Montréal
La compagnie aérienne avait déjà remis un préavis de 72 heures au syndicat, en réponse à un avis similaire de grève. Depuis, Air Canada et sa filiale Rouge ont réduit progressivement leurs horaires, passant d’environ 700 vols quotidiens, une mesure qui affecte lourdement les opérations. Selon la direction, près de 130 000 clients sont touchés chaque jour par les suspensions de vols.
Négociations en impasse
Malgré la sévérité du conflit, Air Canada affirme demeurer ouverte à poursuivre les négociations en vue du renouvellement de la convention collective. Toutefois, la décision de recourir au lock-out traduit une escalade significative dans les tensions qui opposent le transporteur à ses agents de bord.
Le SCFP, qui représente les agents de bord depuis des décennies, réclame notamment de meilleures conditions de travail, des ajustements salariaux liés au coût de la vie et des protections accrues en matière de sécurité au travail.
Consignes aux voyageurs
Air Canada conseille vivement aux voyageurs de ne pas se présenter à l’aéroport à moins d’avoir une confirmation de vol avec un autre transporteur. La compagnie s’engage à informer directement les clients dont le voyage est imminent quant aux annulations et aux solutions de rechange.
Une politique de « bonne volonté » a également été mise en place. Les passagers peuvent modifier sans frais leur réservation ou obtenir un crédit pour un voyage futur. Des informations détaillées sont disponibles sur le site officiel de la compagnie à l’adresse aircanada.com/action.
La Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) appelle le gouvernement fédéral à intervenir rapidement en recourant à l’arbitrage exécutoire afin de mettre un terme à l’arrêt de travail chez Air Canada. Cette grève, qui entraîne des annulations de vols massives, a des répercussions graves sur l’économie québécoise, particulièrement pendant la saison touristique estivale.
Véronique Proulx, présidente-directrice générale de la FCCQ, insiste sur le fait que ce conflit de travail nuit non seulement à l’image du Québec à l’international, mais qu’il s’ajoute à un contexte déjà fragile marqué par une instabilité économique et une crise tarifaire. Si ces tensions ne sont pas résolues rapidement, des partenaires commerciaux pourraient se détourner du Québec, recherchant des solutions plus stables ailleurs, ce qui risquerait de nuire à l’économie de la province.
Air Canada est un acteur clé dans le transport aérien, reliant plusieurs régions du Québec – telles que l’Abitibi-Témiscamingue, la Côte-Nord, les Îles-de-la-Madeleine, et le Saguenay-Lac-Saint-Jean – ainsi que les métropoles de Montréal et de Québec aux autres provinces canadiennes et aux destinations internationales. Bien que les services d’Air Canada Express restent en fonction, les perturbations impactent gravement les voyageurs d’affaires et les touristes, envoyant un mauvais signal dans un contexte où l’accès aérien aux régions du Québec est déjà fragilisé depuis plusieurs années.
Cette situation est d’autant plus préoccupante en pleine haute saison touristique, car elle affecte de nombreuses entreprises québécoises qui dépendent de l’afflux massif de touristes, notamment pour des événements comme les festivals et les compétitions sportives. Le gouvernement fédéral se voit ainsi interpellé pour trouver une solution rapide et éviter d’aggraver les conséquences économiques de cette crise.
Droits des voyageurs : rappels de l’OPC
Ce conflit met en lumière les droits des passagers en cas d’annulation ou de retard. L’Office de la protection du consommateur (OPC) du Québec rappelle que les voyageurs ayant réservé auprès d’une agence de voyages titulaire d’un permis québécois bénéficient de la protection du Fonds d’indemnisation des clients des agents de voyages (FICAV).
Ce fonds couvre notamment :
- le remboursement de services payés mais non fournis en raison d’une grève ou d’un défaut du fournisseur ;
- les frais additionnels engendrés, comme l’hébergement imprévu ou la perte d’une correspondance.
En revanche, cette protection ne s’applique pas aux billets achetés directement auprès d’Air Canada, d’Air Canada Rouge ou de plateformes non accréditées. Dans ces cas, le passager doit se tourner vers le transporteur pour obtenir un remboursement ou un vol de remplacement.
L’importance de réserver via des agences accréditées
L’OPC insiste sur la nécessité de traiter avec des agences de voyages reconnues. En cas de crise, de catastrophes naturelles, d’instabilité politique ou de conflits de travail comme celui en cours, le FICAV agit comme un filet de sécurité essentiel.
Une crise aux répercussions nationales
Avec 130 000 passagers affectés quotidiennement et des centaines de vols annulés, le lock-out des agents de bord d’Air Canada et d’Air Canada Rouge constitue l’un des plus importants conflits de travail dans l’histoire récente du transport aérien au Canada. Les effets se font sentir dans tous les grands aéroports du pays, ajoutant à la pression déjà présente sur le réseau aérien en haute saison estivale.







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