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Créations Morin : l’employeur décrète un lock-out devant les employés syndiqués en grève

Créations Morin : l’employeur décrète un lock-out devant les employés syndiqués en grève
Créations Morin, l’employeur la présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs des Créations Morin (CSN), Lucie Talbot, a précisé en entrevue au Vingt55un lock-out devant les employés syndiqués en grève @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

Le conflit de travail chez Créations Morin franchit une nouvelle étape. Après l’adoption à l’unanimité d’un mandat de grève le 16 février, les travailleuses et travailleurs ont officiellement déclenché le mouvement mardi matin. Quelques heures plus tard, l’employeur a décrété un lock-out, empêchant les employés de regagner leur poste.

La présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs des Créations Morin (CSN), Lucie Talbot en entrevue au Vingt55 @ Crédit photo  Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Sur les lignes de piquetage aujourd’hui, jeudi 19 février, la présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs des Créations Morin (CSN), Lucie Talbot, a précisé en entrevue au Vingt55 que l’enjeu central demeure salarial « Nos demandes, c’est plus d’un dollar d’augmentation avec rattrapage salarial. Pour les années à venir aussi, on veut plus que ce qui nous est offert. En ce moment, le salaire tourne autour de 20 $ de l’heure selon les types d’emploi. Avec le coût de la vie, le panier d’épicerie, les loyers… ce n’est pas suffisant », affirme-t-elle.

Créations Morin, l’employeur la présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs des Créations Morin (CSN), Lucie Talbot, a précisé en entrevue au Vingt55un lock-out devant les employés syndiqués en grève @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Rétention et relève au cœur des préoccupations

Selon la représentante syndicale, la question dépasse la simple hausse salariale. Elle touche aussi la rétention du personnel et la capacité de l’entreprise à recruter une relève.

« J’aimerais mieux avoir du monde qui reste longtemps que du monde qui essaie la job deux mois et qui partent. Il y a beaucoup de roulement. Les employés plus anciens se retrouvent à compenser. Il faut que l’employeur offre de bonnes conditions pour garder son monde », soutient Mme Talbot, employée depuis 25 ans au sein de l’entreprise.

Elle souligne que certains travailleurs cumulent 20, 30, voire 40 ans d’ancienneté, tout en demeurant près du salaire moyen évoqué.

L’unité syndicale regroupe environ une vingtaine d’employés.

Une hypothèse de règlement… puis le lock-out

Selon les informations recueillies sur place, les comités de négociation ont poursuivi les discussions mardi. Une hypothèse de règlement a été déposée tard en soirée par la partie patronale afin d’être soumise en assemblée générale.

Le syndicat indique qu’il était disposé à lever temporairement la grève dans l’intervalle. L’employeur aurait toutefois choisi de décréter un lock-out mercredi matin, interdisant l’accès à l’usine.

Le contenu de la proposition patronale demeure confidentiel jusqu’au vote des membres.

Un conflit inédit dans l’histoire du syndicat

Plus tôt cette semaine, le président du Conseil central du Cœur du Québec – CSN, Pascal Bastarache, rappelait qu’il s’agit d’une première dans l’histoire de cette unité syndicale.

« C’est la première fois depuis sa création que ce syndicat se dote d’un mandat de grève. C’est du jamais vu chez Créations Morin. »

De son côté, le vice-président de la Fédération du commerce, Serge Monette, avait souligné les défis du secteur textile, tout en estimant que les conditions salariales actuelles compliquent l’attraction et la rétention de la main-d’œuvre.

Au moment d’écrire ces lignes, l’assemblée générale des membres devait se tenir jeudi matin afin de se prononcer sur l’hypothèse de règlement. L’issue du vote déterminera la suite du conflit.

Créations Morin, l’employeur la présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs des Créations Morin (CSN), Lucie Talbot, a précisé en entrevue au Vingt55un lock-out devant les employés syndiqués en grève @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Éric Beaupré
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