Drummondville va de l’avant avec un contrat de 89 millions $ sur dix ans pour bonifier son réseau de transport collectif avec 15 nouveaux autobus

Drummondville va de l’avant avec un contrat de 89 millions $ sur dix ans pour bonifier son réseau de transport collectif avec 15 nouveaux autobus
Drummondville va de l’avant avec un contrat de 89 millions @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Drummondville

Drummondville s’apprête à revoir en profondeur son réseau de transport collectif avec un contrat de 89 millions de dollars sur dix ans accordé à Transdev Canada. Plus de passages, des autobus deux fois plus spacieux, une couverture élargie et des parcours plus directs sont promis à compter du 1er août 2027.

La Ville de Drummondville s’offre un réseau de transport collectif bonifié au coût de 89 M$ sur dix ans @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

L’annonce a été faite mercredi à Drummondville en présence de représentants de la Ville et de Transdev Canada. L’administration municipale présente cette refonte comme l’une des transformations les plus importantes du transport collectif depuis la création du réseau.

Le projet et le contrat accordé à l’entreprise, Transdev Canada, qui possède notamment des installations et des bureaux à Beloeil, représentent un investissement de 89 millions de dollars sur dix ans.  Comme l’a précisé le maire de Drummondville, Jean-François Houle, cette importante transformation doit permettre d’adapter le transport collectif à la croissance démographique de Drummondville et aux nouveaux besoins de déplacement de la population.

Des autobus fabriqués en Chine et propulsés au diesel

Questionné par le Vingt55 sur la provenance des nouveaux véhicules, Émile Cadieux a confirmé que les autobus destinés au réseau seront fabriqués en Chine puis importés au Canada. « Ces autobus-là sont construits en Chine, ils sont importés ici », a confirmé le représentant de Transdev.

Les véhicules seront également équipés d’une motorisation diesel.

Le choix du diesel survient alors que l’électrification du transport collectif occupe une place croissante au Québec. Dans le cas de Drummondville, la Ville ne fera toutefois pas directement l’acquisition des autobus, la responsabilité de fournir la flotte nécessaire à l’exploitation du réseau revient à Transdev dans le cadre de son contrat.

La conférence de presse s’est déroulée dans le secteur de l’autoroute 20, à quelques centaines de mètres des installations de Girardin, entreprise drummondvilloise active dans le domaine des autobus.

Questionné par le Vingt55 sur le fait que les véhicules du futur réseau ne proviendront pas d’un fournisseur local, comme Girardin Jean-François Houle a rappelé que le choix résultait d’un processus d’appel d’offres.

Selon le maire, 60 % de la note accordée aux soumissionnaires reposait sur le prix, tandis que 40 % concernait les aspects qualitatifs des propositions. Cette portion qualitative était évaluée par un comité. « On a voulu dépolitiser évidemment tout ça, donner une chance égale à tous ceux qui voulaient éventuellement présenter une soumission », a expliqué Jean-François Houle.

Le maire insiste sur le fait que le résultat du processus ne signifie pas qu’une entreprise locale n’était pas qualifiée ou capable de fournir un produit adéquat. Il s’agit plutôt, selon lui, du résultat de la comparaison des propositions soumises selon les critères établis.

De son côté, Transdev affirme avoir déposé ce qu’elle considérait comme sa meilleure proposition en matière de qualité et de prix.

Ainsi compter du 1er août 2027, Transdev Canada prendra en charge l’exploitation et l’entretien du réseau pour une période de dix ans. L’une des principales améliorations annoncées concerne la couverture du territoire

Actuellement, environ 50 % de la population de Drummondville habite à moins de 400 mètres d’un arrêt d’autobus. Avec le nouveau réseau, cette proportion doit atteindre 71 %, soit près de trois citoyens sur quatre. La Ville souhaite notamment rapprocher le transport collectif des secteurs résidentiels en croissance, des établissements d’enseignement, du centre-ville, des commerces, des services et de certains pôles d’emploi.

Le réseau a été développé à partir d’études sur les déplacements de la population et ajusté à la suite des consultations publiques menées au printemps. La Ville vise également une fiabilité des horaires de 95 %, un élément que Jean-François Houle considère essentiel pour convaincre davantage de citoyens d’utiliser le transport collectif.

Les parcs industriels demeurent cependant en marge des zones prévue

Si le centre-ville, les établissements scolaires et plusieurs secteurs résidentiels doivent profiter d’une meilleure desserte, un important enjeu demeure, les parcs industriels.

Questionné directement par le Vingt55 sur les déplacements des travailleurs vers ces importants pôles d’emploi, Jean-François Houle reconnaît que la refonte annoncée ne règle pas cette problématique. « On n’a pas trouvé la solution optimale pour couvrir comme on devrait nos parcs industriels. Alors il va falloir songer à d’autres façons de le faire », a reconnu le maire.

Le secteur du centre-ville et du Cégep de Drummondville profitera d’une des bonifications les plus importantes. Trois lignes bidirectionnelles doivent permettre d’atteindre jusqu’à 12 passages combinés par heure, comparativement à six actuellement.

Avec l’arrivée de véhicules plus grands, la Ville évalue que la capacité de desserte dans ce secteur augmentera de 335 %.

Cette transformation aura toutefois un coût, selon le maire Jean-François Houle, la bonification du service pourrait représenter à terme une hausse d’environ 1,7 % du compte de taxes associée au nouveau réseau.

La nouvelle architecture du réseau doit également réduire le nombre de correspondances.

Actuellement, plusieurs parcours nécessitent un transfert dans le secteur de la bibliothèque municipale. Les futurs trajets doivent être plus directs afin de réduire certains temps de déplacement.

Le cégep sera considéré comme l’un des pôles importants du futur réseau. Le campus de Drummondville de l’Université du Québec à Trois-Rivières, le Centre de formation professionnelle Paul-Rousseau et d’autres établissements scolaires doivent également profiter d’une desserte améliorée.

La décision et la transformation annoncée par la Ville aura cependant un coût supplémentaire pour la municipalité et, par conséquent, pour les contribuables.

Questionné par le Vingt55 sur le financement de cette importante bonification, le maire Jean-François Houle a reconnu que la question financière constituait depuis plusieurs années l’un des principaux obstacles à une refonte de cette ampleur.

Drummondville a choisi d’augmenter les sommes municipales consacrées au transport collectif. Selon le maire, le financement supplémentaire nécessaire au nouveau réseau passera notamment par la taxation foncière. « À terme, ça pourrait vouloir dire pour les citoyens une hausse à peu près de 1,7 % de taxes qui seraient associées vraiment au nouveau coût engendré par ce nouveau système de transport », a précisé Jean-François Houle en entrevue avec le Vingt55.

Le maire présente cette dépense importante comme un choix politique visant à améliorer les possibilités de déplacement dans une ville en croissance.

Pour les usagers, aucune augmentation particulière du prix des passages n’est actuellement prévue en raison de la mise en place du nouveau réseau. Le maire n’exclut toutefois pas les indexations normales qui pourraient survenir au fil des années.

Les véhicules disposeront d’un plancher bas et pourront s’abaisser afin de faciliter l’embarquement. Une rampe permettra également l’accès aux personnes se déplaçant en fauteuil roulant. Selon Transdev, l’ensemble de la flotte affectée au contrat de Drummondville sera composé de ce type de véhicule.

Transdev Canada prévoit investir plus de 10 millions de dollars dans sa flotte et ses infrastructures pour préparer son arrivée à Drummondville.

Questionné par le Vingt55 Émile Cadieux, vice-président principal pour le Québec et les Maritimes chez Transdev, explique que l’entreprise devra notamment acquérir les véhicules, mettre en place les infrastructures d’entretien et disposer de véhicules de réserve.

Ces autobus de réserve seront nécessaires non seulement lors de bris mécaniques, mais également lorsqu’un véhicule sera retiré temporairement pour son entretien préventif. Transdev devra également conserver les pièces de rechange provenant de la chine nécessaire afin d’assurer la disponibilité de la flotte et la continuité du service.

Transdev cherche un emplacement pour son garage L’entreprise devra disposer d’un bâtiment suffisamment grand pour accueillir les autobus et effectuer leur entretien préventif et correctif.

L’arrivée de 15 autobus de plus grande dimension nécessitera également de nouvelles installations à Drummondville. Transdev est actuellement à la recherche d’un emplacement pour aménager son garage et son centre d’entretien. « On est en recherche active, évidemment, d’avoir le meilleur point pour situer les autobus parce que c’est aussi le lieu où les autobus reviennent le soir et repartent le matin », a expliqué Émile Cadieux au Vingt55.

L’arrivée de Transdev et la bonification du réseau devraient également avoir des répercussions sur l’emploi à Drummondville.

Selon Émile Cadieux, plus d’une trentaine de conducteurs seront nécessaires pour exploiter le service.

« Premièrement, c’est un service qui est bonifié pour le futur. Donc évidemment, on va avoir besoin de plus d’employés qu’actuellement. Ce n’est pas une diminution de service. Au contraire, c’est un service qui est bonifié. Donc, il va y avoir de la place, il va y avoir des créations d’emplois », a indiqué Émile Cadieux en entrevue avec le Vingt55.

Une porte ouverte aux chauffeurs actuellement en poste

Transdev souhaite également profiter de l’expérience acquise par les conducteurs qui travaillent actuellement sur le réseau de Drummondville. Pour l’entreprise, ces travailleurs possèdent une connaissance du territoire et du fonctionnement du service qui pourrait faciliter la transition. Transdev prévoit rencontrer les employés dans le cadre de sa période de mobilisation afin de présenter son fonctionnement et ses besoins en main-d’œuvre. Les chauffeurs devront par ailleurs détenir un permis de conduire de classe 2 pour prendre le volant des nouveaux midibus. Transdev prévoit des formations et des mises à niveau pour les travailleurs qui devront obtenir les qualifications nécessaires. Selon Émile Cadieux, une flotte de 15 véhicules nécessitera au minimum deux mécaniciens pour assurer l’entretien. Ce nombre pourrait toutefois évoluer au cours du contrat.

Malgré l’ampleur de l’annonce, rien ne changera immédiatement pour les usagers. Le réseau actuel demeurera en place jusqu’au 1er août 2027.

Les prochains mois serviront notamment à préparer la nouvelle flotte, trouver et aménager le garage, recruter et former le personnel, organiser les opérations et finaliser les parcours. La Ville dévoilera progressivement les circuits, les arrêts et les horaires précis à mesure que le projet avancera.

Les outils utilisés par les usagers pour accéder au réseau terminaux et effectuer leurs paiements devraient également demeurer sensiblement les mêmes lors de la transition, selon les informations fournies lors de la conférence de presse.

Pour Jean-François Houle, cette transformation doit finalement être considérée dans le contexte de la croissance de Drummondville. « Le boulevard Saint-Joseph ne deviendra pas une trois voies malgré l’augmentation de la population. Donc il faut nécessairement penser à des alternatives en transport », a-t-il fait valoir.

Le projet laisse néanmoins plusieurs éléments à préciser d’ici sa mise en service, notamment les parcours définitifs, l’emplacement du futur garage de Transdev et la façon dont la Ville compte éventuellement améliorer la desserte de ses parcs industriels.

Une chose est toutefois déjà établie, à compter du 1er août 2027, Drummondville changera complètement de modèle de transport collectif avec un contrat de 89 millions de dollars sur dix ans pour les citoyens.

L’administration municipale espère ainsi que l’augmentation de la fréquence, l’arrivée de véhicules plus spacieux, la réduction des correspondances et l’élargissement de la couverture permettront de rendre l’autobus suffisamment attrayant pour qu’un plus grand nombre de citoyens l’intègrent à leurs déplacements.

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La Ville de Drummondville s’offre un réseau de transport collectif bonifié au coût de 89 M$ sur dix ans @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Éric Beaupré
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