À un mois du 1er juillet, le FRAPRU sonne l’alarme et presse Québec de s’assurer qu’aucun ménage locataire ne sera sans toit

À un mois du 1er juillet, le FRAPRU sonne l’alarme et presse Québec de s’assurer qu’aucun ménage locataire ne sera sans toit
© Photo Éric Beaupré Vingt55. Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

À un mois du 1er juillet, le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) a tenu ce matin une mobilisation virtuelle réunissant plus de 100 personnes de Montréal, l’Outaouais, la Montérégie, l’Estrie, l’Abitibi-Témiscamingue, la Mauricie, la Capitale-Nationale, le Bas-Saint-Laurent, les Laurentides, Lanaudière et le Saguenay Lac-Saint-Jean, pour dénoncer le sort actuellement réservé aux personnes à risque de se retrouver sans logis à la fin du mois. Selon le regroupement, la situation est alarmante et exige des mesures d’aide d’urgence exceptionnelles.

D’après les données réunies par le FRAPRU, il y aurait aujourd’hui près de ménages locataires craignant de se retrouver sans logis à la fin de leur bail qu’à la mi-juin 2019.  Inquiet du mutisme de Québec face aux enjeux du 1er juillet, le FRAPRU revendique que le deux fois plus de gouvernement Legault annonce publiquement et sans plus attendre des mesures d’aide afin qu’aucun ménage locataire ne se retrouve à la rue, en pleine pandémie.

La pandémie augmente les besoins

Comme en ont témoigné des gens de Gatineau, de Sorel, de Montréal et de Québec, il est très difficile, voire impossible, pour les locataires de trouver un nouveau logement, surtout là où il y avait déjà pénurie1. Les loyers continuent d’augmenter en flèche, malgré les pertes d’emploi subies par de nombreux ménages locataires. Les déménagements s’annoncent eux aussi plus dispendieux, compte-tenu des nouvelles exigences sanitaires. La période de recherche de logement ayant été sérieusement amputées par le confinement, notamment dans la région de Montréal, la pression augmente et fait craindre davantage de discrimination envers les personnes les plus vulnérables.

Bien que le programme d’aide d’urgence de l’an dernier soit toujours disponible, « il est clairement insuffisant dans le contexte actuel », affirme Véronique Laflamme, porte-parole du FRAPRU. Elle rappelle que ce dernier prévoit des remboursements aux municipalités pour une partie des dépenses encourues pour héberger temporairement les ménages se retrouvant sans logis à la fin de leur bail, leur déménagement et l’entreposage de leurs biens. Selon l’organisme, la contribution financière exigée des villes est beaucoup trop importante, alors que leur situation financière est sévèrement affaiblie par la pandémie.

Par ailleurs, l’organisme trouve difficilement justifiable que seules les municipalités où le taux général d’inoccupation des logements locatifs est en-deca de 2 % puissent espérer un remboursement, alors que le seuil d’équilibre généralement admis est de 3 %. Le FRAPRU craint que ces limites importantes nuisent aux réponses apportées aux personnes en difficulté, alors que la solidarité est de rigueur.

« Non seulement Québec doit rapidement améliorer son programme en prévision du 1er juillet, mais il doit également s’engager à aider tous les locataires qui résident dans une municipalité où aucune aide n’est offerte par leur mairie. La ministre de l’Habitation, Andrée Laforest, doit aussi en informer largement la population, surtout celle qui n’a pas accès à internet », insiste Véronique Laflamme, rappelant qu’à ce jour, de tels services d’aide et de référence n’existent qu’à Gatineau, Montréal, Québec, Laval, Drummondville, Sherbrooke et Cowansville (Brome-Missisquoi). D’ici là, le FRAPRU invite les locataires des autres villes à prendre contact directement avec lui, en téléphonant au 514 522-1010.

Quant au programme de subventions annoncé par la Société d’habitation du Québec le 29 avril dernier, le regroupement rappelle qu’il n’aide que les ménages qui devaient entrer dans un logement neuf ou entièrement rénové, excluant tous les autres. Le FRAPRU s’explique mal que les ménages locataires n’ayant pu trouver de logement, notamment en raison de la pandémie, soit pratiquement ignorés. « C’est inacceptable de laisser les gens vivre autant d’anxiété durant une crise de santé publique » s’insurge Véronique Laflamme.

Des solutions concrètes pour sortir de la crise, à court et à moyen terme

Le FRAPRU demande également au gouvernement québécois de prendre les mesures nécessaires pour sortir définitivement le Québec de la crise du logement. Il déplore que le logement social soit sous-financé depuis des années, jusqu’à être complètement oublié dans le budget présenté le 10 mars par Éric Girard. « Le résultat est que la proportion de logements sociaux stagne autour de 10 %, laissant sans alternative les locataires ne pouvant accéder aux logements privés », déplore Véronique Laflamme. Selon son organisme, la baisse anticipée des mises en chantier pour les 2 années à venir aggravera encore le problème. Le FRAPRU réclame donc des investissements ambitieux pour le logement social dans le plan de relance économique québécois. Avec 26 autres regroupements, il demande le développement de 10 000 nouveaux logements sociaux pour la prochaine année.

Dans l’immédiat, le FRAPRU exige une garantie d’hébergement pour tous les ménages n’ayant pas trouvé de logement à la fin de leur bail, de l’aide au déménagement et à l’entreposage de leurs biens, de même que des subventions au loyer pour les plus pauvres. « Compte-tenu des embuches actuelles, ces subventions doivent être offertes rapidement », insiste Véronique Laflamme. Dans les villes où les loyers sont les plus coûteux, comme à Gatineau, Montréal et Québec, le regroupement demande qu’elles soient ajustées à la réalité du marché de la location, notamment dans le cas des logements familiaux, les plus rares et les plus chers.

S’il n’a pas les réponses espérées, le FRAPRU annonce qu’il prévoit des actions à la mi-juin.

Éric Beaupré
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