DRUMMONDVILLE
Le Syndicat des travailleuses et travailleurs des Épiciers unis Metro-Richelieu-CSN affirme que la contre-proposition présentée jeudi visait précisément à rapprocher les positions des deux parties, après le rejet à 95 % de l’offre patronale par les membres la semaine dernière.
Selon le président du syndicat, Matthieu Lafontaine, l’employeur refuse toujours de reconnaître la valeur du travail accompli par ses employés.
« Notre contre-offre d’aujourd’hui visait justement à rapprocher les parties. En la refusant aussi cavalièrement, Metro refuse une fois de plus de reconnaître la valeur de ses travailleuses et de ses travailleurs », soutient-il.
Le syndicat estime que METRO possède les moyens financiers nécessaires pour répondre à ses demandes. Il souligne qu’entre 2019 et aujourd’hui, les salaires auraient progressé de 11 %, alors que le chiffre d’affaires de l’entreprise aurait augmenté de 28 %, ses profits de 39 % et les dividendes versés aux actionnaires de plus de 56 %.
La CSN considère que l’employeur est désormais le principal responsable de l’impasse dans les négociations et rappelle que les salariés sont en grève depuis plus de trois mois afin d’obtenir une convention collective protégeant leur pouvoir d’achat.
Le syndicat rappelle également qu’une plainte a été déposée en mai devant le Tribunal administratif du travail. La CSN reproche notamment à METRO d’avoir eu recours à des briseurs de grève, à des agences de placement et à des sous-traitants pour accomplir le travail normalement effectué par les employés en grève. Ces allégations sont contestées par l’entreprise.
METRO juge la contre-offre insuffisante
De son côté, METRO affirme vouloir conclure une nouvelle convention collective qui reconnaît la contribution de ses employés tout en préservant la compétitivité de ses opérations à long terme.
L’entreprise rappelle avoir présenté, le 11 juin dernier, une offre globale de règlement avec l’aide d’un conciliateur nommé par le ministre du Travail. Cette proposition comprenait notamment des augmentations salariales importantes, particulièrement au cours de la première année de la convention collective.
Cette offre a toutefois été rejetée le 18 juin par les employés syndiqués, à la suite de la recommandation de leur syndicat, qui s’était engagé à déposer une contre-proposition.
Après avoir analysé cette contre-offre, transmise jeudi, METRO estime qu’elle ne constitue pas une base viable pour parvenir à une entente à long terme. L’entreprise invoque un écart toujours important entre les positions des deux parties, particulièrement sur les questions financières.
« Nous sommes très déçus que le syndicat soit revenu avec une offre qui ne reflète aucunement le marché du travail en général et la réalité concurrentielle de notre industrie, surtout après une grève de 13 semaines. Nos priorités sont claires : servir notre clientèle, soutenir nos opérations et conclure une entente négociée qui soit raisonnable et viable à long terme », a déclaré le chef de l’exploitation de METRO, Marc Giroux.
L’entreprise invite le syndicat à reprendre les discussions afin de parvenir à une entente négociée permettant de mettre fin au conflit de travail et de reprendre les activités dans un environnement qu’elle qualifie de stable et prévisible.







