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Drummondville frappée par une nouvelle hausse des loyers de 13,6 % : des conséquences lourdes, le FRAPRU tire la sonnette d’alarme

Drummondville frappée par une nouvelle hausse des loyers de 13,6 % : des conséquences lourdes, le FRAPRU tire la sonnette d’alarme
Drummondville frappée par une nouvelle hausse des loyers de 13,6 % @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

La flambée des loyers frappe de plein fouet les locataires de Drummondville, au point de pousser de plus en plus de personnes et même des familles, vers la précarité et l’itinérance. À Drummondville, où les loyers ont bondi de 13,6 % en un an et où les logements disponibles se font toujours rares, la pression financière devient insoutenable pour de nombreux ménages, confirme le FRAPRU préoccupé par la situation.

Drummondville frappée par une nouvelle hausse des loyers de 13,6 % @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

En effet, selon le plus récent rapport de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), consulté et analysé par le Vingt55, le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) dresse le portrait d’une crise de l’abordabilité qui s’aggrave à Drummondville, et ce, malgré une légère détente statistique du marché locatif observée dans plusieurs grandes villes de la province. Une situation préoccupante et inquiétante à Drummondville, où les prix des loyers ont explosé de 13,6 % en un an depuis le dernier rapport, sans qu’aucune mesure concrète ne soit actuellement annoncée pour endiguer la pression exercée par la hausse des loyers confirme la porte-parole du FRAPRU, Véronique Laflamme en entrevue au Vingt55

Drummondville est frappé de plein fouet. Selon les plus récentes données de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), les loyers y ont bondi de 13,6 % en un an, alors que le taux de logements inoccupés plafonne à 1,8 %, un seuil toujours bien en deçà de l’équilibre du marché précise Véronique Laflamme en entrevue sur la situation à Drummondville.

Une situation qualifiée de particulièrement préoccupante, confirme la porte-parole du FRAPRU, Véronique Laflamme, et ce, malgré une hausse globale de l’offre locative au Québec. Dans un communiqué diffusé jeudi, l’organisme souligne que la pénurie de logements semble s’atténuer sur le plan statistique, mais que la crise s’aggrave dangereusement sur le plan de l’abordabilité à Drummondville, forçant de plus en plus de ménage à consacrer une part excessive de leurs revenus au logement.

Il s’agit d’une deuxième année consécutive où la flambée des prix atteint des sommets à Drummondville, une situation jugée inacceptable et inquiétante par le FRAPRU.

Ainsi, une personne qui travaille à temps plein au salaire minimum devrait, en théorie, payer au maximum autour de 835 $ à 840 $ par mois pour son logement afin de demeurer dans un seuil jugé abordable.

Or, à Drummondville, où des studios ou chambres se louent désormais à plus de 1 800 $ par mois, l’écart entre le revenu et le coût du logement illustre clairement l’ampleur de la crise d’abordabilité.

Une hausse des loyers qui dépasse largement l’inflation À l’échelle du Québec, la SCHL observe une augmentation de l’offre locative de 2,7 %, notamment dans les régions métropolitaines de Gatineau (3,8 %) et de Montréal (2,9 %). Or, cette croissance n’a pas freiné la flambée des loyers.

Le FRAPRU note une hausse moyenne de 10,1 % des loyers entre 2024 et 2025, soit plus de trois fois l’augmentation de l’Indice des prix à la consommation, qui s’est établie à 3,2 % pour la même période.

Le loyer mensuel moyen au Québec atteint désormais 1 232 $. Pour respecter la norme voulant que le logement ne dépasse pas 30 % du revenu, un ménage locataire devrait gagner au moins 49 280 $ par année, un seuil que la moitié des locataires québécois n’atteignent pas, souligne l’organisme.

Toujours selon la porte-parole du FRAPRU, Véronique Laflamme, ces chiffres démontrent clairement que la crise du logement est désormais avant tout une crise d’abordabilité. Elle rappelle en entrevue au Vingt55 que, depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement Legault en octobre 2018, les locataires québécois doivent en moyenne payer 62,1 % de plus pour se loger, dont 10,1 % de plus que l’an dernier seulement.

« Miser sur la construction de logements locatifs chers, option clairement privilégiée par tous les paliers de gouvernement, ne règle rien. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. La seule voie crédible pour affronter une crise d’une telle ampleur, c’est d’investir massivement dans le logement social accessible aux locataires à faible et modeste revenu et d’imposer un contrôle beaucoup plus serré du marché privé », affirme-t-elle.

Drummondville parmi les villes les plus touchées dans les régions métropolitaines de taille moyenne, la situation est jugée tout aussi alarmante.

À Drummondville, la combinaison d’un faible taux d’inoccupation et d’une hausse marquée des loyers accentue la pression sur les ménages, particulièrement ceux à revenu faible ou modeste. Le FRAPRU rappelle que le marché locatif est considéré comme équilibré lorsque le taux de logements inoccupés atteint 3 %, un seuil encore loin d’être atteint dans la région. Drummondville se retrouve ainsi dans une situation comparable à celles de Sherbrooke, Trois-Rivières et Saguenay, où les loyers moyens ont augmenté respectivement de 9,3 %, 15,2 % et 11,2 % en un an. Parmi ces villes, seul le Saguenay a vu son taux de logements vacants diminuer.

Des logements disponibles… mais hors de prix Le rapport de la SCHL met également en lumière un déséquilibre important entre les segments du marché.

Les logements inoccupés se concentrent principalement dans les gammes de loyers les plus élevées, alors que l’offre demeure extrêmement limitée pour les logements les moins chers. À Montréal, le taux de logements inoccupés atteint 4,5 % dans la gamme de loyers la plus élevée, contre seulement 0,8 % dans la gamme la plus basse.

Le loyer moyen des logements inoccupés y est de 1 573 $, comparativement à 1 275 $ pour les logements déjà occupés, des niveaux largement inabordables pour de nombreux ménages. Cette tendance se reflète ailleurs au Québec. À Québec, le taux de logements inoccupés atteint 2,4 %, alors que le loyer moyen a augmenté de 9,7 %, pour s’établir à 1 227 $. À Gatineau, où les loyers demeurent les plus élevés parmi les régions métropolitaines,

En entrevue, Véronique Laflamme insiste sur le rôle essentiel que doivent continuer de jouer les municipalités, en complément des gouvernements supérieurs. Elle soutient que les villes doivent maintenir et renforcer leurs engagements en matière de logement social, que ce soit par des subventions, des prêts, la mise à disposition de terrains ou la constitution de réserves foncières.

Selon elle, les terrains et les fonds publics municipaux destinés à la réalisation de logements sociaux et dits « abordables » ne doivent servir qu’à des projets sociaux, sans but lucratif. Elle ajoute que l’octroi de fonds publics municipaux à des projets qualifiés d’« abordables » devrait être conditionnel à un critère clair, soit que les loyers proposés soient inférieurs au loyer médian du marché précise la porte-parole du FRAPRU en entrevue

À défaut de telles conditions, avertit-elle, ces projets risquent de contribuer à la hausse généralisée des loyers plutôt que de freiner la crise actuelle.

Des demandes claires adressées au gouvernement du Québec Le FRAPRU presse par ailleurs le gouvernement québécois de poser des gestes structurants et durables afin de répondre à la crise de l’inabordabilité. Le FRAPRU réclame notamment de nouveaux investissements substantiels et récurrents, permettant le financement pluriannuel d’au moins 10 000 logements sociaux et communautaires par année. Il demande également la mise en place de véritables programmes de logement social, capables de répondre à la crise actuelle et respectant la capacité de paiement des locataires à faibles et modestes revenus.

Le regroupement rappelle que les quelque 10 000 logements sociaux et dits abordables actuellement en réalisation au Québec sont issus d’investissements antérieurs, parfois décidés il y a plusieurs années, et qu’aucun engagement financier structurant n’est actuellement prévu pour assurer la poursuite de ces constructions à long terme.

Selon Véronique Laflamme, le gouvernement québécois semble ainsi se soustraire à ses responsabilités en matière de droit au logement. « On ne peut pas sous-traiter cela au secteur privé ou à d’autres acteurs. C’est au gouvernement d’avoir des politiques et des programmes garantissant sa mise en œuvre », soutient-elle, rappelant qu’après sept ans au pouvoir, la crise de l’inabordabilité n’a fait que s’aggraver, y compris à Drummondville.

Enfin, à l’instar du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ), le FRAPRU réitère sa demande pour la mise en place d’un véritable contrôle des loyers, incluant un registre public et un gel des loyers jusqu’à l’instauration de mécanismes efficaces.

Drummondville frappée par une nouvelle hausse des loyers de 13,6 % @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Éric Beaupré
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