DRUMMONDVILLE
L’annonce de l’ambitieux projet de rénovation soulève des réserves exprimées par le milieu des affaires @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
« On va de l’avant », a-t-elle lancé. Drummondville aura son aréna modernisé, a confirmé la mairesse, donnant ainsi le coup d’envoi aux travaux de réfection du Centre Marcel Dionne.
Ce vaste chantier vise à adapter l’infrastructure aux normes actuelles tout en améliorant l’expérience des usagers, notamment celle des jeunes joueurs et de l’équipe de la LHJMQ, les Voltigeurs de Drummondville. Le projet prévoit un agrandissement du bâtiment du côté est, vers la rue Dorion, ainsi qu’une mise à niveau complète des composantes structurales, mécaniques et électriques.
Parmi les principales interventions annoncées figurent le remplacement du revêtement extérieur et de la toiture, la rénovation et l’agrandissement des vestiaires et des salles de bain, ainsi que l’aménagement d’un corridor central destiné à faciliter les déplacements des joueurs. La capacité d’accueil passera d’environ 3 000 à 3 700 places, grâce à l’ajout de sièges et au remplacement des bancs existants.
Les deux entrées principales donnant sur la rue Corriveau seront entièrement réaménagées afin d’y aménager un hall d’entrée central avec billetterie. Un nouveau restaurant sera également intégré à la nouvelle section du bâtiment. Le projet comprend en outre l’ajout de loges, la rénovation de celles déjà en place, la création de sections « prestiges » dans la partie supérieure des gradins, ainsi que la mise à niveau complète de la galerie de presse.
Interrogée sur les coûts prévus, la mairesse est demeurée prudente. « Nous n’allons pas donner de montant pour le moment », a-t-elle déclaré, réitérant la volonté de la Ville de préserver une saine concurrence lors des appels d’offres.
Rappelons que le projet, initialement estimé à 34 millions de dollars en 2022, a été réévalué à 51 millions en 2023. Aucune estimation officielle n’a toutefois été confirmée pour 2025. Une somme de 394 000 $ a déjà été accordée à la firme Proulx Savard architectes, dont les bureaux sont situés à Rimouski, pour la mise à jour des plans et devis. Ce mandat a été approuvé lors de la séance du conseil municipal tenue le 7 juillet dernier. Il s’agit d’une étape essentielle pour adapter le projet aux nouvelles orientations annoncées par la Ville.
Un projet relancé avec une vision renouvelée affirme la mairesse de Drummondville
Initialement présenté en 2022 dans le cadre d’une demande d’aide financière aux gouvernements provincial et fédéral, le projet n’avait pas été retenu. Malgré ce revers, la Ville relance aujourd’hui le dossier avec détermination. « C’est un projet structurant pour Drummondville. On veut aller de l’avant et on est prêts à l’assumer », a insisté Mme Lacoste.
Présent à Drummondville pour souligner l’avancement du projet, Mario Cecchini, commissaire de la LHJMQ, a tenu à saluer la détermination de la Ville et de sa mairesse
« C’est un projet qui a été longuement attendu. Il y a eu plusieurs moutures, plusieurs versions. Finalement, la mairesse a décidé de prendre le taureau par les cornes a mentionné le commissaire de la LHJMQ en entrevue au Vingt55 Elle a dit : « On a de l’argent disponible, on n’attendra pas après tout le monde pour le projet parfait », a affirmé la mairesse, parce qu’on sait qu’il n’arrive jamais. Alors, on fonce. Et pour moi, ça prend une certaine dose de courage politique. » d’affirmer M Cecchini,
Selon lui, les besoins en infrastructures sont criants partout au Québec « Ce n’est pas qu’on croit toujours être les premiers servis, mais c’est trop facile de nous reléguer à la fin de la file. La preuve : il y a au moins 67 arénas au Québec où des situations similaires existent. »
Le commissaire souligne aussi une évolution importante des règles de financement : « Le fédéral a changé son approche. Avant, les équipes juniors majeures comme la nôtre étaient considérées comme « professionnelles », ce qui empêchait les villes d’investir dans leurs arénas. Cette règle a changé, et ça ouvre la porte à de beaux projets. » Il conclut : « Les infrastructures sportives doivent faire partie d’un plan équilibré. Bien sûr qu’on a besoin d’hôpitaux, d’écoles, de piscines. Mais il faut aussi penser aux arénas. »
La LHJMQ n’envisage pas de participer au financement les infrastructures sportives : le commissaire répond aux interrogations
Interrogé par le Vingt55 quant à une possible participation de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) dans le financement d’infrastructures sportives, le commissaire de la ligue a tenu à préciser la position de l’organisation.
« Ce sont des installations qui appartiennent aux municipalités. La LHJMQ n’a donc pas à intervenir dans leur financement », a déclaré Mario Cecchini, ajoutant que la mission de la ligue ne prévoit pas ce type d’investissement.
Bien que les clubs de la LHJMQ génèrent des retombées économiques importantes et contribuent à l’animation des villes qui les accueillent, le commissaire rappelle que les équipes sont avant tout locataires des arénas.
« Nous ne sommes pas propriétaires. Il serait donc inconcevable, dans ce contexte, de participer au financement des rénovations d’infrastructures, aussi essentielles soient-elles », a-t-il fait valoir.
Éric Verrier, président des Voltigeurs : « Enfin, il était temps ! »
De son côté, Éric Verrier, président des Voltigeurs de Drummondville, a exprimé en entrevue au Vingt55 sa fierté de voir le projet se concrétiser : « Aujourd’hui, ce que les gens recherchent, ce n’est pas seulement un match, c’est une expérience. L’ajout de loges et de places VIP va considérablement améliorer le confort des spectateurs, mais aussi celui des joueurs. Ce sont des athlètes d’élite, il faut les accueillir en conséquence, avec des vestiaires et des salons dignes de ce nom. »
Les travaux entraîneront certains ajustements, notamment un début de saison retardé pour les deux prochaines années. Mais selon M. Verrier, il s’agit d’un passage obligé. Il a tenu à souligner l’importance du leadership municipal : « Le fait que la Ville ait décidé d’aller de l’avant sans attendre les autres paliers de gouvernement, c’est un geste fort. Depuis 2007 qu’on parle de modernisation, et aujourd’hui, on y arrive enfin. » a-t-il ajouté lors de l’entrevue au Vingt55.
Des réserves déjà évoquées par le milieu des affaires et les commerçants du centre-ville et Monsieur Marcel Dionne lui-même.
Présent pour assister à l’annonce officielle, M. Roger Dubois, propriétaire de Canimex et fidèle soutien du Club des Voltigeurs, a exprimé sa surprise devant l’ampleur du projet dévoilé par la Ville.
Questionné par le Vingt55 sur ses impressions, M. Dubois a rappelé qu’il avait déjà, en 2023, exprimé une préférence pour un projet de construction neuve, qu’il aurait été plus enclin à soutenir. « Je suis surpris, c’est plus que ce que je pensais. C’est un projet avec 3 700 sièges, les bandes, les loges, la galerie de presse, les chambres… Je ne sais pas si le budget sera suffisant », a-t-il questionné.
« J’ai fait des travaux en 2019, et on a été surpris de voir combien ça coûte de défaire et refaire. Les surprises, il y en a toujours. » M. Dubois a également émis des réserves quant au choix de moderniser l’infrastructure existante plutôt que d’opter pour un nouvel emplacement « Moi, j’étais pour un projet neuf. Ça fait longtemps qu’on en parle », a-t-il estimé, en évoquant aussi les coûts importants d’un projet de rénovation. « Et ce n’est pas l’endroit idéal. Il n’y a pas de stationnement, ça demeure un enjeu important. » selon l’homme d’affaires de Drummondville.
Un constat partagé par plusieurs commerçants du centre-ville, également rencontrés par le Vingt55 depuis l’annonce du projet de rénovation, qui soulignent des préoccupations similaires concernant la capacité d’accueil, l’accessibilité et les infrastructures périphériques.
« Nous n’avons pas plus de clients, ou très peu », ont évoqué des commerçants rencontrés par le Vingt55. « Ça reste des promesses et des engagements qui sont bien loin et coûteux. Quelle sera la place réellement réservée aux commerçants ? Y aura-t-il une entente possible pour partager ou attirer davantage de clientèle ? » Rien n’a été fait ou discuté en ce sens pour le moment, ajoutent-ils, déplorant que, lors des soirs de match, les places de stationnement soient essentiellement occupées par les spectateurs du Centre Marcel-Dionne. Une situation qui mobilise une grande partie des stationnements au centre-ville et qui, parfois, oblige leur clientèle à rebrousser chemin.
Contacté par le Vingt55, Marcel Dionne a accepté de commenter l’annonce en entrevue téléphonique. « Moi, j’en ai vu des projets dans ma vie. Quand tu veux rénover une vieille infrastructure, c’est rarement rentable. C’est souvent des millions en trop pour peu de gains. »
« On parle d’un projet pour les 50 ou 60 prochaines années. Un aréna flambant neuf, à la hauteur de ce que mérite Drummondville, aurait été plus logique. » d’affirmer M Marcel Dionne en entrevue téléphonique au Vingt55
« On parle d’un investissement et projet de rénovation qui pourrait coûter entre 60 et 80 millions aujourd’hui peut-être et surement plus, mais on n’a même pas donné de montant aujourd’hui. Pas de partenaires annoncés non plus. C’est un peu flou. » de l’avis du joueur de hockey Drummondvillois..
« À Niagara, où je vis maintenant, ils ont investi dans des infrastructures modernes. Oui, ça coûte cher, et les dépassements de coûts sont inévitables, mais quand c’est du neuf, on sait ce qu’on fait. Dans un vieux bâtiment, c’est autre chose. Là, on part sur un projet sans vision claire, de l’avis de M Dionne, en espérant que tout se place. C’est une réalité qui pourrait coûter cher. Mon expérience dans le monde de l’aréna et avec des projets similaires me laisse croire que l’aventure risque d’être coûteuse. »
« Drummondville a beaucoup changé. Ce qu’il faut maintenant, c’est de la densité, de l’accessibilité. Du résidentiel, des espaces communautaires au centre-Ville. Quand tu construis du neuf, tu as une marge de manœuvre. Là, on est limités par le terrain, par le stationnement, par tout, pour l’aréna actuel »
« C’est une dépense majeure, et Drummondville mérite mieux. Je pense que c’est une occasion manquée de faire quelque chose de vraiment à la hauteur des ambitions de la ville. » d’affirmer M Dionne
« De Montréal à Québec, les gens s’arrêtent à Drummondville. Les Tigres de Victoriaville ont de belles installations, mais Drummondville est très bien située, juste en bordure de l’autoroute. C’est là que les gens font une pause sur l’autoroute 20, sa position est excellente. À Trois-Rivières, un projet de 60 millions a vu le jour, et là aussi, la localisation de l’aréna en lien direct avec l’autoroute a été un choix visionnaire. »
« J’aime passer à Drummondville, cependant le centre-ville n’est plus ce qu’il était, et le projet de rénovation de l’aréna ne changera rien à cela. Le projet de rénovation annoncé n’en est pas moins intéressant, du moins sur le plan politique. »
« Je peux me tromper. J’ai mon vécu, j’ai été élu et élevé au Temple de la renommée du hockey, pas à celui des chantiers. » a-t-il ajouté avec une pointe d’ironie « Mais le hockey et les arénas, je connais ça, et je pense qu’une réflexion et une vision auraient dû s’imposer pour un projet d’une telle envergure. »
« Je souhaite bonne chance à tout le monde. Ce sont les citoyens et les élus qui devront vivre avec ce projet. C’est à eux de juger si l’on prend la bonne direction, tout comme les jeunes joueurs et la future relève du hockey à Drummondville. »
Lors de l’annonce officielle tenue lundi, la mairesse de Drummondville, Stéphanie Lacoste, a confirmé que les travaux de modernisation du Centre Marcel-Dionne débuteront en 2026, soit après la fin de son actuel mandat, pour s’échelonner jusqu’en 2028, selon les estimations actuelles.

L’annonce de l’ambitieux projet de rénovation soulève des réserves exprimées par le milieu des affaires @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

























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