Centre Marcel-Dionne : 48,3 millions $ le conseil municipal tranche une décision qui fait réagir à Drummondville

Centre Marcel-Dionne : 48,3 millions $ le conseil municipal tranche une décision qui fait réagir à Drummondville
Centre Marcel-Dionne : 48,3 millions $ le conseil municipal tranche une décision qui fait réagir à Drummondville @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

Après plus d’une décennie de discussions, d’études et de scénarios, les élus ont adopté à majorité le règlement d’emprunt autorisant des travaux majeurs de modernisation du Centre Marcel-Dionne pour 48,3 millions de dollars. Un vote déterminant pour l’avenir de l’infrastructure sportive du centre-ville, mais aussi révélateur d’un conseil divisé et d’une population qui s’interroge sur la décision d’engager des fonds aussi coûteux et sur les retombées réelles du projet pour l’ensemble des citoyens de Drummondville, alors que le projet semble bénéficier à un groupe restreint de la population qui, au dire de certains, n’aurait pas été consultée adéquatement sur le projet adopté.

Si l’administration municipale présente le projet comme une mise à niveau essentielle pour assurer la pérennité de l’aréna du centre-ville, plusieurs élus ont exprimé des réserves quant à l’ampleur de l’investissement, à la participation financière des partenaires et à l’absence de consultation populaire formelle.

Un bâtiment vieillissant à remettre aux normes mais à quelle prix?

Dans son annonce officielle consacrée aux projets majeurs, la Ville soutient que la modernisation vise à prolonger la durée de vie de l’infrastructure, à corriger des déficiences liées à l’âge du bâtiment et à adapter les installations aux normes actuelles.

Parmi les éléments évoqués figurent la mise à niveau des gradins et des accès, l’amélioration des espaces intérieurs, l’adaptation aux exigences de sécurité, la modernisation de certaines installations techniques et le maintien de l’aréna au centre-ville.

L’administration avance que l’édifice constitue un pôle central pour les activités sportives et communautaires et qu’un report des travaux entraînerait une hausse des coûts à court terme.

De son côté, Marcel Dionne, a exprimé sa position sur le dossier et sujet en entrevue au Vingt55, tout en évoquant les enjeux du projet.

« C’est un enjeu de cœur, mais aussi financier et politique », affirmait M. Dionne en entrevue. « 50 millions, c’est un investissement important. Il faut regarder loin pour un tel projet; alors, il faut examiner la question dans son ensemble. Vous savez, l’édifice a 60 ans. Dans 40 ans, il sera centenaire. Il aura déjà eu besoin de beaucoup d’amour et un investissement aussi important, autant du gouvernement que de la Ville et de ses citoyens, nécessite une réflexion sérieuse. Rénover ou construire un nouvel aréna et un amphithéâtre, la réponse est simple : 50,8 millions aujourd’hui veulent sûrement dire près de 60 millions au terme du projet. Est-ce un investissement qui vaut le coup? Si l’option d’un nouvel aréna mieux situé est possible, poser la question, c’est y répondre », avait estimé le sportif drummondvillois et homme d’affaires.

« Ce sont les contribuables qui vont payer », déplore Mario Sévigny

Avant le vote, le conseiller Mario Sévigny a tenu à exprimer son désaccord. Il a rappelé que les premières estimations publiques évoquaient un projet d’environ 40 millions de dollars.

« On est rendu à 48 millions », a-t-il déclaré, soulignant que même si l’emprunt est amorti sur 40 ans, la facture sera assumée par les citoyens.

S’il reconnaît qu’un investissement minimal de 15 à 20 millions était nécessaire pour maintenir le centre fonctionnel, il estime que la portion additionnelle représente un engagement financier important.

Il a également mis en doute la participation des partenaires externes. Selon lui, une contribution plus substantielle du secteur privé ou de la ligue aurait justifié davantage l’investissement municipal.

« Dans un cas comme celui-là, on aurait dû aller en référendum », a-t-il soutenu, évoquant la possibilité d’une consultation formelle afin de mesurer l’adhésion de la population.

Il a aussi souhaité que l’étude portant sur l’impact économique des Voltigeurs de Drummondville sur le centre-ville soit rendue publique.

« Ce n’est pas un luxe », réplique la conseillère du Centre-ville, Catherine Lassonde

La conseillère Catherine Lassonde, qui siège au conseil depuis 12 ans, a défendu vigoureusement le projet. Elle a rappelé que la rénovation du Centre Marcel-Dionne est discutée depuis plus d’une décennie et que les installations ne répondent plus adéquatement aux normes actuelles.

« Les estrades, les escaliers, les bancs… ce n’est pas un luxe de rénover », a-t-elle affirmé. Elle insiste sur le fait que l’aréna ne sert pas uniquement aux Voltigeurs, mais à une multitude d’usagers. hockey mineur, patinage artistique, activités scolaires et événements communautaires. Selon elle, le centre constitue également un levier économique pour le centre-ville et une vitrine pour la ville à l’échelle provinciale. « Il n’y a aucun élément de Drummondville qui fait autant parler de la ville que les Voltigeurs, surtout lorsqu’ils sont en séries », a-t-elle souligné.

Plusieurs avis entendus au fil des dernières semaines laissent entendre que les arguments avancés en faveur de la modernisation demeurent tout aussi valables dans l’option d’un aréna neuf.

Selon ces points de vue, un nouveau complexe aurait même pu offrir un meilleur levier de développement pour Drummondville et répondre plus adéquatement aux besoins actuels et futurs.

De l’avis de certains employés du Centre Marcel-Dionne, rencontrés notamment dans les bureaux des Voltigeurs de Drummondville, la construction d’un nouvel aréna aurait constitué un choix judicieux et structurant pour l’organisation. « Un aréna neuf aurait probablement été une avenue favorable pour l’avenir de l’équipe et pour l’expérience des partisans », a confié l’un d’eux, tout en reconnaissant que la décision finale appartient aux élus municipaux.

Rationalisation et cadre financier

La conseillère Cathy Bernier a apporté des précisions sur le montage financier. L’administration aurait donc procédé à une rationalisation afin d’adapter le projet aux moyens financiers déjà planifiés. « Le montant inscrit au budget était déjà anticipé », a-t-elle précisé, ajoutant qu’il ne s’agissait pas d’un ajout imprévu. Elle a également insisté sur la dimension identitaire du projet, évoquant la fierté collective et la notoriété associées aux Voltigeurs.

La conseillère Marie-Josée Lemaire a adopté une posture plus réservée.

Elle a qualifié le projet de « beau », mais a indiqué qu’elle aurait souhaité connaître plus clairement la priorité accordée à cet investissement par la population.

Son intervention a mis en lumière un malaise partagé par certains élus, celui d’engager une somme importante sans consultation directe de la population.

Plusieurs estiment qu’un scrutin ou, à tout le moins, une démarche de consultation formelle, notamment par voie référendaire, aurait permis de mieux cerner la position des citoyens et de renforcer l’acceptabilité sociale d’un projet d’une telle envergure, qui sera ultimement assumé par les contribuables.

Avec les documents municipaux en main et à la lumière de l’étude présentée par la Ville, des citoyens rencontrés aux abords du Centre Marcel-Dionne s’interrogent sur la portée réelle du projet de rénovation évalué à près de 50 millions de dollars.

Un 10 % coûteux pour la population drummondvilloise après répartition des dépenses.

Selon les informations rendues publiques par les élus favorables au projet et par le maire de Drummondville, les Voltigeurs profiterons d’environ 10 % du de l’aréna rénové.

Le projet comporte l’agrandissement de la patinoire afin de respecter les dimensions requises par la L’HJMQ, ainsi que le remplacement des bandes et des baies vitrées par des systèmes flexibles pour améliorer la sécurité. De plus, il inclut plusieurs autres mesures visant à mettre les installations aux normes selon les critères de la Ligue de hockey junior majeur du Québec.

La rénovation comprend également la modernisation du vestiaire des Voltigeurs, un espace non accessible au public., la mise à niveau des bureaux administratifs de l’organisation, l’amélioration de la passerelle réservée aux médias, l’aménagement d’un gymnase ainsi qu’une cafétéria destinée à l’équipe et de plusieurs autres locaux selon le document rendu public par la ville de Drummondville.

Les budgets annoncés proviennent d’enveloppes déjà confirmées par le gouvernement du Québec et ne constitueraient pas de nouveaux investissements. Ces sommes avaient d’ailleurs été évoquées publiquement par le député provincial Sébastien Schneeberger.

Rencontré sur place, Marc Laurendeau, venu accompagner le fils de sa conjointe, dit partager la fierté de nombreux citoyens à l’égard de l’aréna. Il demeure toutefois critique quant à l’orientation des travaux.

« Nous sommes fiers de notre aréna, mais on parle ici d’un investissement coûteux principalement pour répondre aux normes de la Ligue de hockey junior majeur du Québec. Quand on voit tout ce qui est réservé aux Voltigeurs, les loges, les bureaux, le gymnase, la cafétéria, on peut se demander quelle part revient réellement aux citoyens », soutient-il.

Selon lui, la proportion de 10 % du temps d’utilisation consacré à l’équipe junior majeure contraste avec l’ampleur des investissements consentis pour adapter les infrastructures à ses besoins spécifiques.

Comparaison avec Trois-Rivières et position de Marcel Dionne lui-même. 

M Laurendeau évoque également l’exemple de Trois-Rivières, où un aréna neuf aurait été construit pour environ 60 millions de dollars, comprenant deux glaces conformes aux standards de la ligue. À ses yeux, la comparaison alimente le débat sur la pertinence d’une rénovation majeure plutôt que d’une construction entièrement nouvelle.

Il estime que l’empressement de la Ville à satisfaire aux exigences de la ligue pourrait ultimement se traduire par une facture importante pour les contribuables.

Des réserves similaires avaient d’ailleurs été exprimées en entrevue au Vingt55 par Marcel Dionne, qui plaidait pour une réflexion plus large sur l’avenir des infrastructures sportives à Drummondville.

Le maire défend l’équilibre financier et le projet évoqué lors de sa campagne à la mairie de Drummondville

Le maire de Drummondville a reconnu en entrevue au Vingt55 que l’ampleur de l’investissement. près de 50 millions de dollars, soulève inévitablement des questions.

« C’est normal que les citoyens se questionnent », a-t-il affirmé. Il a rappelé que la rénovation du Centre Marcel-Dionne figurait parmi les enjeux abordés lors de la dernière campagne électorale municipale et que les candidats favorables au projet avaient obtenu une majorité d’appuis.

Sur le plan financier, il a précisé que le service de la dette représente environ 17 % du budget annuel de la Ville et que le projet s’inscrit dans ce cadre sans le dépasser de façon significative.

Il a également mentionné certaines contributions prévues : près de 800 000 $ provenant d’un programme spécifique pour l’installation de bandes flexibles, environ 1 million de dollars des Voltigeurs et une participation privée anticipée d’environ 2 millions de dollars.

Le maire a soutenu que retarder le projet pour tenter d’obtenir un financement gouvernemental incertain risquerait d’augmenter les coûts.

Au-delà des considérations techniques et financières, le débat a également pris une tournure politique lorsque le maire de Drummondville a évoqué le contexte de la dernière campagne électorale municipale.

Reconnaissant que « près de 50 millions de dollars » constituent un investissement majeur, il a affirmé qu’il est normal que les citoyens s’interrogent. Toutefois, il a rappelé que la modernisation du Centre Marcel-Dionne figurait parmi les enjeux abordés durant la campagne.

Le maire a soutenu avoir clairement exprimé son appui au projet de rénovation à ce moment. Il a également souligné que son principal adversaire à la mairie partageait cette position. Selon lui, si l’on additionne les suffrages obtenus par les deux candidats favorables au projet, cela représenterait plus de 50 % des votes exprimés, ce qui, à ses yeux, constitue une forme d’appui démocratique à la modernisation du centre.

Cette lecture électorale n’a toutefois pas fait l’objet d’un consensus explicite au sein du conseil, certains élus estimant que l’ampleur de la somme justifiait une consultation spécifique.

Un calcul simple et rapide des résultats peut effectivement mener à une interprétation différente.

Le maire a évoqué un appui majoritaire en additionnant les voix obtenues par lui-même et par son principal adversaire, tous deux favorables à la rénovation. Or, cette lecture repose sur une extrapolation politique du scrutin municipal, lequel portait sur un ensemble d’enjeux et non exclusivement sur le projet du Centre Marcel-Dionne.

Questionné spécifiquement sur la participation au vote de la conseillère du district 4, Isabelle Duchesne, que certains estiment en situation d’apparence de conflit d’intérêts en raison du rôle de son conjoint, Éric Verrier, président du conseil d’administration des Voltigeurs de Drummondville depuis 2004, le maire de Drummondville, Jean-François Houle, a été catégorique.

« Il n’y a aucun intérêt pécuniaire. Aucun. Je ne vois pas de conflit d’intérêts », a-t-il affirmé, rappelant que la fonction occupée est bénévole et qu’aucun avantage financier, direct ou indirect, n’est en cause. Selon lui, dans ces circonstances, aucune disposition du code d’éthique municipal n’obligeait l’élue à se retirer du vote.

Le maire a rejeté toute possibilité de référendum ou de consultation publique.

Interrogé par le Vingt55 sur la décision de ne pas tenir de référendum ni de consultation publique supplémentaire concernant le projet du Centre Marcel-Dionne, le maire de Drummondville, Jean-François Houle, a longuement répondu aux questions entourant l’acceptabilité sociale du projet.

« Ce n’est pas une décision prise à la hâte » Il explique sa position en rappelant qu’une première demande d’aide financière avait été déposée en 2019 dans le cadre d’un programme fédéral, puis une autre en 2023. « Je ne trouve pas que c’est une décision rapide. Le projet est sur la table depuis des lustres », insiste-t-il, ajoutant que l’administration actuelle agit dans la continuité des démarches entreprises antérieurement par l’administration précédente.

« Est-ce la priorité? » questionne un citoyen présent lors du conseil municipal

D’entrée de jeu, M. Dansereau a mis en doute le choix budgétaire de la Ville. À ses yeux, des enjeux comme le logement abordable, l’état des infrastructures routières ou encore certaines priorités sociales auraient mérité de passer avant un investissement d’une telle ampleur. Avec une telle dépense et le peu d’actions sociales dans certains secteurs et pour les commerçants, vous risquez d’avoir le vent de face devant un tel projet, a-t-il mentionné, questionnant les faibles retombées pour les commerces du centre-ville.

Il a également attiré l’attention sur la durée du règlement d’emprunt, fixée à 40 ans, soit la période maximale permise par la loi. Selon lui, en tenant compte des intérêts, la facture totale pourrait dépasser les 100 M$. Il a aussi soulevé la possibilité d’un partenariat accru avec le secteur privé, estimant que cette avenue n’aurait peut-être pas été explorée à fond.

Une étude aux retombées économiques

En réponse, le maire Houle a confirmé qu’une demande d’accès à l’information avait été formulée et que la grille d’évaluation de l’étude produite par la firme Raymond Chabot pourra être rendue publique.

Il a précisé que l’analyse ne se limite pas au seul Centre Marcel-Dionne. Elle inclut également un scénario lié à une éventuelle salle de spectacle ainsi qu’un sondage réalisé par Drummond économique auprès de commerçants du centre-ville.

Selon les données évoquées en séance, environ 800 000 entrées annuelles seraient enregistrées pour les activités tenues au centre. De ce nombre, entre 23 % et 24 % des visiteurs effectueraient des dépenses au centre-ville, notamment dans les restaurants et établissements de restauration.

« Il y a un impact véritable », a soutenu le maire, évoquant des retombées économiques concrètes pour les commerces environnants.

Stationnement, une trentaine de cases en moins, un choix et une décision qui inquiètent citoyens et commerçants du centre-ville

Le citoyen a aussi questionné la perte prévue d’environ une trentaine d’espaces de stationnement, principalement du côté de la rue Dorion, en raison de l’agrandissement projeté.

Le maire a confirmé cette réduction, tout en rappelant qu’une réflexion plus large est en cours sur la mobilité urbaine. Il a souligné que plus de 60 % de la superficie du centre-ville est actuellement minéralisée, en grande partie pour le stationnement.

Selon lui, la Ville devra progressivement réduire sa dépendance à l’auto solo et améliorer l’offre de transport collectif. « Le Drummondville d’il y a dix ans n’existera plus. Il va falloir envisager d’autres façons de se déplacer », a-t-il affirmé.

À l’argument voulant que les citoyens ne prendront pas l’autobus pour aller au restaurant ou assister à un match des Voltigeurs, le maire a répondu qu’un changement d’habitudes est possible à moyen terme, évoquant son propre choix, lorsqu’il travaillait au centre-ville, de se déplacer à pied ou en transport collectif.

« Il y en a des deux côtés », dit-il. Certains établissements affirment bénéficier de l’achalandage généré par les matchs et les événements, tandis que d’autres soutiennent ne pas constater d’impact significatif, même lors d’événements majeurs. Selon lui, la réalité varie selon le type de commerce et son emplacement. « Il faut parler à tout le monde », résume-t-il.

« C’est clair qu’on va couper des stationnements », reconnaît le maire en entrevue.

Il soutient toutefois que l’évolution d’une ville implique des ajustements. « Une ville change », affirme-t-il, évoquant l’amélioration progressive du transport collectif au cours des prochaines années.

Le maire mentionne aussi la possibilité de développer des solutions complémentaires, comme des systèmes de transport partagé ou des initiatives inspirées de l’autopartage, afin de réduire la pression sur le stationnement lors des événements d’envergure.

Selon lui, la construction d’une nouvelle infrastructure en périphérie nécessiterait la création de milliers d’espaces de stationnement supplémentaires, un modèle qu’il juge moins cohérent avec les orientations de mobilité durable.

Un vote majoritaire, un débat et un conseil divisé

Au terme des échanges, le règlement d’emprunt de 48,3 millions de dollars a été adopté à majorité. Trois conseillers ont voté contre. Deux élus étaient absents au moment du vote.

Le débat aura mis en lumière une tension classique en matière d’investissement public : d’un côté, la nécessité d’agir pour préserver une infrastructure jugée stratégique; de l’autre, l’appel à la prudence budgétaire et à une consultation plus directe des citoyens.

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Éric Beaupré
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