DRUMMONDVILLE
Agression sexuelle, Eddy Desrochers-Lacroix, 22 ans, a pris le chemin du pénitencier @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
Devant les deux jeunes victimes présentes dans la salle d’audience, le juge Gilles Lafrenière a rendu une sentence marquée par des paroles particulièrement sévères à l’endroit de l’accusé. Le magistrat est notamment revenu sur la gravité des gestes, leurs conséquences pour les victimes et les éléments préoccupants soulevés dans l’évaluation déposée au tribunal.
Le Drummondvillois Eddy Desrochers-Lacroix, âgé de 22 ans, faisait initialement face à plusieurs accusations dans deux dossiers distincts impliquant deux jeunes victimes.
Comme a pu le constater le Vingt55, qui a assisté au prononcé de la sentence, dans le premier dossier, Eddy Desrochers-Lacroix était notamment accusé d’agression sexuelle envers une adolescente de 16 ans et moins. D’autres chefs concernaient le fait d’avoir rendu accessible du matériel sexuellement explicite, d’avoir communiqué avec une personne mineure au moyen de télécommunications dans un contexte lié à des infractions sexuelles ainsi que d’avoir eu en sa possession de la pornographie juvénile.
Les événements reprochés dans ce dossier remontaient à 2023 et 2024. Une preuve accablante avait été présentée dans le dossier.
Eddy Desrochers-Lacroix a finalement plaidé coupable au chef d’agression sexuelle ainsi qu’à celui de possession de pornographie juvénile. Des arrêts conditionnels des procédures ont été déposés relativement aux deux autres chefs. Un second dossier concernait une autre victime âgée de moins de 16 ans. Des accusations à caractère sexuel avaient également été portées relativement à cette adolescente.
Les deux victimes présentes au palais de justice
Comme a pu le constater le Vingt55 au palais de justice, les deux jeunes victimes étaient présentes pour cette étape importante du processus judiciaire. Elles étaient accompagnées de proches et d’intervenantes du CAVAC.
Avant le prononcé de la sentence, la procureure de la Couronne, Me Cassandre Hamel, a pris le temps de lire et de transmettre au tribunal deux lettres faisant état des conséquences importantes des agressions sexuelles sur la vie respective des deux victimes. Une ordonnance de non-publication protège d’ailleurs l’identité des deux jeunes adolescentes, mineures au moment des faits et des agressions.
Les plaidoyers de culpabilité ont également eu pour effet d’éviter la tenue d’un procès au cours duquel les deux victimes auraient pu être appelées à témoigner.
Un rapport préoccupant, a d’ailleurs souligné le juge Lafrenière
Avant d’imposer la peine, le juge Lafrenière est revenu sur les conclusions d’un rapport soumis au tribunal.
Le juge s’est notamment montré préoccupé par le risque de récidive évalué comme élevé ainsi que par ce qu’il considère comme une mobilisation jusqu’ici limitée de l’accusé relativement aux gestes commis.
S’adressant directement à Desrochers-Lacroix, le juge lui a rappelé qu’il était adulte au moment des événements alors que ses victimes étaient encore des enfants.
Le juge a d’ailleurs insisté sur les conséquences graves des gestes commis et sur les séquelles qu’ils peuvent entraîner dans la vie des victimes.
« J’espère que vous réaliserez pendant vos quatre ans d’incarcération la gravité des gestes que vous avez posés », lui a notamment lancé le juge, avant de l’inviter à profiter de son passage en détention pour entreprendre une véritable réflexion sur son comportement.
Après avoir examiné les facteurs aggravants et atténuants, dont le fait d’avoir permis d’éviter un long procès devant une preuve accablante, le juge Lafrenière a entériné la suggestion commune et imposé une sentence fédérale de quatre ans d’emprisonnement.
En plus de la sentence, le juge a rappelé à l’accusé qu’il devra se soumettre à d’importantes restrictions
Le tribunal lui impose notamment une inscription au Registre national des délinquants sexuels pour une période de 20 ans. Desrochers-Lacroix devra également fournir les échantillons corporels nécessaires afin que son profil génétique soit versé à la Banque nationale de données génétiques.
Une interdiction relative à la possession d’armes lui a aussi été imposée conformément aux dispositions prévues au Code criminel.
Le tribunal a par ailleurs imposé une ordonnance d’une durée de 10 ans destinée notamment à limiter les possibilités pour Desrochers-Lacroix de se retrouver dans des situations où des personnes mineures sont présentes.
Il lui sera notamment interdit de se trouver dans certains endroits publics où l’on peut raisonnablement s’attendre à trouver des enfants, notamment des garderies, terrains d’école, terrains de jeux et certains centres communautaires. Il ne pourra pas non plus occuper un emploi rémunéré ou effectuer du bénévolat qui le placerait dans une position de confiance ou d’autorité envers une personne âgée de moins de 16 ans. Des restrictions s’appliqueront également à ses communications avec des personnes de moins de 16 ans, sous réserve des exceptions prévues par l’ordonnance.
Le juge a également ordonné à Desrochers-Lacroix de respecter d’importantes restrictions concernant les deux victimes. Il lui sera notamment interdit de se trouver à proximité de leur résidence ainsi que de leurs lieux d’études ou de travail, selon les modalités fixées par le tribunal.
Ces conditions visent à empêcher tout rapprochement avec les victimes au terme de son incarcération et s’ajoutent aux autres restrictions imposées dans le cadre de la sentence.
Une fois la sentence prononcée, Eddy Desrochers-Lacroix a vu les constables spéciaux lui passer les menottes avant de le conduire vers les cellules du palais de justice.
Le juge Lafrenière lui a laissé un dernier message avant qu’il quitte la salle d’audience. Les quatre prochaines années devront, a-t-il souhaité, lui servir à mesurer la gravité de ses gestes et à travailler sur les facteurs préoccupants de son dossier en matière d’agressions et d’infractions sexuelles.
Alors que l’accusé prenait le chemin des cellules, le juge s’est également adressé aux deux jeunes adolescentes présentes dans la salle. Il leur a rappelé que le processus judiciaire et la sentence n’effacent pas tout et les a invitées à poursuivre leur cheminement et leur parcours de vie, tout en leur souhaitant bonne chance. Les deux jeunes victimes ont ensuite quitté le tribunal entourées de leurs proches et de membres de leur famille.
Eddy Desrochers-Lacroix a ensuite pris le chemin du fourgon cellulaire, escorté par des agents de la Sûreté du Québec, qui l’ont conduit vers le centre de détention où il commencera à purger sa sentence.

Agression sexuelle, Eddy Desrochers-Lacroix, 22 ans, a pris le chemin du pénitencier @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.













