DRUMMONDVILLE
Le retour aux niveaux estivaux repoussé à une date indéterminée@ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
Au cours des derniers jours, de nombreux citoyens préoccupés par la situation ont communiqué avec le Vingt55 afin de faire part de leurs inquiétudes. Le Vingt55 s’est une fois de plus rendu sur place afin de constater l’évolution des travaux à la centrale de Chute-Hemmings et de recueillir les témoignages des usagers directement touchés par cette situation qui affecte maintenant toute une industrie nautique à Drummondville.
Plusieurs commerçants et plaisanciers rencontrés sur le terrain affirment voir les jours et les semaines s’écouler sans que le niveau de l’eau ne remonte. Or, comme l’a constaté le Vingt55 au pied du barrage lundi, l’installation des haussoirs ne semblait pas avoir progressé de façon significative au cours des derniers jours, alors que les travaux devaient initialement être complétés au début du mois de juin.
Le retour au niveau estival reporté à une date indéterminée, confirme Hydro-Québec
Dans un précédent échange avec le Vingt55, Hydro-Québec prévoyait terminer les travaux le 11 juin afin d’amorcer progressivement le rehaussement du niveau de l’eau et permettre un retour aux niveaux estivaux habituels vers le 14 ou le 15 juin. Cet échéancier est désormais repoussé à une date indéterminée, a confirmé Hydro-Québec au Vingt55.
Questionnée de nouveau par le Vingt55, la porte-parole d’Hydro-Québec, Aïda Ouédraogo, conseillère aux communications et aux relations avec le milieu, a indiqué que les travaux se poursuivent, mais que plusieurs facteurs influencent leur progression.
« Les travaux pour l’installation des haussoirs sont actuellement en cours et progressent en fonction des conditions opérationnelles. Certains facteurs, notamment les restrictions liées au temps supplémentaire, influencent le rythme d’avancement », confirme à nouveau Aïda Ouédraogo, porte-parole d’Hydro-Québec, en entrevue au Vingt55.
La porte-parole précise également que plusieurs situations imprévues ont contribué à modifier l’échéancier initialement annoncé, empêchant Hydro-Québec de confirmer pour le moment une nouvelle date de retour aux niveaux estivaux habituels.
Hydro-Québec reconnaît également que l’échéancier initial a été affecté par des imprévus.
« Une situation a été constatée lundi matin sur le site de la centrale de Chute-Hemmings. Les opérations ont été suspendues le temps d’effectuer les vérifications nécessaires. À ce stade-ci, aucun échéancier précis pour la fin des travaux ne peut être confirmé, mais les équipes demeurent mobilisées afin de poursuivre les travaux de manière sécuritaire et rigoureuse. Un nouvel avis sera transmis dans les prochains jours afin de tenir les citoyens informés de l’évolution de la situation », précise Mme Ouédraogo.
Cette mise à jour vient modifier les prévisions évoquées dans un premier reportage publié par le Vingt55 le 27 mai dernier, alors qu’Hydro-Québec visait initialement un retour au niveau estival vers la mi-juin.
Sur le terrain, une situation déplorée par le Club de voile, les riverains et les entreprises nautiques
Sur le terrain, les conséquences sont déjà bien visibles et l’inquiétude grandit chez les riverains et les plaisanciers qui voient la saison estivale défiler sans que le niveau de l’eau ne retrouve les conditions habituelles de navigation.
Le long du chemin Hemming et dans le secteur des rues Belles-Rives, plusieurs embarcations demeurent immobilisées ou limitées dans leurs déplacements en raison du manque de profondeur. La situation est tout aussi préoccupante du côté de la marina de Drummondville et du Club de voile, où plusieurs citoyens dénoncent une saison qui peine à démarrer.
Comme l’a également constaté le Vingt55, le traversier reliant les deux rives n’était toujours pas en fonction en raison du faible niveau de la rivière. Entre le barrage de Chute-Hemmings et le centre-ville de Drummondville, seuls quelques plaisanciers étaient visibles sur le plan d’eau, un contraste marqué avec l’achalandage habituellement observé à cette période de l’année.
« On me confirme en effet que ce ne sera pas prêt pour le 15 juin. C’est préoccupant parce que cela fait plusieurs années que cette situation se répète. Quand j’étais plus jeune, le niveau estival arrivait beaucoup plus tôt. Aujourd’hui, ce sont les riverains, les plaisanciers et les entrepreneurs qui vivent de la rivière qui en subissent les conséquences », confie Alain Carrier.
Selon lui, les impacts dépassent largement les seuls propriétaires d’embarcations.
« Je pense aux entreprises qui vendent des bateaux, à celles qui les réparent, les entreposent ou offrent des services reliés à la navigation. Tous ces commerces sont à la merci de la situation actuelle », souligne-t-il. M.Carrier estime également que l’ensemble de la collectivité est touché. « Bien sûr que les riverains sont affectés et ceux qui vendent, réparent ou entreposent les embarcations. Mais plus important encore, c’est toute la population qui est touchée, la pêche, les activités nautiques, les utilisateurs du ponton, les adeptes du kayak, les cyclistes, les piétons et les personnes à mobilité réduite. »
« Les poissons ne peuvent pas frayer normalement près des rives. Il pourrait aussi y avoir des répercussions sur les herbiers aquatiques, l’environnement et même sur certains secteurs de la plage municipale », ajoute-t-il.
À la marina de Drummondville, plusieurs plaisanciers rencontrés par le Vingt55 déplorent eux aussi le manque de certitude entourant le retour du niveau d’eau estival.
Plusieurs craignent de voir une partie importante de leur courte saison de navigation compromise. D’autres soulignent que les conséquences se font sentir jusque dans les commerces spécialisés, les entreprises de réparation, les fournisseurs d’équipements nautiques ainsi que les activités touristiques liées à la rivière.
« Nous aurions aimé un meilleur suivi de la Ville sur la situation, ou encore que Drummond économique ou la CCID parlent davantage au nom des entreprises. Nous sommes à la merci d’un média pour nous tenir informés, sinon du site d’Hydro-Québec. Nous souhaiterions maintenant que des élus fassent pression sur la société d’État », ont confié au Vingt55 un bénévole du Club de voile et un plaisancier rencontrés au bord de la rivière alors qu’ils étaient venus constater l’état des lieux, l’ampleur des impacts et le peu d’avancement apparent des travaux.
Certains citoyens estiment également que les impacts vont au-delà des loisirs. Ils rappellent que la rivière constitue aussi une ressource essentielle pour la collectivité, notamment en raison de la prise d’eau municipale située à proximité du barrage.
En attendant un nouvel échéancier officiel, l’inquiétude demeure bien présente. Pour les riverains, les plaisanciers, les commerçants et les nombreux intervenants qui dépendent de la rivière Saint-François, chaque semaine de retard représente des activités annulées, des revenus perdus et une saison estivale qui s’amenuise un peu plus chaque jour.

Le retour aux niveaux estivaux repoussé à une date indéterminée@ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
































