La communauté drummondvilloise en deuil de l’artiste Rock Blanchette

La communauté drummondvilloise en deuil de l’artiste Rock Blanchette
M. Rock Blanchette © Photo François Pinard. Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

La communauté drummondvilloise des arts visuels déplore la perte d’un de ses membres, le peintre et aquarelliste Rock Blanchette, décédé vendredi soir le 4 septembre dernier des suites d’une insuffisance pulmonaire, à l’âge de 65 ans.

La communauté drummondvilloise en deuil de l’artiste Rock Blanchette

Natif de Drummondville (1954), il est le cinquième enfant d’une famille de six. Sans le savoir, son nom sera prédestiné. C’est un peu avant un grave accident survenu en 1971 et qui le laisse quadraplégique qu’il aborde d’abord la pratique du dessin, puis plus tard celle de la peinture et de l’aquarelle. Hormis un bref apprentissage à l’Institut de réadaptation de Montréal et auprès de son ami artiste Richard Goudreau, sa formation est autodidacte.

Davantage aquarelles que peintures, on estime à plus de 5000 le nombre de ses œuvres. Elles ont été diffusées par de très nombreuses expositions, tant individuelles que collectives, notamment par la Galerie du Musée des beaux-arts de Montréal et la Galerie Lukacs de Montréal, Toronto, Calgary et Halifax. Il a également fait partie de nombreuses ventes aux enchères et événements spéciaux. À ce chapitre, sa collaboration soutenue auprès du Festival mondial de folklore de Drummondville a beaucoup contribué à une vaste diffusion de ses œuvres.

Initialement composée de paysages et de portraits peints, son imagerie évolue au fil du temps de façon plus exclusive vers le paysage et l’aquarelle. De la même façon, ses rendus passent graduellement du réalisme vers davantage d’imagination. Totalement inventés, ses paysages illustrent des scènes champêtres faites de vues rapprochées où les motifs naturels se fondent dans des harmonies colorées raffinées faites de bleus, de verts et d’ors. Ils s’ouvrent sur de vastes étendues rêvées où l’esprit peut circuler librement, la contrainte et le confinement n’y ayant plus aucune incidence.

Figure importante des arts visuels dans notre région, Rock Blanchette a cumulé près de 50 ans de pratique de la peinture et de l’aquarelle. Pédagogue, il a enseigné l’une et l’autre pendant une vingtaine d’années. Il fut membre fondateur de la Guilde des artistes de la région de Drummondville et y a longtemps tenu une part active. Son large réseau d’amis – qui se reconnaîtront ici – s’est développé au fil des ans et des expositions. Comme pour plusieurs d’entre eux, mon amitié pour lui remonte à celle intitulée « Visages du monde », tenue en 1977 dans le Foyer du Centre culturel de Drummondville.

Depuis toujours, il croyait en la cohérence de l’évolution de l’art, celui issu du travail, reposant sur un métier, découlant d’un apprentissage. Admettant volontiers que son type de pratique soit désormais révolu, il considérait aussi que les « beaux-arts » étaient aujourd’hui disparus et qu’il était maintenant correct de « mal faire » les choses. Jugeant les nouvelles pratiques artistiques comme étant trop cérébrales plutôt que reposant sur un savoir-faire qui illustre un propos, il regrettait que celles-ci ne rejoignent pas un large public, ce dernier ne se sentant pas accueilli. À ses yeux, ces pratiques marqueraient un point de non-retour dans l’évolution de la pratique des arts visuels.

Malgré sa quasi-immobilité obligée, il avait très tôt décidé d’avoir une vie active. C’était un épicurien, amateur de vins et de bonne bouffe en agréable compagnie, devant une table somptueusement dressée, un grand cuisinier avec les mains d’autrui. C’était un humaniste d’une grande curiosité et un cinéphile boulimique, amoureux de la musique classique et des chats. Fort bon photographe, il était également doué d’un redoutable sens de l’humour. Le jardinage horticole et potager n’avaient plus de secrets pour lui, ils étaient chaque fois synonymes d’été et de renouveau. Obligé de rêver sa vie par la solitude de son quotidien, nous pouvons maintenant croire qu’il puisse dorénavant marcher dans ses aquarelles qu’il avait tant visualisées avec l’oeil du marcheur solitaire.

Éric Beaupré
Éric Beaupré
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