorise à être ici. Vous êtes le premier visage que je vois aujourd’hui depuis la montée des eaux. Je ne sais pas quoi vous dire ni vous confirmer. Peut-être que des gens sont passés, mais pour le moment, je n’en ai aucune idée. Ce que je sais, c’est que personne ne semble voir ce qui vient de se passer ici. Notre campement a été complètement inondé et personne ne semble s’en soucier, autant pour notre lieu de vie que pour notre sécurité », déplore-t-il, visiblement inquiet et exaspéré.
Selon Rick, la situation aurait pu avoir des conséquences beaucoup plus graves.« L’un de nous aurait pu y rester s’il avait été intoxiqué ou profondément endormi dans sa tente au moment où l’eau est montée. J’ai eu peur d’aller vérifier », raconte-t-il.Selon lui, très peu de mesures de sécurité sont en place pour protéger les occupants du campement. « Imaginez si c’était arrivé en pleine nuit, alors que certains prennent des substances ou des médicaments pour dormir. Les conséquences auraient pu être dramatiques », soutient Rick en entrevue au Vingt55.
Selon lui, plusieurs occupants ont tout perdu.
« On va faire comme d’habitude, ramasser ce qu’on peut et faire de notre mieux avec rien. Pour plusieurs, les vêtements sont finis. Les quelques biens qu’ils possédaient sont détrempés. Moi, c’est toute ma nourriture qui est partie à la flotte, comme pour la majorité des gens touchés », raconte-t-il.
Alors qu’il regagne la partie supérieure du campement, un secteur légèrement plus sec, Jack s’inquiète pour les autres occupants qui n’ont pas encore constaté l’étendue des dégâts.
« Certains vont arriver tantôt et avoir tout un choc. Le campement est fini, il est détruit. C’est un risque grave auquel nous sommes exposés et on ne sait pas ce qu’on va faire. Nos organismes sont déjà à court de ressources et de moyens », ajoute-t-il.
Au moment d’écrire ces lignes, la Sûreté du Québec a indiqué au Vingt55 ne pas avoir été informée de la situation. Les autorités locales contactées par le Vingt55 n’avaient également reçu aucun signalement concernant l’inondation du campement.
Selon les informations obtenues par le Vingt55, l’Ensoleilvent avait déjà accueilli une ou deux personnes qui s’étaient rendues à l’organisme au moment de notre passage. Parallèlement, des policiers de la Sûreté du Québec étaient en route afin de venir constater la situation à la suite de notre appel. Un représentant de la Ville de Drummondville a également été informé de la situation par l’entremise du Vingt55 et a pris connaissance des événements.
Lors du passage du Vingt55, plusieurs secteurs du campement demeuraient toujours sous l’eau et les dommages étaient visibles sur l’ensemble du site. La petite zone encore au sec servait de refuge temporaire aux occupants qui tentaient de récupérer ce qui pouvait l’être parmi les débris, les vêtements détrempés et les réserves de nourriture endommagées par l’inondation.

Une dizaine de personnes en situation d’itinérance voient leur campement emporté par la rivière @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.






