VILLE / RÉGION
Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
En entrevue avec le Vingt55, Paula Provencher-Lambert, présidente de l’Afeas locale Saint-Charles-de-Drummond et membre du conseil d’administration régional du Centre-du-Québec, a expliqué que cette transformation découle d’une réflexion menée pendant près d’un an.
« Nous constations que notre nombre de membres diminuait. Nous voulions comprendre pourquoi notre image rejoignait moins de personnes et réfléchir à l’avenir afin de transmettre notre savoir-faire à une nouvelle génération », a-t-elle expliqué au Vingt55.
Une organisation particulièrement active à Drummondville
Si l’organisation connaît une diminution de ses effectifs à l’échelle provinciale, la section de Drummondville se démarque avec près de 200 membres, ce qui en ferait la plus importante au Québec, selon Mme Provencher-Lambert.
La section locale compterait également une proportion particulièrement élevée de jeunes membres.
« À Drummondville, tous les groupes d’âge sont les bienvenus. Nous accueillons de plus en plus de jeunes femmes, ce qui est même remarquable à l’échelle du Québec », souligne-t-elle.
L’organisation souhaite ainsi combattre la perception voulant que ses activités soient principalement destinées aux femmes retraitées. Les personnes âgées de 18 ans et plus peuvent devenir membres, tout comme les hommes, qui sont officiellement admis au sein de l’association depuis 2021.
Une ouverture accrue aux hommes
Le passage de l’Afeas à Egalya ne signifie pas l’abandon de sa mission féministe. L’organisation souhaite plutôt adopter une approche plus inclusive et mobiliser davantage les hommes dans les dossiers liés à l’égalité.
« Nous partons du féminisme pour aller vers une vision égalitaire. Ce sera vraiment une organisation pour les femmes et les hommes, et non uniquement un mouvement réservé aux femmes », précise Paula Provencher-Lambert.
Selon elle, les hommes peuvent également contribuer aux démarches visant notamment à prévenir la violence faite aux femmes et à améliorer les conditions de vie dans la collectivité.
« Les hommes peuvent s’impliquer avec nous pour faire avancer ces dossiers. Ils peuvent eux aussi être féministes et nous aider », ajoute-t-elle.
Une nouvelle identité, mais la même mission
L’organisation provinciale précise que cette nouvelle identité ne constitue pas une rupture avec son passé, mais plutôt un nouvel élan.
Le nom Egalya s’inspire des valeurs d’égalité et d’équité qui guident l’organisation depuis sa fondation. Le « y » intégré à la nouvelle image de marque représente une personne aux bras ouverts, une symbolique qui traduit la volonté d’accueillir une plus grande diversité de membres.
« Egalya est un nom court qui exprime vraiment l’égalité entre les femmes et les hommes. Notre ancien nom était très long et il fallait constamment l’expliquer. Nous sommes encore dans l’émotion de ce changement. Certaines personnes avaient les larmes aux yeux lors du dévoilement », raconte Mme Provencher-Lambert.
« L’égalité des genres demeure au cœur de notre raison d’être. Avec Egalya, nous réaffirmons cet engagement tout en tendant la main à toutes les personnes qui souhaitent contribuer à bâtir une société plus juste et plus équitable, quels que soient leur genre, leur âge ou leur parcours », affirme pour sa part, par voie de communiqué, Marianne Pertuiset-Ferland, directrice générale d’Egalya.
Une volonté d’influencer les décisions publiques
Conçue par la firme Parallèle, la nouvelle identité doit également permettre à l’organisation de renforcer son rôle d’influence et sa participation citoyenne.
Le descripteur Association citoyenne témoigne de la volonté d’Egalya d’intervenir non seulement auprès de ses membres, mais également dans l’espace public et auprès des décideurs. L’organisme souhaite ainsi contribuer aux réflexions, aux politiques publiques et aux décisions ayant des répercussions concrètes sur les personnes et les communautés.
Ses interventions continueront notamment de porter sur le travail invisible, la famille, les relations intergénérationnelles, la sécurité économique, la violence faite aux femmes, la participation citoyenne et l’environnement.
Malgré ce changement de nom, l’organisme entend demeurer fidèle aux quatre piliers qui guident son action depuis 60 ans : l’éducation, la réflexion collective, l’action et la défense des droits.
« Nous conservons la condition féminine au cœur de notre vocation, mais nous élargissons nos horizons. Comme femmes et comme hommes, nous avons des opinions et des solutions à proposer sur ce qui se passe dans la société », conclut Paula Provencher-Lambert en entrevue avec le Vingt55.

Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.







