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Déficit de 350 000 $ à La Tablée populaire : une importante mobilisation s’organise à Drummondville

Déficit de 350 000 $ à La Tablée populaire : une importante mobilisation s’organise à Drummondville
Interpellé par le Vingt55, le maire de Drummondville, Jean-François Houle, a rapidement réagi à la situation préoccupante à laquelle fait face La Tablée populaire. Interpellé par le Vingt55, le maire de Drummondville, Jean-François Houle, a rapidement réagi à la situation préoccupante à laquelle fait face La Tablée populaire. @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

Un déficit avoisinant les 350 000 $, le départ de la directrice générale Rachel Bissonnette, des services d’accompagnement réduits et des employés qui doivent composer avec une diminution de leurs heures de travail : La Tablée populaire traverse une importante période de turbulence à Drummondville.

Interpellés par le Vingt55, la direction de l’organisme, le maire de Drummondville, Jean-François Houle, ainsi que la direction de Santé Québec Mauricie-et-Centre-du-Québec universitaire ont rapidement réagi à la situation préoccupante à laquelle fait face La Tablée populaire. © Crédit photo : Éric Beaupré / Vingt55. Tous droits réservés.

Selon les informations obtenues et maintenant confirmées au Vingt55, l’organisme communautaire doit maintenant composer avec une situation financière suffisamment préoccupante pour entraîner la mise en place de mesures d’urgence et une révision de ses activités. Interpellés par le Vingt55, la direction de l’organisme, le maire de Drummondville, Jean-François Houle, ainsi que la direction de Santé Québec Mauricie-et-Centre-du-Québec universitaire ont rapidement réagi à la situation préoccupante à laquelle fait face La Tablée populaire.

La situation survient alors que les besoins en matière de pauvreté, d’insécurité alimentaire, d’itinérance et d’isolement demeurent bien présents à Drummondville. Des personnes qui bénéficiaient de certains services d’accompagnement ont notamment vu ceux-ci être réduits, tandis que des membres du personnel doivent composer avec une diminution de leurs heures de travail.

Le départ annoncé de Rachel Bissonnette, après près de neuf années à la direction générale, survient donc au moment où l’organisme doit prendre des décisions importantes pour assurer sa survie et la continuité de sa mission.

Christian Bossé a maintenant pris les commandes à titre de directeur général par intérim, alors que Robert Saint-Ours assume la direction des opérations. Une nouvelle gouvernance doit ainsi piloter l’organisme durant cette période particulièrement délicate et prendre plusieurs décisions déterminantes pour la suite.

La Tablée populaire confirme un « déficit critique »

À la suite des informations rapportées par le Vingt55 concernant la situation de l’organisme, la Fondation de la Tablée populaire a réagi vendredi par voie de communiqué, confirmant devoir composer avec un « déficit critique », sans toutefois en préciser publiquement le montant.

Selon les informations obtenues par le Vingt55, ce déficit s’élèverait à plus de 350 000 $, une situation qui aurait conduit à l’annonce du départ de la directrice générale, Rachel Bissonnette, il y a quelques semaines. Comme le rapportait le Vingt55 le 24 août dernier, après avoir été informée de l’important déficit auquel faisait désormais face l’organisme, la direction aurait dû prendre certaines décisions afin de faire face à la situation.

La Fondation indique avoir amorcé un plan de redressement afin d’assurer la pérennité de sa mission et de préserver ses services, notamment celui des P’tites boîtes à lunch, destiné aux enfants des écoles primaires de la MRC de Drummond.

L’organisme explique que la dernière année a été « particulièrement exigeante » et marquée par une importante diminution de ses revenus. Le conseil d’administration a donc entrepris une révision en profondeur des activités, des dépenses et des mécanismes de gestion financière.

« La situation exige des décisions responsables et une grande rigueur. Nous travaillons actuellement à stabiliser les finances de l’organisme et à diriger nos ressources vers les services qui répondent aux besoins les plus pressants. Je veux entre autres que nous soyons au rendez-vous pour les enfants à la rentrée scolaire », souligne Christian Bossé, directeur général par intérim.

Le programme des P’tites boîtes à lunch permet d’offrir gratuitement et de manière confidentielle des déjeuners, des collations et des repas équilibrés aux enfants du primaire recommandés par les écoles de la région. Selon la Fondation, 31 618 repas ont été distribués en 2024-2025.

Une transition à la direction en pleine période de redressement

La Fondation confirme également officiellement le départ de Rachel Bissonnette de ses fonctions de directrice générale et souligne sa contribution à la mission de l’organisme au cours des dernières années.

Christian Bossé assurera la direction générale par intérim, tandis que Robert Saint-Ours prendra en charge la direction des opérations. Leur mandat sera notamment d’assurer la continuité des services et de mettre en œuvre le plan de redressement.

« Nous pouvons compter sur une équipe engagée, des bénévoles dévoués et des partenaires qui croient profondément à notre mission. Nous les remercions pour leur collaboration et leur confiance pendant cette période de transition », affirme Robert Saint-Ours.

Cette réorganisation intervient alors que les dernières semaines et les derniers mois ont été particulièrement difficiles pour l’organisme, qui a dû revoir certains services et ses dépenses afin de composer avec sa situation financière.

La direction de Santé Québec Mauricie-et-Centre-du-Québec Universitaire confirme sa mobilisation

La situation dépasse maintenant les murs de La Tablée populaire. Plusieurs partenaires institutionnels et communautaires sont mobilisés afin de tenter de préserver les services offerts à une population vulnérable.

Questionnée par le Vingt55 sur la situation, Josiane Gagnon, agente d’information à Santé Québec Mauricie-et-Centre-du-Québec – Universitaire, confirme que l’organisation travaille avec les différents partenaires du milieu.

« Nous travaillons de concert avec la Ville de Drummondville, les organismes communautaires et les partenaires régionaux afin de contribuer au maintien des services à la population.

Nous reconnaissons l’importance de la mission de la Tablée populaire. Nous évaluons actuellement toutes les possibilités de soutien auprès de l’organisme afin que celui-ci poursuivre de ses activités. Notre priorité est le maintien des services à la population. » assure Josiane Gagnon.

La Fondation souligne pour sa part l’appui des membres du PHARE, soit la Ville de Drummondville, la MRC de Drummond, Santé Québec Mauricie-et-Centre-du-Québec – Universitaire, le Centre de services scolaire des Chênes et la Corporation de développement communautaire de Drummond, ainsi que celui de Centraide.

Une mission fragilisée au moment où les besoins demeurent importants

Au-delà des chiffres, la situation financière de La Tablée populaire soulève maintenant la question de la capacité de l’organisme à maintenir à moyen et à long terme les services destinés aux personnes en situation de pauvreté, d’insécurité alimentaire, d’itinérance ou d’isolement.

La priorité immédiate demeure donc de stabiliser les finances et de maintenir les services jugés essentiels. La Fondation lance d’ailleurs un appel à la solidarité des citoyens, des entreprises et des organisations afin de soutenir la continuité de sa mission.

Le maire de Drummondville confirme une mobilisation d’urgence

Le Vingt55 a également interpellé le maire de Drummondville sur les difficultés financières auxquelles font face La Tablée populaire et le Comptoir alimentaire, deux organismes directement impliqués dans l’aide alimentaire auprès des personnes vulnérables.

Le maire a rapidement répondu aux demandes d’entrevue et aux questions du Vingt55, confirmant que la situation est suivie de près par son cabinet, l’administration municipale et plusieurs partenaires du milieu.

« D’emblée, je veux être très clair, confirme le maire Jean-François Houle interpellé par le Vingt55 sur la situation. Le conseil municipal et l’administration sont pleinement au fait des difficultés vécues par le Comptoir alimentaire et La Tablée populaire. C’est un dossier extrêmement important pour nous. Les membres du conseil ont d’ailleurs exprimé unanimement leur volonté d’épauler les organismes et de contribuer à la recherche de solutions durables. »

Les membres du cabinet et moi y travaillons quotidiennement depuis que nous avons été informés de la situation. Jonathan Guay, DGA, suit aussi la situation confirme également le maire face à la situation. Nous sommes en contact très fréquent avec les gestionnaires des organismes concernés, mais également avec différents partenaires institutionnels et des acteurs de notre milieu qui peuvent contribuer aux solutions.

Une chose est certaine ajoute le maire, l’aide alimentaire doit demeurer accessible aux personnes qui en ont besoin à Drummondville. La situation actuelle nous oblige toutefois à réfléchir non seulement à court terme, mais également à la façon dont ces services pourront être organisés et soutenus de manière durable dans l’avenir. »

La Ville informée depuis le 20 août pour La Tablée populaire

Les réponses obtenues par le Vingt55 permettent également d’établir à quel moment l’administration municipale a été informée de la situation des deux organismes.

Le Comptoir alimentaire avait présenté sa situation aux élus municipaux lors d’un atelier de travail tenu le 17 août, alors que la Ville affirme avoir été informée des difficultés de La Tablée populaire le 20 août en fin de journée.

« Le Comptoir alimentaire est venu présenter sa situation aux membres du conseil municipal lors d’un atelier de travail tenu le 17 août. Pour ce qui est de La Tablée populaire, nous avons été informés de la situation le 20 août, en fin de journée. Depuis, les démarches et les échanges se sont multipliés. Ce sont deux dossiers que nous suivons de très près. »

Questionné précisément sur l’ampleur des difficultés financières portées à l’attention de la Ville, le maire confirme que l’administration municipale dispose d’une bonne connaissance de la situation financière des deux organismes, sans toutefois vouloir rendre publics les montants qui lui ont été communiqués.

« Oui. Nous avons une bonne connaissance de la situation financière des deux organismes et nous entretenons des relations étroites avec leurs gestionnaires.

Cela dit, je pense qu’il appartient d’abord aux organismes eux-mêmes de rendre publics, s’ils le souhaitent, les détails de leur situation financière. Ce que je peux confirmer, c’est que nous prenons la situation très au sérieux et que les enjeux qui nous ont été présentés nécessitent une mobilisation des différents partenaires concernés. »

Dans le cas de La Tablée populaire, les informations obtenues par le Vingt55 font état d’un déficit avoisinant les 350 000 $. L’organisme a depuis confirmé publiquement être confronté à un « déficit critique », sans en préciser le montant.

Autre élément confirmé au Vingt55, une rencontre urgente du comité stratégique du PHARE Drummond s’est tenue le 3 septembre afin de réunir les principaux acteurs susceptibles de contribuer à la recherche de solutions pour La Tablée populaire.

La Ville de Drummondville y participe aux côtés de la Corporation de développement communautaire de Drummond, du Centre de services scolaire des Chênes, de Santé Québec – Mauricie–Centre-du-Québec et de la MRC de Drummond.

« Oui. Le 3 septembre, le comité stratégique du PHARE Drummond s’est réuni de façon urgente afin de mettre en commun les forces du milieu et de travailler aux enjeux auxquels fait face La Tablée populaire.

La Ville participe à ce comité aux côtés de la CDC Drummond, du Centre de services scolaire des Chênes, de Santé Québec – Mauricie–Centre-du-Québec et de la MRC de Drummond.

C’est exactement le type de mobilisation dont nous avons besoin actuellement : réunir les bons partenaires autour de la même table, mettre en commun nos expertises et réfléchir ensemble aux meilleures solutions.

La Ville exerce également son leadership auprès des philanthropes à l’heure actuelle. »

Cette mobilisation rejoint celle confirmée au Vingt55 par Josiane Gagnon, agente d’information à Santé Québec Mauricie-et-Centre-du-Québec – Universitaire, qui indique que les partenaires travaillent de concert afin de préserver les services à la population.

« Nous travaillons de concert avec la Ville de Drummondville, les organismes communautaires et les partenaires régionaux afin de contribuer au maintien des services à la population.

Nous reconnaissons l’importance de la mission de la Tablée populaire. Nous évaluons actuellement toutes les possibilités de soutien auprès de l’organisme afin que celui-ci poursuivre de ses activités.

Notre priorité est le maintien des services à la population. »

Pas seulement renflouer les organismes, prévient le maire

Si la Ville se dit prête à faire sa part, le maire ne veut toutefois pas limiter la réflexion à une intervention financière ponctuelle. Selon lui, la crise actuelle doit également conduire les partenaires à examiner le modèle de sécurité alimentaire actuellement en place à Drummondville.

« Nous sommes évidemment très préoccupés par l’accès aux services pour les personnes qui en ont besoin. Mais je pense qu’il faut éviter de regarder la situation uniquement sous l’angle du maintien du modèle actuel.

Plusieurs organismes interviennent en sécurité alimentaire sur notre territoire. La situation que nous vivons doit aussi être l’occasion de nous demander collectivement si le modèle actuel est optimal, si certaines façons de faire pourraient être améliorées et s’il existe des possibilités de travailler autrement, de mieux unir les forces du milieu et d’innover.

Avant d’annoncer précisément quelle forme pourrait prendre l’intervention de la Ville, je veux donc que nous prenions le temps nécessaire pour nous assurer que nous travaillons sur la meilleure solution possible. L’objectif ne doit pas être simplement de répondre à une urgence financière pour nous retrouver devant les mêmes difficultés dans quelques mois ou quelques années.

Notre préoccupation demeure que les personnes vulnérables puissent avoir accès aux services dont elles ont besoin. La façon d’y parvenir, elle, mérite d’être réfléchie avec les organismes et l’ensemble de nos partenaires. Nous avons devant nous une occasion de bâtir quelque chose de plus solide et de plus durable. »

Le maire interpelle directement les candidats provinciaux

Pour le maire de Drummondville, la situation vécue par La Tablée populaire et le Comptoir alimentaire met également en lumière un problème plus large de financement du milieu communautaire.

À quelques semaines du scrutin provincial, il interpelle directement les candidates et candidats de la région et leur demande de préciser leurs intentions concernant non seulement le financement des organismes communautaires, mais également les projets de relocalisation de La Tablée populaire et du Comptoir alimentaire.

« Je trouve profondément préoccupant que des organismes dont la mission est justement d’aider les personnes les plus vulnérables de notre communauté se retrouvent eux-mêmes dans une situation aussi fragile.

La Ville va faire sa part et je peux vous assurer que nous sommes déjà très actifs dans ce dossier. Mais il faut également rappeler que le financement du réseau communautaire et des organismes qui contribuent à notre filet social relève d’abord et avant tout du gouvernement du Québec. Le sous-financement du milieu communautaire est une réalité connue depuis longtemps et les organismes qui œuvrent en sécurité alimentaire en subissent directement les conséquences.

Dans le contexte de la campagne électorale provinciale, je lance donc un appel très clair aux candidates et candidats de notre région : dites-nous ce que vous comptez faire pour assurer un financement adéquat et prévisible de nos organismes communautaires.

Et, plus précisément, je leur demande de se positionner sur les projets de relocalisation du Comptoir alimentaire et de La Tablée populaire. Ces organismes jouent un rôle essentiel auprès de notre population. Nous avons besoin de savoir si le prochain gouvernement sera au rendez-vous pour accompagner notre milieu dans la recherche de solutions durables.

Le député sortant de Drummond–Bois-Francs se dit préoccupé et rappelle les mesures de soutien disponibles

Contacté par le Vingt55, le député sortant de Drummond–Bois-Francs, Sébastien Schneeberger, se dit préoccupé par la situation et assure de son soutien aux organismes concernés, précisant n’avoir été informé que récemment de l’ampleur des difficultés.

« Il faut rappeler que nous avons doublé les investissements financiers au cours des dernières années destinés aux organismes communautaires afin de leur permettre de bénéficier d’un meilleur soutien », souligne le député.

Il précise toutefois que toute aide supplémentaire doit s’appuyer sur des demandes claires et un portrait précis des besoins. Dans le cas de La Tablée populaire, il affirme qu’aucune nouvelle demande financière liée à la situation actuelle ne lui aurait encore été présentée.

Le député rappelle également que le gouvernement a déjà mis en place différentes mesures de soutien, dont un programme de 50 millions de dollars destiné au financement des bâtiments et des infrastructures des groupes communautaires.

Au-delà du financement, il estime que la situation doit également mener à une réflexion sur l’organisation des services, notamment sur la possibilité de regrouper certaines ressources ou de revoir certaines façons de faire afin de réduire les dépenses et d’assurer leur pérennité.

La gravité de la situation qui prévaut à Drummondville dépasse maintenant les difficultés vécues par La Tablée populaire, comme l’ont rappelé différents intervenants rencontrés par le Vingt55 à la suite de cette annonce.

La situation entraîne désormais une mobilisation qui va bien au-delà de l’organisme lui-même. La Ville de Drummondville, Santé Québec et les partenaires réunis au sein du PHARE travaillent à la recherche de solutions, alors qu’une question plus large se pose, comment assurer à long terme la pérennité de l’aide alimentaire à Drummondville lorsque les organismes chargés de soutenir les personnes les plus vulnérables se retrouvent eux-mêmes fragilisés.

Interpellé par le Vingt55, le maire de Drummondville, Jean-François Houle, a rapidement réagi à la situation préoccupante à laquelle fait face La Tablée populaire. @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Éric Beaupré
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