Accidents provoqués sur le boulevard Lemire Ouest « pour le plaisir » : l’accusé plaide coupable à une kyrielle de chefs d’accusations

Accidents provoqués sur le boulevard Lemire Ouest « pour le plaisir » : l’accusé plaide coupable à une kyrielle de chefs d’accusations
Accidents provoqués sur le boulevard Lemire Ouest Samuel Levasseur-Quinn plaide coupable au palais de justice de Drummondville @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Drummondville / Centre-du-Québec

Un stratagème qui avait tenu sur le qui-vive des citoyens des secteurs Saint-Majorique et Saint-Bonaventure sur la route 143 (boul Lemire Ouest) a connu un important dénouement vendredi au palais de justice de Drummondville. Samuel Levasseur-Quinn a plaidé coupable à de nombreux chefs d’accusation relativement à une série d’événements particulièrement dangereux au cours desquels des objets étaient volontairement déposés sur la chaussée, notamment sur le boulevard Lemire Ouest, exposant des automobilistes à des collisions et causant des milliers de dollars de dommages.

Accidents provoqués sur le boulevard Lemire Ouest Samuel Levasseur-Quinn plaide coupable au palais de justice de Drummondville @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Le Vingt55 a assisté aujourd’hui, au palais de justice de Drummondville, à l’audience devant l’honorable juge Maxime Laroche, de la Cour du Québec, au cours de laquelle le procureur de la Couronne, Me Marc-André Roy, a présenté un exposé des faits et de la preuve recueillie dans le cadre de l’enquête menée par la Sûreté du Québec. Présent devant le tribunal et représenté par Me Alain Dubois, Samuel Levasseur-Quinn a reconnu sa culpabilité aux différents chefs d’accusation qui lui étaient présentés.

Comme le rapportait le Vingt55 au moment des événements, ce qui pouvait initialement apparaître comme une succession d’incidents isolés s’était finalement transformé en une enquête policière d’envergure. Pneus, caisses de bois, palettes et autres objets auraient été volontairement disposés sur la chaussée, sur le passage de véhicules, dans le but de causer des accidents.

L’exposé des faits présenté vendredi a permis de mesurer l’ampleur du dossier. Les événements se sont échelonnés de décembre 2024 jusqu’au printemps 2025, avec une succession de gestes similaires ayant donné lieu à de nombreux chefs d’accusation.

Comme l’a appris le Vingt55 lors de l’audience, les accusations sont notamment liées à des événements survenus les 27 décembre 2024, 25 janvier 2025, 1er, 8 et 9 février 2025, auxquels se sont ajoutés plusieurs autres incidents en mars et avril.

Samuel Levasseur-Quinn a notamment reconnu sa culpabilité à des chefs de méfait de plus de 5 000 $ visant des véhicules, relativement à plusieurs événements distincts. D’autres chefs concernent le fait d’avoir interrompu, empêché ou gêné l’emploi, la jouissance ou l’exploitation légitime d’un bien, soit le en lien avec les objets volontairement déposés sur la chaussée.

L’exposé présenté par le procureur de la Couronne, Me Marc-André Roy, fait notamment référence à des événements survenus en mars, dont les 22, 24 et 28 mars, ainsi qu’à d’autres épisodes en avril, notamment les 5, 11 et 18 avril 2025.

D’un événement à l’autre, le scénario demeurait sensiblement le même : des objets étaient volontairement placés sur la route afin qu’ils se retrouvent sur le passage des automobilistes. Pneus, morceaux ou caisses de bois, palettes et autres objets auraient ainsi été disposés sur la chaussée au cours de cette série d’événements.

La répétition des gestes a notamment donné lieu à plusieurs chefs distincts, puisque différents véhicules et automobilistes ont été touchés au fil des mois.

Selon les faits présentés devant le tribunal, Samuel Levasseur-Quinn aurait même observé, lors de certains événements, le passage des véhicules et les conséquences provoquées par les objets disposés sur la chaussée.

Des milliers de dollars de dommages et des risques d’accident

Au-delà du caractère répétitif des gestes, Me Marc-André Roy a insisté devant le tribunal sur leurs conséquences et sur les risques auxquels les automobilistes ont été exposés.

Pour l’un des événements abordés devant le tribunal, les dommages causés à un véhicule ont été évalués à environ 6 500 $. Dans un autre cas, une Honda Civic aurait subi des dommages beaucoup plus importants, évalués à environ 14 500 $.

Ces événements ne se sont donc pas limités à la présence d’objets sur la chaussée. Plusieurs des gestes reprochés ont entraîné des dommages matériels bien réels aux véhicules qui les ont percutés.

Les pertes se chiffrent en milliers de dollars, mais les conséquences auraient pu être beaucoup plus graves. La présence volontaire d’obstacles sur une voie de circulation exposait les conducteurs à des risques de perte de contrôle et de collision.

La répétition des événements constitue d’ailleurs un élément important du dossier présenté au tribunal. Il ne s’agissait plus d’un objet isolé retrouvé sur une route ou d’un seul incident, mais d’une succession d’événements échelonnés sur plusieurs mois, impliquant différents véhicules et ayant donné lieu à une kyrielle de chefs d’accusation.

C’est notamment cette répétition et les similitudes observées entre les événements qui ont amené les policiers de la Sûreté du Québec à établir des liens entre plusieurs dossiers et à pousser leur enquête jusqu’à identifier les personnes soupçonnées d’être impliquées.

Devant la multiplication des signalements et importants risques, une enquête de la Sûreté du Québec a été déclenchée afin d’identifier les personnes qui pouvaient être à l’origine de ces événements.

Toujours selon les informations obtenues par le Vingt55, les démarches des policiers et des enquêteurs de la Sûreté du Québec (SQ) de la MRC de Drummond ont finalement conduit les enquêteurs jusqu’à Samuel Levasseur-Quinn ainsi qu’à une seconde personne, Kelly Morin, qui fait elle aussi face à des accusations en lien avec cette affaire.

Si les plaidoyers de culpabilité mettent fin à une partie importante du dossier pour Samuel Levasseur-Quinn, le processus judiciaire n’est pas terminé.

En entrevue au Vingt55, le procureur de la couronne Me Marc-André Roy a notamment fait état de la difficulté de trouver une peine de référence pour une situation présentant des caractéristiques similaires. Selon le procureur de la Couronne, le caractère inhabituel du stratagème, la répétition des gestes et leur durée compliquent la recherche de dossiers comparables pouvant servir de référence au tribunal au moment de déterminer une peine appropriée.

Samuel Levasseur-Quinn demeure en liberté d’ici la prochaine audience, mais doit respecter plusieurs conditions imposées par le tribunal, notamment celle de garder la paix et d’avoir une bonne conduite.

Le dossier reviendra devant l’honorable juge Maxime Laroche pour les représentations sur la peine. Le tribunal devra alors soupeser la répétition des gestes, les dommages causés, le degré de responsabilité de l’accusé et les risques auxquels les automobilistes ont été exposés avant de déterminer la sentence appropriée.

L’accusé pourrait faire face à une peine d’emprisonnement. Le tout sera toutefois soumis au tribunal lors des représentations sur la peine par les avocats au dossier.

Le Vingt55 continuera de suivre cette affaire jusqu’à son dénouement, alors que la décision du juge est attendue au cours des prochains mois.

En entrevue Vingt55, le procureur de la couronne au dossier, Me Marc-André Roy @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Éric Beaupré
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