Hausse excessive du salaire minimum  »Prioriser l’éducation et la formation au lieu de la facilité » selon l’IEDM

Hausse excessive du salaire minimum  »Prioriser l’éducation et la formation au lieu de la facilité » selon l’IEDM
© Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55. Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

À la suite de l’annonce de la hausse du salaire minimum de 13,50 $ à 14,25 $ l’heure par le ministre Jean Boulet vendredi dernier, certains groupes communautaires et syndicats ont avancé qu’il s’agissait d’une occasion ratée de le faire passer à 18 $ l’heure.

Dans une nouvelle publication de l’Institut économique de Montréal, l’économiste Maria Lily Shaw et l’analyste en politiques publiques Gabriel Giguère arrivent à la conclusion que même si une hausse à 18 $ l’heure peut sembler bénéfique pour les travailleurs à faible revenu, cette augmentation vertigineuse de 33 % aurait des conséquences négatives sur la santé financière de diverses entreprises des secteurs du commerce de détail, de la restauration et de l’hébergement. Ils soutiennent même que plusieurs travailleurs de ces secteurs pourraient perdre leur emploi.

« Prenons le cas d’un chef de famille monoparentale. Pour l’année 2021, son taux horaire de 13,50 $ l’heure correspond à un revenu annuel brut de 24 570 $. Si on ajoute les montants additionnels perçus en prestations, et après impôt et cotisations diverses, son revenu annuel net s’élève à 34 672 $, ce qui équivaut à 19,05 $ l’heure. Ce montant est supérieur à ce que revendiquent les organisations syndicales », commente Maria Lily Shaw.

Observer le profil typique des travailleurs au salaire minimum nous mène à la conclusion qu’il s’agit d’un passage temporaire dans la majorité des cas et que d’autres solutions devraient être envisagées.

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Prioriser l’éducation et la formation au lieu de la facilité

Même si une augmentation du salaire minimum est une mesure aux intentions très nobles, les chercheurs de l’IEDM affirment qu’il existe d’autres moyens plus efficaces et moins économiquement dommageables de venir en aide aux personnes visées. Les travailleurs méritent mieux qu’une aide temporaire et mal avisée qui nuirait aussi aux entrepreneurs, qui peinent déjà à se sortir la tête de l’eau.

« Il ne faut pas tomber dans le panneau en choisissant la politique publique la plus simple en apparence. Les organismes, syndicats et politiciens devront comprendre qu’il existe d’autres mesures pour venir directement en aide aux travailleurs à faible revenu, comme l’éducation et la formation, ainsi que les mesures ciblant les moins nantis », conclut Gabriel Giguère.

Éric Beaupré
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