DRUMMONDVILLE
Au cœur de la controverse : la limitation des hausses de financement entre 4 % et 5 % pour les volets développement et bonification, ainsi que le gel de l’enveloppe de maintien au niveau de 2025, et ce, malgré l’augmentation inévitable des coûts d’exploitation. À cela s’ajoute l’application rétroactive des nouvelles règles à l’année 2025, une mesure que la Table des MRC juge inacceptable.
« En réduisant le financement et en l’appliquant rétroactivement sur l’année 2025, les organismes de transport collectif se retrouvent déficitaires alors qu’ils avaient établi leurs budgets et engagé des dépenses en 2025 en toute bonne foi, sur la base des engagements financiers confirmés par le gouvernement. C’est inacceptable et cela ne fait aucun sens. Le gouvernement place les MRC devant une incertitude financière majeure et inutile », affirme Nathacha Tessier, présidente de la Table des MRC Centre-du-Québec
Une incohérence dénoncée sur le plan territorial
La Table des MRC souligne que cette décision entre en contradiction directe avec les Orientations gouvernementales en aménagement du territoire (OGAT), qui exigent des MRC qu’elles intensifient leurs efforts en matière de mobilité durable et de transport collectif. Selon l’organisation, les nouvelles normes non seulement fragilisent les opérations de 2025, mais bloquent également tout développement pour 2026 et les années suivantes.
« Ce qui est le plus frustrant dans cette situation, c’est que nous avons été avisés que le financement sera diminué, mais n’avons aucune idée de la hauteur auxquelles s’élèveront les coupures. Les MRC sont complètement dans le néant. Comment voulez-vous qu’on fonctionne si nous ne sommes même pas en mesure d’estimer notre budget en transport collectif ? C’est complètement aberrant, tout simplement », ajoute Mme Tessier
Appui formel à la résolution de la MRC d’Arthabaska
Dans ce contexte, la Table des MRC Centre-du-Québec appuie officiellement la résolution adoptée par le conseil de la MRC d’Arthabaska, le 10 décembre 2025, qui dénonce les modifications apportées au PADTC et leurs impacts majeurs sur le financement du transport collectif régional
Dans cette résolution, la MRC d’Arthabaska souligne que le PADTC constitue la principale source de financement du transport collectif régulier sur son territoire et que les nouvelles règles forcent une révision importante des prévisions budgétaires, limitant fortement le développement de l’offre de service. Le conseil y dénonce notamment le gel de l’enveloppe de maintien et l’impossibilité de déposer des projets dans certains volets du programme, alors que les coûts de fonctionnement continuent d’augmenter
La MRC rappelle également que ces coupures surviennent alors qu’elle amorce la première année d’opération de son nouveau service de transport collectif et adapté, issu de la fusion de Rouli-bus et Municar, un projet structurant réalisé après plusieurs années d’efforts et de concertation. Selon le conseil, les nouvelles normes mettent directement en péril ce travail de réorganisation et de mise à niveau de l’offre de transport en commun dans la région
Un appel au gouvernement
Par sa résolution, la MRC d’Arthabaska demande au gouvernement du Québec de revoir sa position et de prendre les mesures nécessaires pour soutenir le développement du transport collectif, en tenant compte des réalités locales et des besoins spécifiques des communautés régionales. Une copie de la résolution a d’ailleurs été transmise au ministre des Transports et de la Mobilité durable, au premier ministre du Québec ainsi qu’aux députés concernés
De son côté, la Table des MRC Centre-du-Québec demande au gouvernement d’honorer ses engagements financiers pour l’année 2025 et de démontrer concrètement que la mobilité durable demeure une priorité, y compris pour les régions, alors que les MRC se retrouvent aujourd’hui devant une incertitude budgétaire jugée intenable







