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Expansion de SOPREMA au Mexique : expansion internationale et réalisations, Richard Voyer confirme le rôle central de Drummondville

Expansion de SOPREMA au Mexique : expansion internationale et réalisations, Richard Voyer confirme le rôle central de Drummondville

DRUMMONDVILLE

L’arrivée de SOPREMA à San Miguel de Allende ne représente ni un changement de cap ni un éloignement de ses activités canadiennes. Elle s’inscrit plutôt dans la continuité d’une stratégie de développement amorcée depuis plusieurs décennies à Drummondville.

En entrevue au Vingt55, Richard Voyer présente le projet mexicain comme une nouvelle étape d’un modèle de croissance qui repose sur l’implantation locale, la proximité des marchés et le développement progressif de nouvelles capacités manufacturières.

Le Groupe SOPREMA a officiellement lancé la construction d’une nouvelle usine au Polígono Empresarial San Miguel, dans l’État de Guanajuato, au Mexique, comme l’annonçait ce matin le Vingt55 dans sa section Affaires.

À long terme, le projet pourrait représenter un investissement pouvant atteindre 300 millions de dollars américains et entraîner la création d’environ 250 emplois directs. La première pierre de l’installation a été posée à la fin du mois d’août, concrétisant un projet annoncé dès 2025 par l’entreprise et les autorités économiques du Guanajuato.

Présent au lancement du chantier, Richard Voyer, président et chef de la direction de SOPREMA Canada, précise que l’usine actuellement en construction ne constitue que la première étape d’un projet beaucoup plus vaste.

SOPREMA envisage trois ou quatre phases supplémentaires afin de développer progressivement un véritable campus industriel à San Miguel de Allende. « Nous ne sommes pas là pour le court terme. Ce projet est conçu pour bâtir une relation forte et rentable pour les 20 à 30 prochaines années », a affirmé Richard Voyer en entrevue au Vingt55.

Une croissance internationale dirigée depuis Drummondville

Même si SOPREMA poursuit son expansion à l’extérieur du pays, Drummondville demeure au cœur de ses activités canadiennes et de plusieurs de ses décisions stratégiques, assure le directeur général de SOPREMA Canada.

« C’est dans la région que l’entreprise a développé une part importante de son expertise nord-américaine en matière de recherche, de développement et de fabrication de produits destinés à l’enveloppe du bâtiment », précise-t-il. SOPREMA s’est établie au Canada en 1978. Son implantation drummondvilloise est devenue, au fil des années, l’un des principaux pôles de développement du groupe en Amérique du Nord.

L’entreprise y exploite notamment des installations manufacturières, des activités de recherche et développement ainsi que différentes unités consacrées à la production de membranes, de matériaux isolants et de solutions destinées au secteur de la construction.

Pour Richard Voyer, le développement international ne vient donc pas remplacer les activités réalisées à Drummondville. Il représente plutôt la suite logique du travail accompli au Québec et au Canada.

L’expertise développée ici permet maintenant au groupe d’accompagner l’ouverture de nouveaux marchés, d’adapter ses produits à différentes réalités climatiques et de déployer ses technologies dans plusieurs régions du monde.

Le Canada comme point de départ

La croissance de SOPREMA au Canada s’est accélérée au cours des dernières décennies par l’ouverture de nouvelles usines, l’acquisition d’entreprises spécialisées et l’ajout de différentes familles de produits.

« À partir de Drummondville, l’entreprise a progressivement étendu son réseau manufacturier au Québec, en Ontario, en Colombie-Britannique, en Alberta et au Manitoba », ajoute Richard Voyer. Elle a notamment ajouté des capacités de production dans les membranes d’étanchéité, le polyisocyanurate, le polystyrène extrudé, le polyuréthane et les isolants à base de cellulose.

Cette diversification permet aujourd’hui à SOPREMA de proposer des solutions touchant l’ensemble de l’enveloppe du bâtiment, depuis les fondations jusqu’aux toitures.

Richard Voyer rappelle en entrevue que cette progression ne s’est pas faite en une seule opération. Elle s’est construite étape par étape, selon l’évolution des marchés, les occasions d’acquisition et les besoins des clients. « C’est cette même méthode que SOPREMA souhaite maintenant appliquer au Mexique. »

Le Mexique, une pièce stratégique

L’entreprise était déjà présente commercialement au Mexique avant l’annonce du projet manufacturier de San Miguel de Allende.

Lors de l’ouverture de ses premiers bureaux mexicains, SOPREMA décrivait déjà le pays comme une pièce importante de son développement international. L’entreprise souhaitait notamment mieux desservir l’un des plus importants marchés de la construction en Amérique latine.

La nouvelle usine vient maintenant faire passer cette présence à une autre étape.

« Au lieu de desservir principalement le marché mexicain à partir d’installations situées ailleurs en Amérique du Nord, SOPREMA pourra éventuellement produire directement au Mexique », précise le directeur général de SOPREMA. « Cette proximité permettra de réduire certaines distances de transport, de mieux adapter les produits aux besoins locaux et d’accélérer l’approvisionnement de plusieurs marchés. »

La future installation doit notamment contribuer à desservir le Mexique, le sud des États-Unis, l’Amérique centrale et l’Amérique du Sud.

Le site de San Miguel de Allende offre également un accès aux principaux corridors routiers et commerciaux reliant le centre du Mexique aux États-Unis.

Pour SOPREMA, cette position constitue un avantage important dans un contexte où les entreprises cherchent à rapprocher leur production des marchés qu’elles approvisionnent.

Une première phase appelée à évoluer

Richard Voyer précise que le montant de 300 millions de dollars américains représente le potentiel de développement à long terme du site, et non la valeur de la seule usine actuellement en construction.

Les investissements seront réalisés progressivement, selon les phases retenues, la croissance des ventes et les besoins des marchés desservis. La première installation doit servir de base aux activités manufacturières mexicaines de SOPREMA. D’autres productions pourraient éventuellement s’ajouter à mesure que le campus industriel prendra forme.

La nature exacte des phases suivantes sera déterminée en fonction de l’évolution de la demande et des occasions de développement.

Cette approche permet à l’entreprise de commencer avec des capacités correspondant aux besoins actuels, tout en conservant l’espace nécessaire pour agrandir ses installations.

À terme, le site pourrait donc regrouper plusieurs procédés de fabrication et différentes gammes de produits destinées aux marchés des Amériques.

La future usine sera notamment consacrée à la fabrication de solutions d’imperméabilisation, d’isolation, de protection et de systèmes de haute performance destinés au secteur de la construction.

Le climat, les méthodes de construction et les normes ne sont toutefois pas identiques d’un pays à l’autre, explique Richard Voyer. L’entreprise devra donc adapter certaines solutions aux réalités mexicaines, notamment en matière de chaleur, d’exposition solaire, de gestion de l’eau et de performance énergétique des bâtiments.

« L’objectif n’est pas uniquement d’exporter un produit conçu au Canada, mais de développer une offre correspondant aux besoins des entrepreneurs, des professionnels et des propriétaires d’immeubles du marché mexicain », ajoute-t-il. « La présence d’une usine et d’équipes locales doit permettre à SOPREMA de mieux comprendre ces besoins et d’y répondre plus rapidement. »

Selon les projections présentées lors de l’annonce, le développement du projet pourrait entraîner la création d’environ 250 emplois directs. Ces postes devraient notamment toucher la production, l’ingénierie, l’administration, la logistique, le contrôle de la qualité et les activités commerciales.

Le projet pourrait aussi avoir des retombées indirectes auprès de fournisseurs mexicains, d’entreprises de transport, de firmes de services et d’entrepreneurs de la région.

Les autorités du Guanajuato souhaitent que l’arrivée de SOPREMA favorise le développement d’une main-d’œuvre spécialisée ainsi que de nouvelles collaborations avec les établissements d’enseignement. L’entreprise devra toutefois franchir progressivement les différentes étapes du projet avant d’atteindre sa pleine capacité d’emploi.

Le nombre de travailleurs augmentera donc au rythme du démarrage de l’usine et des phases d’expansion qui suivront.

Une implantation plutôt qu’une simple exportation

La stratégie de SOPREMA repose depuis longtemps sur la volonté de produire à proximité des marchés, mentionne également Richard Voyer lors de l’entrevue. « Cette façon de faire permet de mieux répondre aux particularités régionales et de diminuer la dépendance envers de longues chaînes d’approvisionnement. »

Pour Richard Voyer, une présence durable dans un pays nécessite également la création d’équipes locales et le développement de relations avec les communautés d’affaires.

L’entreprise veut donc s’implanter au Mexique plutôt que simplement y vendre des produits fabriqués à l’étranger.

« Cette implantation passe par la formation de travailleurs, l’intégration de fournisseurs locaux et la construction de relations à long terme avec les entrepreneurs et les professionnels du secteur de la construction. »

Drummondville conserve un rôle central

Malgré l’ampleur du projet mexicain, Richard Voyer maintient que Drummondville continuera de jouer un rôle important dans le développement nord-américain de SOPREMA.

Les activités réalisées au Québec ne dépendent pas uniquement du marché mexicain. Elles répondent aux besoins du Canada et d’autres marchés, tout en soutenant la recherche et le développement de nouvelles technologies. L’ajout d’une usine au Mexique vise d’abord à rapprocher la production des marchés mexicain et latino-américain.

Le projet doit également permettre aux installations canadiennes de se concentrer davantage sur leurs propres marchés et leurs différentes spécialités.

Le développement à l’étranger ne signifie donc pas que SOPREMA délaisse Drummondville. L’entreprise s’appuie au contraire sur les compétences acquises ici pour poursuivre sa croissance.

La région demeure un lieu de décision, d’innovation et de fabrication pour le groupe au Canada.

Fondée en France en 1908, SOPREMA est aujourd’hui présente dans plusieurs régions du monde. Le groupe a progressivement développé ses activités en Europe, en Amérique du Nord, en Asie, au Moyen-Orient et en Amérique latine.

Au Canada, l’entreprise compte maintenant plusieurs usines et bureaux de vente ainsi qu’un centre de recherche et développement établi à Drummondville.

Richard Voyer a lui-même accompagné une grande partie de cette transformation.

Arrivé chez SOPREMA en 1995 comme directeur de la recherche et du développement pour l’Amérique du Nord, il est ensuite devenu directeur général de SOPREMA Canada, puis dirigeant des activités nord-américaines.

Sous sa direction, l’entreprise a multiplié les investissements manufacturiers et les acquisitions au Canada et aux États-Unis.

Le Mexique représente maintenant la prochaine étape de cette progression, une annonce qui dépasse la construction d’une usine

La première pelletée de terre réalisée à San Miguel de Allende marque le début des travaux, mais également le début d’une nouvelle période de développement pour SOPREMA.

Le projet annoncé ne se limite pas à un bâtiment ou à une seule ligne de production.

Il représente la création d’un nouveau pôle manufacturier capable d’évoluer pendant plusieurs décennies et de desservir une partie importante des Amériques.

Pour Richard Voyer, la réussite du projet se mesurera autant à la croissance des activités qu’à la capacité de SOPREMA de s’intégrer durablement au marché mexicain.

L’entreprise devra maintenant construire l’usine, recruter et former ses équipes, établir son réseau de fournisseurs et préparer le démarrage de la production.

D’autres phases pourraient ensuite suivre, jusqu’à la création du campus industriel envisagé par le groupe.

« De Drummondville à San Miguel de Allende, SOPREMA poursuit ainsi une stratégie fondée sur la même logique : s’établir dans les marchés qu’elle souhaite desservir, y développer une expertise locale et investir avec une vision à long terme », conclut le directeur général de SOPREMA Canada.

Éric Beaupré
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