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Richelieu mise sur Drummondville : un investissement de 15 M$ pour quadrupler son centre de distribution

Richelieu mise sur Drummondville : un investissement de 15 M$ pour quadrupler son centre de distribution
Richelieu mise sur Drummondville avec un investissement de 15 M$ @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

Quincaillerie Richelieu mise sur Drummondville pour soutenir une nouvelle étape de sa croissance au Québec. Le fleuron québécois investira plus de 15 millions de dollars pour faire passer son centre de distribution de la rue Alfred-Nobel de près de 40 000 à 180 000 pieds carrés.

Richelieu mise sur Drummondville avec un investissement de 15 M$ @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Un investissement entièrement assumé par l’entreprise qui devrait également permettre la création de 35 à 40 emplois, a confirmé son président et chef de la direction, Richard Lord, en entrevue avec le Vingt55. La première pelletée de terre a officiellement été donnée jeudi à Drummondville, en présence notamment de Richard Lord, du maire Jean-François Houle, du directeur général de Drummond Économique, Gerry Gagnon, et des représentants de Guimond Construction.

Le projet ajoutera environ 140 000 pieds carrés aux installations actuelles et permettra à Richelieu d’accroître considérablement ses capacités de distribution dans le Centre-du-Québec.

Pour Richard Lord, le choix de Drummondville ne relève pas du hasard. Sa situation géographique permet à Richelieu de mieux desservir les marchés situés au sud du fleuve Saint-Laurent, tout en réduisant une partie des contraintes logistiques associées au transport à partir de la région montréalaise. « Ça faisait partie de mes rêves d’être dans le Centre-du-Québec pour mieux servir, pour continuer à bien servir nos clients parce que Richelieu prend toujours de l’expansion », a expliqué Richard Lord en entrevue avec le Vingt55.

L’entreprise veut notamment utiliser Drummondville pour desservir plus efficacement la Rive-Sud de Montréal, le Centre-du-Québec, l’Estrie ainsi que les marchés en direction de Québec et éventuellement de l’Est-du-Québec.

À Drummondville, l’agrandissement est majeur, le bâtiment passera de près de 40 000 à 180 000 pieds carrés.

Les activités de l’usine USIMM UNIGRAV, déjà présente sur le site, seront maintenues, tandis que la majeure partie de la nouvelle superficie sera consacrée aux activités de distribution. « L’usine va continuer à prospérer ici parce qu’on a une usine au bout. Le reste, ça va être un centre de distribution pour déposer du Richelieu », a expliqué M. Lord au Vingt55.

USIMM UNIGRAV exploite notamment des équipements de contrôle numérique et des technologies permettant de réaliser des pièces et prototypes complexes. Richard Lord a notamment évoqué des applications pouvant toucher l’aéronautique ainsi que des capacités de numérisation 3D.

Selon lui, certaines de ces capacités pourraient éventuellement profiter indirectement à la croissance des investissements dans le secteur canadien de la défense, notamment par l’intermédiaire de contrats de sous-traitance.

L’expansion entraînera également une augmentation des effectifs à Drummondville. Questionné par le Vingt55 sur les retombées directes du projet, Richard Lord estime que 35 à 40 emplois devraient progressivement être créés.

« On va voir entre 35 et 40 emplois ici. Dans le temps, on va démarrer en mars, puis après ça, ça va progresser », a-t-il indiqué.

Un investissement de 15 M$ sans subvention

Autre particularité du projet, Richelieu financera elle-même la totalité de l’investissement.

Richard Lord affirme avec fierté que l’entreprise n’a demandé aucune aide gouvernementale pour réaliser l’agrandissement de Drummondville. « Richelieu n’a jamais eu de subvention. On n’a jamais demandé », a-t-il affirmé en entrevue.

Le dirigeant décrit Richelieu comme une entreprise financièrement solide qui privilégie depuis longtemps le financement de sa croissance à même ses propres capacités. Cette solidité financière permet aujourd’hui au groupe de poursuivre ses investissements malgré un contexte économique qui incite plusieurs entreprises à la prudence.

« C’est le temps d’investir » Alors que plusieurs dirigeants reportent certains investissements devant l’incertitude économique, Richard Lord adopte plutôt l’approche inverse.

Il qualifie actuellement les marchés de « léthargiques », mais ne considère pas cette situation comme durable. « C’est le temps d’investir lorsque les marchés sont, mettons, moi j’appelle ça léthargiques. Les marchés ne sont pas nécessairement mauvais, mais c’est léthargique. Alors les gens sont hésitants, mais c’est le temps », a-t-il expliqué au Vingt55.

Cette philosophie accompagne Richelieu depuis plusieurs décennies. Selon Richard Lord, les périodes économiques plus difficiles ont historiquement constitué des occasions d’acquisition et d’expansion pour l’entreprise. « Les périodes où l’industrie est difficile, Richelieu, c’est là qu’on a toujours fait le plus d’acquisitions, puis qu’on a profité de ça. Ça a généré beaucoup de croissance pour nous. »

Le dirigeant estime qu’un simple retour des marchés à des conditions plus normales pourrait suffire à générer une croissance importante, particulièrement après les investissements actuellement réalisés dans le réseau de distribution.

Une autre acquisition majeure aux États-Unis

L’investissement drummondvillois survient d’ailleurs au même moment où Richelieu accélère sa croissance américaine.

L’entreprise vient d’acquérir la division quincaillerie de The Penrod Company, un distributeur américain spécialisé dans la quincaillerie et les composantes destinées aux portes résidentielles et commerciales. Cette transaction doit ajouter environ 70 millions de dollars américains de ventes annuelles aux activités de Richelieu.

Richard Lord estime que cette acquisition pourrait également avoir certaines retombées au Canada.

« Il y a toujours des synergies, des produits que ces gens-là qu’on vient de faire une acquisition ont, [et] on a des produits similaires au Canada. On va sûrement joindre ça ensemble pour faire plus de business au Canada, qui va avoir des retombées sur nos centres de distribution à travers le Québec, évidemment », a-t-il expliqué au Vingt55.

Après cette acquisition, le réseau de Richelieu comptera 131 centres en Amérique du Nord, selon les données présentées par Richard Lord lors du point de presse.

Les tarifs américains, beaucoup de travail, mais pas un frein à Drummondville

Questionné par le Vingt55 sur les tarifs douaniers américains et leurs conséquences sur les décisions d’investissement, Richard Lord reconnaît qu’ils représentent une charge administrative supplémentaire.

Ils n’ont toutefois pas modifié la stratégie de l’entreprise à Drummondville.

Richelieu approvisionne directement ses activités américaines auprès de fournisseurs internationaux plutôt que de faire transiter systématiquement les marchandises par le Canada. Lorsque des tarifs doivent être payés aux États-Unis, ceux-ci sont intégrés aux prix facturés aux clients, a expliqué le PDG.

Près de la moitié des ventes canadiennes passent par le Web, la transformation de Richelieu ne repose pas uniquement sur l’agrandissement de ses bâtiments.

Richard Lord souligne également l’importance prise par le commerce électronique dans les relations avec les clients professionnels de l’entreprise. Selon lui, environ 45 % des ventes canadiennes de Richelieu passent maintenant par sa plateforme Web B2B. Aux États-Unis, cette proportion atteindrait environ 40 %.

Richelieu dessert plus de 120 000 clients actifs, principalement des professionnels : fabricants d’armoires de cuisine, de meubles, de systèmes de rangement et de garde-robes, ébénisteries commerciales, fabricants de portes et fenêtres et détaillants en quincaillerie.

L’entreprise fournit également des produits que l’on retrouve indirectement dans des hôtels, pharmacies, commerces et autres bâtiments commerciaux.

Guimond Construction a expliqué lors du point de presse avoir été approchée vers la fin mai ou le début juin, alors que le projet était encore essentiellement à l’étape des esquisses.

Les plans ont été développés rapidement durant l’été et le permis municipal devait être obtenu dans un délai d’environ 30 jours afin de respecter l’échéancier fixé par Richelieu. Le bâtiment projeté aura environ 28 pieds de hauteur et comprendra notamment des zones de chargement intérieures.

La structure devrait être érigée cet automne, le bâtiment fermé avant ou autour de la période des Fêtes et les travaux intérieurs réalisés pendant les premiers mois de 2027. Richard Lord a d’ailleurs tenu à souligner la rapidité avec laquelle le dossier a progressé à Drummondville. « Contrairement à d’autres villes où ça prend beaucoup de temps, ici, vraiment, chapeau », a-t-il déclaré au Vingt55.

Drummond Économique mise sur la rapidité et les fournisseurs locaux

Pour Gerry Gagnon, directeur général de Drummond Économique, l’investissement de Richelieu correspond directement aux secteurs économiques que Drummondville cherche à développer, particulièrement le transport et la logistique.

En entrevue avec le Vingt55, il souligne également que l’intervention de son organisation dans un projet comme celui-ci ne repose pas nécessairement sur le financement.

« Généralement, ce n’est pas tant le financement qui manque pour les projets. Ce ne sont pas des freins majeurs. Ce qui est compliqué, c’est de trouver le bon terrain, de mailler avec les bons partenaires, de s’assurer qu’au niveau des normes puis de la réglementation sur les usages, que tout est conforme. C’est là où on rentre un peu plus en jeu », explique Gerry Gagnon.

L’organisme de développement économique a notamment participé au maillage entre Guimond Construction et des entreprises de la région.

Excavation, électricité, plomberie, béton et finition : plusieurs composantes du chantier devraient ainsi être confiées à des entreprises ou travailleurs du milieu. « C’est notre travail au quotidien », résume Gerry Gagnon.

Lorsqu’un entrepreneur provenant de l’extérieur de la région arrive à Drummondville sans connaître l’écosystème local, Drummond Économique peut rapidement l’orienter vers des fournisseurs possédant les capacités recherchées.

Un permis en 30 jours pour ne pas perdre le projet, la vitesse d’exécution représentait également un enjeu important.

Pour le directeur général de Drummond Économique, cette capacité à faire avancer rapidement les projets représente justement l’un des avantages concurrentiels que Drummondville doit préserver.

« C’est ça qui va nous démarquer par rapport à d’autres régions, l’agilité de nos entrepreneurs, la compétence de nos professionnels, tant à la Ville que chez Drummond Économique, pour faire en sorte que les projets qui arrivent, que les gens se sentent en confiance puis qu’ils développent rapidement les projets chez nous. »

Drummondville comme point d’ancrage d’une croissance continentale

Fondée au Québec en 1968, Richelieu est devenue au fil des décennies un acteur majeur de la quincaillerie spécialisée en Amérique du Nord. Richard Lord rappelle avoir lui-même choisi, dès les années 1990, de poursuivre l’expansion de l’entreprise vers l’Ouest canadien, puis vers les États-Unis à compter de 1999, à une époque où plusieurs entreprises canadiennes hésitaient à s’aventurer sur ces marchés.

Avec 15 millions de dollars investis, 140 000 pieds carrés supplémentaires, jusqu’à 40 nouveaux emplois et une mise en service prévue au printemps 2027, Richelieu transforme ainsi son implantation drummondvilloise en un maillon beaucoup plus important de son réseau de distribution nord-américain.

Richelieu mise sur Drummondville avec un investissement de 15 M$ @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Éric Beaupré
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