DRUMMONDVILLE
Cette interruption survient dans un contexte déjà tendu, marqué par une guerre tarifaire persistante, une instabilité économique croissante et une crise du logement sans précédent. Les chantiers de Drummondville, de Victoriaville et du Centre-du-Québec ne sont d’ailleurs pas épargnés.
Ce matin, de nombreux manifestants, représentants syndicaux et délégués de chantier ont été aperçus à Drummondville.
Selon les informations obtenues par le Vingt55, ces représentants ont visité plusieurs chantiers, notamment à Drummondville, Victoriaville et ailleurs au Centre-du-Québec.
Une réunion s’est également tenue dans les bureaux situés sur la rue Saint-Joseph, où les discussions ont porté sur les enjeux actuels dans l’industrie.
Rencontrés sur place, plusieurs représentants syndicaux ont confirmé que la grève était bel et bien enclenchée dans le secteur résidentiel et que leurs membres participaient activement aux moyens de visibilité mis en place.
Du côté de la Sûreté du Québec, les autorités ont confirmé que certains travailleurs se sont rendus sur des chantiers ce matin dans la région de la couronne de Drummondville, mais aucun incident n’a été signalé.
Le CPQ dénonce un refus de dialogue
Le CPQ salue les efforts de l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ), qui a tenté de faire avancer les négociations par le dépôt d’une offre bonifiée et la proposition d’un processus de médiation-arbitrage. Le refus de ces propositions par l’Alliance syndicale, ainsi que le recours à la grève, sont vus par le CPQ comme un facteur de déstabilisation du secteur, qui aggrave la précarité des ménages québécois.
Le CPQ exhorte les parties à reprendre les négociations de bonne foi, dans l’objectif de trouver une solution équitable et durable.
Rappelons que le CPQ avait recommandé que l’industrie de la construction soit expressément incluse dans l’application du projet de loi 89, compte tenu des répercussions majeures que peuvent entraîner les conflits de travail. Pour le Conseil, exclure cette industrie revient à tolérer des arrêts de travail prolongés, au détriment des chantiers résidentiels, des projets d’infrastructure et de la stabilité économique du Québec.
La CCQ rappelle les règles en vigueur
Considérant la grève en cours, la Commission de la construction du Québec (CCQ) rappelle les dispositions légales applicables à cette situation.
Droit de grève
Tout travailleur ou travailleuse de la construction peut choisir d’exercer ou non son droit de grève, sans recours possible à son encontre. Les employeurs, quant à eux, sont libres de fermer ou de maintenir leurs chantiers ouverts.
Application de la Loi R-20
Même en contexte de grève, la Loi R-20 continue de s’appliquer. Elle encadre les travaux de fondation, d’érection, d’entretien, de réparation, de rénovation, de démolition et d’aménagement du sol exécutés directement sur les chantiers.
Le secteur résidentiel visé concerne notamment la construction de bâtiments dont plus de 85 % de la superficie est réservée à l’habitation, et dont le nombre d’étages ne dépasse pas six pour les bâtiments neufs (ou huit dans les autres cas).
Travaux non visés par la grève
Certains travaux sont toutefois exclus de cette grève, notamment :
- La rénovation ou l’entretien d’une résidence effectués à des fins personnelles par l’occupant des lieux ;
- Les travaux réalisés par des salariés permanents d’entreprises propriétaires d’immeubles (commerces, immeubles à logements, etc.) ;
- Les travaux exécutés par des employés permanents de municipalités, commissions scolaires, collèges et établissements de santé ;
- Les travaux publics tels que la construction ou la réparation de canalisations, égouts, pavages et trottoirs.
La CCQ est responsable de faire respecter la loi R-20. En cas de menaces, d’intimidation ou d’entrave, il est possible de signaler la situation par formulaire sur le site Web de la CCQ ou en composant le 1 800 424-3512.
Toutes les plaintes sont traitées de façon confidentielle. À noter que toute personne coupable d’intimidation ou d’entrave aux activités d’un chantier s’expose à des amendes allant de 1 500 $ à 15 000 $ par jour ou fraction de jour.











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