DRUMMONDVILLE
Le nouveau maire de Drummondville, qui avait pris lors de la dernière campagne municipale l’engagement de solliciter une rencontre avec le premier ministre afin de faire avancer le dossier de l’Hôpital Sainte-Croix, aura assurément une raison supplémentaire de le faire en début de mandat, notamment pour accélérer le dossier du nouvel hôpital régional de Drummondville.
Rappelons que des ambulances ont déjà dû être redirigées vers l’urgence de Trois-Rivières par le passé en raison de problématiques similaires, illustrant la vulnérabilité de l’Hôpital Sainte-Croix lorsque de tels incidents surviennent.
À la lumière de la situation, le maire de Drummondville, Jean-François Houle, a transmis un communiqué aux médias dans lequel il déclare Ce que nous vivons aujourd’hui à Drummondville n’est plus soutenable », rappelle le maire, Jean François Houle qui soulignait et rappelait déjà lors de la dernière campagne municipale que la Ville dispose d’un pouvoir d’influence, mais de très peu de leviers concrets dans un dossier relevant de juridiction provinciale.
Lorsqu’un hôpital doit couper l’eau, réduire les interventions au bloc opératoire et limiter l’accès à des analyses essentielles, nous ne parlons plus de réparations ponctuelles. Nous faisons face aux limites d’un bâtiment qui ne répond plus adéquatement aux besoins de l’ensemble de la population du Centre-du-Québec. Ce matin encore, des personnes ont vu leurs soins reportés ou réorganisés dans l’urgence. Des familles ont été plongées dans l’incertitude au moment même où elles devaient recevoir des services essentiels. Mes pensées les accompagnent dans ce qu’elles vivent, et cette réalité renforce notre détermination à agir collectivement. »
Poursuivant sa réflexion, le maire souligne l’enjeu crucial du recrutement médical « Il faut se poser la vraie question, quels spécialistes accepteront de pratiquer dans un hôpital fragilisé par la vétusté ? Comment attirer des équipes hautement qualifiées dans un établissement où des bris majeurs viennent perturber la continuité des soins ? Quelle image envoyons-nous à la relève médicale que nous cherchons à recruter ? Drummondville a un rôle régional à jouer, mais encore faut-il pouvoir offrir un environnement clinique stable, moderne et sécuritaire. »
L’urgence modulaire considérée comme indispensable
Pour le maire Houle, l’urgence modulaire proposée représente un outil essentiel pour assurer la continuité des services :
« Dans l’intervalle, l’urgence modulaire n’est pas un simple aménagement temporaire : elle est indispensable pour protéger la continuité et l’élargissement des soins, accroître la capacité d’accueil, offrir un environnement plus sécuritaire aux équipes et créer les conditions minimales pour entreprendre le recrutement de nouvelles personnes cliniciennes et spécialistes. Cette solution est essentielle tant que nous n’avons pas l’infrastructure régionale moderne que la population mérite. Nous ne demandons pas un privilège. Nous demandons l’équité. La population du Centre-du-Québec mérite les mêmes conditions de soins que dans les autres régions. Un nouvel hôpital régional n’est pas un luxe : c’est une nécessité stratégique. C’est pourquoi nous réitérons notre demande ferme que le projet soit officiellement mis à l’étude dès ce printemps, en collaboration étroite avec la Coalition pour un nouvel hôpital. »
Un projet de nouvel hôpital avancé… mais toujours bloqué au palier administratif
Interrogé par le Vingt55 sur l’état d’avancement du dossier, le député de Drummond–Bois-Francs, Sébastien Schneeberger, a confirmé que « tout le travail politique requis a été fait ». Les sommes nécessaires au développement des plans ont déjà été réservées, et les deux études préalables exigées par Québec ont été officiellement déposées le 7 octobre dernier.
Position du dossier, inscription au PQI et budgets réservés
Selon les explications fournies par le député en entrevue au Vingt55, le dossier du nouvel hôpital régional franchit progressivement les étapes, mais se heurte désormais à un verrou administratif. Les budgets pour la poursuite du développement des plans sont non seulement prévus, mais déjà sécurisés, témoignant d’une volonté politique clairement exprimée.
« Ce n’est plus une question d’argent, les sommes sont allouées », a réitéré M. Schneeberger, rappelant que la contribution politique et financière est complète. L’avancement du projet dépend maintenant d’une seule action : l’inscription formelle au Plan québécois des infrastructures (PQI).
Une étape décisive entre les mains de Santé Québec
Cette inscription repose sur la production du mémoire par Santé Québec, un document qui doit ensuite être acheminé au Conseil des ministres pour approbation. « Tout le travail politique est fait. On attend maintenant que Santé Québec dépose le mémoire. Dès que ce sera fait, le dossier pourra officiellement avancer », a résumé le député.
M. Schneeberger insiste sur le fait que toutes les étapes préalables ont été franchies : les études requises, déposées le 7 octobre, et la confirmation des budgets. « Actuellement, le dossier est entre les mains de Santé Québec, qui doit produire le mémoire destiné au Conseil des ministres. Ce n’est pas un enjeu budgétaire, les budgets sont réservés. C’est une étape purement administrative », a-t-il fait valoir.
Le député dit souhaiter une action rapide de Santé Québec afin que le projet passe enfin au palier décisionnel. « Je souhaite que Santé Québec dépose ce mémoire le plus rapidement possible. Nous sommes prêts à passer à l’étape suivante », a-t-il conclu.
De son côté, questionné par le Vingt55 au sujet des modulaires, le député de Drummond–Bois-Francs, Sébastien Schneeberger, a apporté des précisions.
Selon les précisions apportées, le déploiement des modulaires relève d’un volet complètement distinct du projet du nouvel hôpital. Il s’agit de mesures de transition, planifiées pour offrir une solution temporaire d’environ dix ans afin de maintenir l’accès aux soins dans un établissement dont plusieurs secteurs ne répondent plus aux besoins actuels.
Ces modulaires doivent notamment permettre d’héberger une urgence provisoire ainsi que des unités essentielles en attendant la réalisation du nouvel hôpital. Leur mise en place nécessite toutefois un financement propre, évalué à plusieurs dizaines de millions de dollars, et dépend d’une décision administrative du CIUSSS et de Santé Québec.
Les événements majeurs comme celui survenu ce matin pourraient peser dans la balance, mais la démarche demeure administrative, le député rappelle en entrevue au Ving55 que tout ce qui relevait du politique a été fait, et que l’avancement des modulaires, tout comme celui du projet permanent, repose maintenant entre les mains de Santé Québec, qui doit compléter les analyses et autorisations nécessaires.
Le maire Houle réitère que les besoins sont connus et pressants « La communauté est mobilisée. Les besoins sont documentés. Les impacts humains sont bien réels. Le moment est venu d’envoyer un signal clair, que la santé des citoyennes et citoyens du Centre-du-Québec compte autant que celle de toutes les autres régions du Québec. »
Le maire conclut en soulignant le travail du personnel du CIUSSS MCQ, malgré les conditions difficiles dans lesquelles ils doivent opérer « Je souhaite néanmoins souligner le travail remarquable du personnel administratif et des équipes de gestion du CIUSSS MCQ. Malgré les contraintes et la vétusté du bâtiment, ces équipes trouvent des solutions rapides, mobilisent les ressources nécessaires et assurent la meilleure continuité de services possible dans un contexte extrêmement difficile. Leur engagement mérite d’être reconnu. »







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