Tout d’abord, je voudrais débuter cette publication en félicitant toute la population de Drummondville et des environs pour sa mobilisation dans le dossier du nouvel hôpital régional. Nos efforts collectifs et notre patience ont fini par porter fruit. Chapeau aussi aux élus provinciaux et municipaux qui ont travaillé fort afin de faire cheminer ce dossier.
Cela dit, depuis lundi soir, de nombreux citoyens m’ont écrit en privé ou appelé afin de connaître ma réaction en lien avec le projet de rénovation du Centre Marcel-Dionne (CMD). Comme vous le savez, j’ai eu au cours des dernières années plusieurs rencontres avec des élus, des ex-élus et des gens des hautes sphères du hockey concernant ce dossier. D’entrée de jeu, je vous avouerai que je n’ai pas été très surpris de la position du conseil municipal : je m’attendais au statu quo.
En revanche, j’ai été estomaqué qu’on banalise le fait que 539 citoyens aient pris le temps de se déplacer physiquement à l’hôtel de ville pour signer le registre demandant un référendum, et ce, en moins de cinq jours. Ce chiffre n’est pas banal, il est même très élevé, compte tenu que la plupart des sondages en ligne n’atteignent pas ce nombre et que le temps d’attente pour signer était d’environ cinq minutes. À ce rythme, de n’importe quelle manière, il était impossible d’atteindre le seuil requis.
D’ailleurs, je suis convaincu qu’avec un peu de bonne volonté, on aurait pu faire mieux pour faciliter le processus.
Quelques déceptions et plusieurs questions
Autre chose étonnante : pas un mot au sujet de la nouvelle du Vingt55 selon laquelle les coûts du projet de rénovation bondiraient de 5 à 10 millions de dollars l’an prochain en raison de nouvelles normes gouvernementales. Si cela s’avérait, la facture du projet de rénovation, qui est déjà passée de 40 millions de dollars en juillet 2025 à 48,3 millions de dollars en février 2026, s’élèverait désormais entre 53 et 58 millions de dollars, et ce, sans compter les imprévus.
J’espère que ces nouvelles normes ne seront pas utilisées comme excuse pour justifier tout autre type de dépassement de coûts. Comme quoi le gouvernement du Québec pourrait encore une fois avoir le dos large dans cette saga.

De plus, je suis étonné que la Ville évoque depuis quelque temps des coûts de 113 à 125 millions de dollars pour la construction d’un nouvel aréna. D’abord, pourquoi cela coûterait-il plus cher à Drummondville qu’ailleurs au Québec et d’où proviennent ces chiffres? Si je pose la question, c’est que la Ville n’a effectué aucune étude pour cette option depuis 2012.
Ensuite, pourquoi sortir un autre lapin du chapeau et inclure la démolition du CMD dans certains calculs? Qui a proposé cette option? Pour ma part, je n’ai entendu personne évoquer ce scénario. On dirait presque une campagne de propagande visant à rassurer les citoyens et à faire taire ceux qui envisagent des options plus viables pour l’avenir de notre ville.
Je suis d’ailleurs un peu déçu de certaines réponses surprenantes faites aux citoyens sur la page Facebook de la Ville. Par exemple, alors que certains évoquaient la possibilité de présenter ici des événements ou spectacles de grande envergure dans un nouvel amphithéâtre, la Ville a elle-même redirigé ses citoyens vers une offre « à proximité »,Québec, Trois-Rivières, Sherbrooke ou Montréal, en questionnant notre capacité d’accueil et en affirmant que l’offre était déjà saturée.
Est-ce notre véritable plan de développement? Ne vaudrait-il pas mieux attirer ici les gens de ces villes plutôt que de dire à nos citoyens d’aller ailleurs? Poser la question, c’est y répondre.
Des vrais chiffres : l’option qui dérange
Soyons clairs : il ne semble pas que le projet de nouvel amphithéâtre soit dénigré parce qu’il n’est pas viable, mais plutôt parce qu’il dérange. L’actuelle vision en tunnel ressemble davantage à de l’entêtement qu’à un choix logique et mûrement réfléchi.
D’autant plus que, contrairement à ce qui est véhiculé actuellement, la construction d’un nouvel amphithéâtre est la seule option où un financement public est envisageable.
À ce propos, plusieurs citoyens m’ont demandé des tableaux comparatifs afin de :
- Comprendre l’évolution des coûts du projet de rénovation dans le temps;
- Visualiser combien d’autres villes ont investi dans de nouveaux arénas;
- Prendre connaissance des scénarios de financement possibles pour un nouvel amphithéâtre.

Parmi les options analysées, le scénario réaliste pour une nouvelle construction se situe dans les standards observés ailleurs. Il n’inclut pas la démolition du CMD, puisqu’il n’en a jamais été question.
D’ailleurs, en transformant le bâtiment actuel en centre multisports, le coût de mise à niveau serait inférieur à celui avancé par la Ville et pourrait être intégré au montage financier du nouvel amphithéâtre.
Un tel plateau, unique en son genre, permettrait d’attirer une nouvelle clientèle au centre-ville. Or, selon une étude de 2025 de Raymond Chabot Grant Thornton, l’impact actuel du CMD sur l’achalandage des commerces du centre-ville est mitigé.
Cette même étude indique que la rénovation du CMD (48,3 M$) combinée à une salle de spectacle (20 à 25 M$) générerait environ 700 000 $ de retombées annuelles dans les restaurants.
Autrement dit, la Ville s’apprête à investir près de 75 millions de dollars pour des retombées économiques inférieures à 1 million par année.
À l’inverse, un amphithéâtre moderne permettrait d’attirer des événements majeurs, Coupe Memorial, galas, spectacles, compétitions, et générerait des retombées beaucoup plus importantes.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes lorsqu’ils sont bien analysés. Si la Ville n’a reçu aucune subvention pour la rénovation, ce n’est pas faute de demandes, mais bien parce que le projet n’améliore pas significativement les services ni les retombées économiques.
En ne présentant qu’un seul scénario, la Ville se prive de partenaires majeurs.
Cela dit, je salue la prudence du maire, qui a reconnu que l’ouverture des soumissions pourrait réserver des surprises. On m’a d’ailleurs indiqué qu’il est probable que de l’amiante soit présente dans le bâtiment actuel, ce qui pourrait entraîner des coûts supplémentaires de 3 à 4 millions de dollars.
Nos Voltigeurs méritent un amphithéâtre moderne, conforme aux normes de la LHJMQ, notamment avec un minimum de 3 500 sièges.
Contrairement à certaines perceptions, un changement de cap ne mettrait pas l’équipe en péril.
Le projet stagne depuis 2014. Il est encore temps d’évaluer un plan B : la construction d’un nouvel amphithéâtre.
Dans les scénarios présentés, la part assumée par la Ville demeure comparable à celle du projet actuel. Si l’emprunt de 48 millions est déjà budgété, un nouvel édifice n’aurait pas d’impact supplémentaire sur le compte de taxes.
Et surtout, il s’agit du projet le plus porteur pour l’avenir de Drummondville.
Ayons de l’ambition pour notre ville.







