Drummondville
Tania Boulet, auteure drummondvilloise d’adoption présente son nouveau roman jeunesse Défier décembre @ Crédit photo et entrevue Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
Et si, cette année, la magie de Noël ne se trouvait pas sous le sapin, mais plutôt dans les mots, les rencontres et les petits gestes du quotidien? C’est la réflexion que propose Tania Boulet à travers Défier décembre, son nouveau roman publié aux Éditions Québec Amérique, dans la collection Titan jeunesse.
Le Vingt55 a rencontré l’auteure, établie à Drummondville, pour discuter de cette histoire qui prend une résonance particulière à l’approche des Fêtes. Physiothérapeute de profession et romancière jeunesse depuis plusieurs années, Tania Boulet signe un récit où les difficultés financières d’une famille deviennent le point de départ d’une démonstration d’amitié et de solidarité.
Au cœur du roman, quatre adolescents liés par une amitié de longue date découvrent qu’il est possible de vivre Noël autrement, sans multiplier les achats.
L’histoire débute à la fin novembre, lorsque Justine apprend que sa mère, Véronique, vient de perdre son emploi. Pour cette famille monoparentale, déjà confrontée à certaines difficultés financières, la nouvelle survient à quelques semaines des Fêtes.
Touchés par la situation de leur amie, Marion, Rémi et Estéban décident de renoncer eux aussi à leurs cadeaux de Noël. Ensemble, ils entreprennent de trouver des activités gratuites pour profiter pleinement du mois de décembre, entre traditions, décorations, musique et moments partagés.
Le récit aborde ainsi les inégalités sociales, la précarité financière et la force des petits gestes qui peuvent faire une réelle différence.
Une chanson et un souvenir d’anniversaire à l’origine du roman…
Intrigué par l’origine de cette histoire, le Vingt55 a demandé à Tania Boulet comment lui était venue l’idée de ce roman. Elle explique que l’idée d’écrire un roman de Noël lui trottait dans la tête depuis plusieurs années. Il lui manquait toutefois le point de départ.
C’est finalement une chanson évoquant le souhait de recevoir une simple note écrite à la main plutôt qu’un cadeau qui a déclenché son inspiration. « Quand j’ai eu 18 ans, pour mon souper de fête, j’avais demandé à mes invités de ne pas m’amener de cadeaux, mais plutôt une carte, une note écrite à la main », raconte-t-elle.
Ce souvenir a nourri sa réflexion sur la valeur des attentions personnelles.
Lorsque le Vingt55 lui demande ce qu’elle souhaite transmettre aux lecteurs, Tania Boulet revient sur l’atmosphère qu’elle a voulu créer.
« Ce que j’ai aimé dans ce livre-là, c’est l’atmosphère », explique-t-elle, précisant avoir elle-même ressenti la magie de Noël pendant l’écriture.
Si une petite histoire d’amour se développe au fil des pages, l’auteure insiste sur ce qui constitue, à ses yeux, le véritable moteur du récit. « On sent l’amitié beaucoup, il y a une petite histoire d’amour, mais le thème principal dans le livre, c’est vraiment l’amitié », souligne-t-elle.
Le Vingt55 amène également l’auteure à réfléchir au rythme parfois effréné des semaines précédant Noël.
Elle attire l’attention sur la mère de Marion, un personnage qui apprécie davantage l’attente et les préparatifs que la journée de Noël elle-même. Pour Tania Boulet, les lumières dans les rues, la musique, les traditions et la présence des proches donnent tout son charme à cette période.
« Il y a moyen, au mois de décembre, de ralentir un peu et de ne pas se laisser submerger par tout ce qui se passe », fait-elle valoir. Une réflexion qui rejoint directement le message de son roman : profiter des moments simples plutôt que de concentrer toutes les attentes sur les cadeaux du 25 décembre.
Tania Boulet raconte également une anecdote entourant la naissance du projet. L’idée précise de Défier décembre lui est venue un 30 novembre, alors qu’elle participait au Salon du livre de Montréal.
Au cours d’une conversation avec son éditrice, elle a spontanément évoqué la possibilité d’écrire un roman de Noël destiné aux adolescents. La proposition a immédiatement suscité de l’enthousiasme, notamment parce que les romans contemporains de Noël pour ce lectorat lui semblaient moins nombreux que ceux destinés aux adultes.
L’auteure a ensuite choisi d’écrire son histoire pendant le mois de décembre pour s’imprégner pleinement de l’ambiance qu’elle souhaitait transmettre. Elle affirme avoir rarement réussi à reproduire aussi fidèlement, dans un roman, l’atmosphère qu’elle avait imaginée au départ.
L’Été au ralenti, un autre roman qui invite à prendre son temps
Le Vingt55 s’est également intéressé à L’Été au ralenti, un autre roman de Tania Boulet paru en 2026.
L’histoire suit une adolescente habituée à un horaire chargé entre le volleyball, les activités parascolaires, le travail et les amis. Lorsque son père lui impose un séjour sur la Côte-Nord pour accompagner sa grand-mère après une opération, elle accueille difficilement cette décision.
Convaincue qu’elle passera plusieurs semaines dans un endroit où il ne se passe rien, elle découvrira pourtant les bienfaits d’un quotidien moins mouvementé.
Questionnée sur le rapprochement entre ses deux romans, Tania Boulet reconnaît que le thème du ralentissement les unit, même si elle n’avait pas nécessairement établi ce lien au moment de les écrire.
Un « Coup de cœur » découvert par hasard chez Renaud-Bray
L’auteure revient également sur la reconnaissance obtenue pour L’Été au ralenti, désigné « Coup de cœur » chez Renaud-Bray. Elle raconte avoir découvert cette mention par hasard, un matin, quelques minutes avant de commencer sa journée à la clinique de physiothérapie.
En consultant le site de Renaud-Bray pour vérifier la disponibilité de son roman à Drummondville, elle a aperçu la distinction.
La surprise a été immédiate, tout comme l’émotion. Elle se souvient avoir eu les larmes aux yeux et le cœur battant, au point d’avoir de la difficulté à retrouver sa concentration avant son premier rendez-vous. « C’est quelque chose que j’espérais qui arrive un jour, mais je ne m’y attendais franchement pas », confie-t-elle.
Une écriture douce et le plaisir de transmettre la lecture
Invitée à expliquer ce qui distingue son style, Tania Boulet estime que sa principale force réside dans ses personnages et ses dialogues.
Elle privilégie une écriture douce, où l’intensité se trouve davantage dans les émotions et les relations humaines que dans les événements spectaculaires.
Questionnée sur les moyens d’encourager les enfants à lire, elle recommande aux parents de laisser des livres accessibles dans la maison et, surtout, de lire eux-mêmes devant leurs enfants. « On apprend par imitation », rappelle-t-elle.
Bien qu’elle privilégie personnellement les livres papier, elle reconnaît les avantages de la lecture numérique, notamment pour les familles où plusieurs personnes sont de grandes lectrices. À ses yeux, peu importe le support choisi, tous les moyens sont bons pour encourager la lecture, s’évader et se divertir.
Malgré ses nombreuses publications, Tania Boulet continue de partager son quotidien entre la physiothérapie et l’écriture.
Interrogée sur ses ambitions, elle confie souhaiter éventuellement consacrer autant de temps à ses romans qu’à son travail en clinique. « Je rêve du jour où je vais pouvoir faire moitié-moitié », explique-t-elle.
À quelques semaines de Noël, Défier décembre propose finalement une réflexion qui dépasse agréablement les pages d’un roman jeunesse. À travers la solidarité de quatre adolescents, Tania Boulet rappelle que les souvenirs les plus précieux ne sont pas toujours ceux que l’on retrouve sous le sapin.
Une invitation à ralentir, à apprécier les traditions et à redonner toute leur importance aux mots, aux gestes et à la présence de ceux qui comptent.
Le Vingt55 vous invite à découvrir, à lire ou à offrir le roman Défier décembre, publié aux Éditions Québec Amérique, dans la collection Titan jeunesse. À l’approche des Fêtes, offrir un livre, c’est aussi offrir des mots, une histoire et un souvenir précieux. Que ce soit pour souligner un 18e anniversaire ou simplement pour faire plaisir, ce roman constitue une belle occasion de partager un moment de lecture qui saura rejoindre les jeunes comme les moins jeunes, tout en faisant vivre la magie de Noël à travers une histoire porteuse de sens.

Tania Boulet, auteure drummondvilloise d’adoption présente son nouveau roman jeunesse Défier décembre @ Crédit photo et entrevue Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.









