Hausse du salaire minimum : un gain pour les travailleurs, la FCEI s’inquiète du fardeau pour les PME

Hausse du salaire minimum : un gain pour les travailleurs, la FCEI s’inquiète du fardeau pour les PME

DRUMMONDVILLE

Le taux général du salaire minimum au Québec sera porté à 16,60 $ l’heure à compter du 1er mai 2026, a annoncé jeudi le ministre du Travail et ministre responsable de la région de la Mauricie, Jean Boulet. Il s’agit d’une augmentation de 0,50 $, soit une hausse de 3,11 %, qui bénéficiera à près de 258 900 travailleuses et travailleurs.

Selon le gouvernement, cette hausse pourrait représenter une augmentation du revenu disponible pouvant atteindre 687 $ par année pour les personnes rémunérées au salaire minimum. Le salaire minimum payable aux personnes recevant des pourboires passera quant à lui à 13,30 $ l’heure, tandis que celui des travailleurs affectés à la cueillette de framboises et de fraises sera également ajusté, respectivement à 4,93 $ et 1,32 $ le kilogramme.

Dans un contexte économique marqué par l’incertitude et les pressions inflationnistes, le ministre Jean Boulet affirme que l’ajustement vise à maintenir un équilibre entre la protection du pouvoir d’achat et la compétitivité des entreprises. « Cette hausse protège le pouvoir d’achat des travailleuses et des travailleurs, tout en permettant à nos entreprises de demeurer compétitives. Elle contribuera aussi à inciter des personnes sans emploi à intégrer le marché du travail », a-t-il déclaré.

Depuis mai 2018, le salaire minimum est passé de 12,00 $ à 16,60 $ l’heure, soit une augmentation cumulative de 4,60 $ (38,33 %), une progression supérieure à l’inflation observée sur la même période. Le gouvernement souligne également que cette hausse est alignée sur la croissance prévue du salaire horaire moyen et portera le ratio entre le salaire minimum et le salaire horaire moyen à près de 50 % pour la période 2026-2027.

Réaction mitigée des petites entreprises

Du côté des entrepreneurs, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) dit prendre acte de l’annonce, tout en rappelant que chaque hausse entraîne des coûts supplémentaires pour les entreprises. Selon ses calculs, l’augmentation prévue représentera un coût annuel d’environ 1 197 $ par employé payé au salaire minimum, incluant 157 $ en taxes sur la masse salariale.

La FCEI souligne par ailleurs que le salaire minimum constitue souvent un point d’entrée sur le marché du travail : trois personnes sur cinq qui le perçoivent ont moins de 25 ans, deux tiers travaillent à temps partiel et près de la moitié occupent ce type d’emploi moins d’un an.

« On est soulagé que le gouvernement ait écarté la proposition d’une hausse à 20 $ l’heure, car cela aurait représenté un coût de 10 milliards de dollars et aurait risqué de mettre en péril de nombreuses entreprises et de nombreux emplois », a indiqué François Vincent, vice-président pour le Québec de la FCEI.

L’organisation patronale rappelle toutefois que le Québec demeure la province où la fiscalité des petites entreprises est la plus lourde, notamment en raison de taxes sur la masse salariale supérieures de 30 % à la moyenne canadienne. Elle déplore aussi l’absence d’exemptions fiscales pour certaines PME et des taux d’imposition jugés excessifs pour les plus petites entreprises.

La FCEI plaide pour que les hausses du salaire minimum soient accompagnées de mesures concrètes de réduction de la fiscalité, estimant que ces économies pourraient être réinvesties dans la rémunération, la productivité et la réduction de l’endettement des entreprises. Un sondage Léger cité par l’organisation indique que 73 % des Québécois appuient une baisse de taxes pour les petites entreprises.

Un débat récurrent entre pouvoir d’achat et compétitivité

La hausse annoncée s’inscrit dans la continuité des ajustements annuels apportés depuis 2019, qui ont graduellement fait passer le salaire minimum de 12,50 $ à 16,60 $. Si le gouvernement met de l’avant la protection du pouvoir d’achat et l’attraction de la main-d’œuvre, les organisations patronales continuent de réclamer un allègement fiscal pour absorber les impacts de ces augmentations.

À l’approche de l’entrée en vigueur de la mesure, le débat entre soutien aux travailleurs et compétitivité des entreprises demeure donc bien présent, particulièrement dans un contexte où les PME affirment faire face à une pression croissante sur leurs coûts d’exploitation.

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Éric Beaupré
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