Drummondville / Centre-du-Québec
Alors que les écoles s’apprêtent à accueillir leurs élèves pour une nouvelle année scolaire, la pénurie de personnel demeure au cœur des préoccupations. Cette fois, trois associations représentant les directions et gestionnaires d’établissements scolaires demandent que la rétention du personnel devienne une véritable priorité dans le réseau de l’éducation.
L’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire (Amdes), l’Association québécoise du personnel de direction des écoles (AQPDE) et la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement (FQDE) réagissent aux résultats d’une consultation menée auprès des membres de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) concernant les facteurs qui incitent les enseignants à demeurer dans la profession.
Pour les directions, certains constats sont encourageants, particulièrement l’importance accordée par les enseignants au travail d’équipe, au soutien des directions et à la capacité de répondre adéquatement aux besoins des élèves.
« Nous saluons le fait que le personnel enseignant valorise le travail d’équipe et le rôle essentiel des directions et fasse de la réponse aux besoins des élèves une priorité », souligne André Bernier, président de l’AQPDE.
Selon lui, malgré les difficultés liées au manque de main-d’œuvre, les directions doivent continuer à soutenir et à valoriser leurs équipes, puisque cet accompagnement constitue justement un facteur susceptible de favoriser leur rétention.
À Drummondville, une dizaine de postes d’enseignants demeuraient à combler ou étaient en voie de l’être à l’approche de la rentrée scolaire, selon les échanges du Vingt55 avec le Centre de services scolaire des Chênes (CSSDC) et les informations confirmées auprès du directeur des communications.
Le problème dépasse les enseignants
Les représentants des directions préviennent toutefois que la pénurie et les difficultés de rétention touchent désormais plusieurs catégories d’emplois dans les écoles.
Personnel professionnel, employés de soutien et directions sont également concernés.
La présidente de l’Amdes, Kathleen Legault, souligne notamment que des données récentes indiquent qu’à Montréal, près de 20 % des directions songeraient à quitter la profession.
« Ajouter constamment des recrues ne fait que fragiliser les milieux. Il faut agir avec force dès maintenant pour assurer la rétention du personnel d’expérience dans nos établissements », affirme-t-elle.
Cette situation soulève un enjeu important pour les écoles : chaque départ entraîne non seulement la perte d’une ressource expérimentée, mais oblige également les établissements à recommencer un processus de recrutement, d’intégration et de formation.
Des banques de relève qui s’épuisent
La Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement va encore plus loin dans son constat.
Son président, Francis Côté, affirme que les banques de relève sont vides, que certains postes demeurent vacants et que les établissements doivent continuellement former de nouvelles personnes, parfois des ressources qui ne possèdent pas encore toutes les qualifications normalement requises.
« Cette situation entraîne des coûts humains et financiers considérables et accentue la pression sur les équipes en place, au risque d’alimenter encore davantage les départs », prévient-il.
Un phénomène qui peut ainsi devenir circulaire : le manque de personnel augmente la pression sur ceux qui restent, tandis que cette pression supplémentaire risque à son tour de favoriser de nouveaux départs.
À quelques jours de la rentrée, le message lancé par les représentants des directions est donc clair : embaucher davantage ne suffira pas si le réseau scolaire ne parvient pas parallèlement à conserver son personnel expérimenté.
Les trois organisations réclament ainsi une réflexion plus large sur les conditions permettant aux enseignants, professionnels, employés de soutien et gestionnaires de demeurer durablement dans le réseau scolaire.
Pour les directions d’établissement, la question de la pénurie de main-d’œuvre ne peut donc plus être abordée uniquement en fonction du nombre de personnes recrutées pour commencer l’année scolaire. La capacité du réseau à garder celles qui sont déjà en poste pourrait devenir un enjeu tout aussi déterminant pour la stabilité des écoles québécoises.





