Des cendriers installés aux abords d’écoles à Drummondville – Une ”solution” qui interpelle des parents.

Des cendriers installés aux abords d’écoles à Drummondville – Une ”solution” qui interpelle des parents.
© Photo Éric Beaupré / Vingt55. Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

C’est un fait, les jeunes fument, la cigarette ou la vapoteuse, malgré l’interdiction chez les jeunes en bas de 18 ans, ceux-ci trouvent quotidiennement cigarettes et produits du tabac. Une situation plutôt frappante : des cendriers mis à la disposition des jeunes fumeurs de moins de 18 ans aux abords des écoles secondaires.

Aveuglement volontaire ou situation incontrôlable ?

Plusieurs parents découragés de la situation ont tenté à plusieurs reprises, selon leurs dires, de dénoncer la situation autant auprès des écoles, professeurs ou différents médias, sans résultats. ‘’Y a-t-il une loi du silence, un aveuglement volontaire ou un manque de volonté de la part des enseignants et membres de la direction des écoles à faire respecter les lois ?  Voilà ce qu’ont exprimé les parents à court de solutions lors de quelques échanges sur la question.

Deux situations citées en exemple qui soulèvent des interrogations, des parents souhaitent des solutions responsables

Mon enfant va à l’école Pie-X explique un parent, Il doit tous les matins attendre une vingtaine de minutes à l’arrêt d’autobus de l’école Jean-Raimbault avec des amis de son âge 8, 9 et 10 ans. Les attroupements de jeunes de moins de 18 ans fument et vapotent à quelques mètres d’eux, ou passent dans l’aire d’attente, clop au bec et vapotant avec l’attitude dépassée du James Dean, cool de l’école. Est-ce là l’exemple ou modèle d’étudiants ou milieu scolaire que nous souhaitons pour eux ?

Ils savent eux-mêmes à 10 ans qu’ils ne doivent pas fumer avant 18 ans, mais constatent l’aveuglement des adultes et surveillants peu enclins à faire respecter la loi et les règlements. Sans ne blâmer que les professeurs ou directions scolaires, les cendriers sont-ils vraiment le bon message ou moyen à offrir aux jeunes pour soutenir les campagnes anti-tabac ou faire respecter les lois qui leur sont imposées ?

Même scénario à l’école La Poudrière où des cendriers ont été installés à l’intérieur du périmètre scolaire aux limites de la clôture, près de l’arrêt d’autobus. Un endroit qui leur donne un point de rendez-vous pour fumer, une situation tout aussi inacceptable qu’incompréhensible pour un groupe de parents impuissants et souhaitant un meilleur soutien aux messages qu’ils tentent de faire valoir à la maison. ‘’Je ne vais pas installer un cendrier à 9 mètres de la maison quand mon fils n’a pas l’âge de fumer ; ça va à l’encontre de tout raisonnement ou éducation, selon elle.

Des lois, mais un manque de moyens pour appliquer adéquatement la réglementions ou apporter des solutions.

La problématique n’est pas propre aux écoles de Drummondville, fait valoir un parent, soulignant au passage les bons coups et campagnes efficaces anti-tabac et promotion pour la santé de la Commission scolaire des Chênes. Les solutions ne semblent pas simples, les parents en sont conscients, est-ce que les moyens offerts par les gouvernements qui proposent des lois et règlements sont munis de moyens efficaces pour les faires appliquer ? La question reste entière, selon ces mêmes parents qui refusent de ne blâmer que les milieux scolaires.

© Photo Éric Beaupré / Vingt55. Tous droits réservés.

La position de la Commission scolaire des Chênes

Invitée par le Vingt55 à commenter la situation, la commission scolaire n’a pas esquivé la question ni la situation.

Tout d’abord, il faut savoir que dès juin 2005, alors que l’Assemblée nationale du Québec adoptait la loi modifiant la Loi sur le tabac, qui avait pour objet d’étendre l’interdiction de fumer à certains lieux et de restreindre davantage l’usage du tabac, la Commission scolaire des Chênes, s’était fait un devoir de soutenir l’application de cette même Loi dans ses établissements et sur ses terrains.

En effet, très rapidement, le conseil des commissaires avait adopté une résolution décrétant qu’en plus des dispositions prévues à la nouvelle Loi sur le tabac, il était désormais interdit de fumer dans tous les établissements, ainsi que sur tous les terrains de la commission scolaire. Cette mesure était entrée en vigueur dès le début de l’année scolaire 2006-2007.

La cigarette électronique, la « vapoteuse » complique la situation.

La commission scolaire s’est penchée sur la question. C’est connu, la cigarette électronique ne fait pas l’unanimité dans la communauté scientifique. De plus, les ministères responsables ont émis des mises en garde contre la cigarette électronique ou d’autres produits équivalents.

Conséquemment, le conseil des commissaires a adopté, il y a quatre ans, une nouvelle résolution qui inclut l’interdiction de faire usage de la cigarette électronique dans tous les établissements et sur tous les terrains de la commission scolaire. Ces dispositions sont toujours en vigueur.

Des moyens et ressources peu disponibles

Est-ce que cela a empêché certains de nos élèves de fumer ou de vapoter, dans la mesure où ils sont en droit de le faire (aux endroits appropriés) ? Bien sûr que non. Cependant, s’ils le font, ils doivent le faire à l’extérieur de nos terrains. Autrement dit, dès qu’ils sont « sur le trottoir » et hors de nos terrains, ils sont en droit de fumer ou de vapoter. Cela explique la présence de cendriers aux limites de nos terrains.

Des visuels interdisant tout usage du tabac/vapoteuse ont été apposés à plusieurs endroits dans les écoles (portes et autres), de même que des panneaux rappelant cette interdiction, dans les clôtures délimitant nos terrains (là où c’était possible d’en installer).

Une situation préoccupante, «une police du tabac » ou des moyens plus efficaces souhaités, mais peu disponibles pour le moment.

Est-ce que l’usage du tabac et/ou de la vapoteuse nous préoccupe ? Bien sûr que oui ! À cet égard, et lorsque cela s’avère nécessaire, nous maintenons le dialogue avec les autorités municipales et la police, afin de mieux encadrer les fumeurs/vapoteurs et intervenir auprès d’eux. Nous nous efforçons de faire respecter la Loi, mais ce n’est pas toujours simple, nous le reconnaissons.

Il faut savoir, par ailleurs, que la « police du tabac », enquêteurs dûment mandatés effectuent des visites ponctuelles dans les écoles pour procéder à des vérifications et appliquer des sanctions, s’il y a lieu. Par ailleurs, différentes activités de sensibilisation ont été menées dans certains établissements dans le passé, explique Normand Page, conseiller en communication a la Commission scolaire des Chênes.

Dans tout ce contexte, la sensibilisation, justement, est essentielle et elle est l’affaire de tous : les élèves, leurs parents, les enseignants, les directions d’établissement, les conseils d’établissement, la commission scolaire, les partenaires, etc.

À l’heure où nous prônons, plus que jamais, les saines habitudes de vie, par différentes activités sportives dans nos écoles ou parascolaires tentant de réduire les effets néfastes du tabac et de la vapoteuse, des moyens et démarches doivent demeurer au centre de nos efforts de sensibilisation, conclut M. Page.

 

Éric Beaupré
Éric Beaupré
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