DRUMMONDVILLE
Réunis en grand nombre, les manifestants ont tenu à rappeler que ces sommes, toujours non versées, représentent un manquement sérieux aux engagements pris par le gouvernement, et un symbole supplémentaire d’un climat de méfiance croissante dans le réseau public.
« Ça suffit ! Payez-nous l’argent que vous nous devez depuis la signature de la convention collective… il y a un an et demi », ont réclamé des centaines de travailleuses et travailleurs de la santé et des services sociaux affiliés à la FSSS-CSN, réunis devant l’hôpital Sainte-Croix (CIUSSS MCQ) à Drummondville.
Pour la Fédération, l’attitude gouvernementale est non seulement injustifiable, mais insultante envers le personnel qui maintient les services à bout de bras.
« La CAQ, cette grande faucheuse, sabre dans tout sans retenue, même dans la rémunération qui est due aux salarié-es du réseau », critique Carole Duperré, vice-présidente responsable du secteur public à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN). « Il est inconcevable que les travailleuses et travailleurs dévoué-es, qui tiennent le réseau à bout de bras, attendent encore et toujours des sommes que le gouvernement leur doit. C’est un manque de respect total. Les membres sont en colère, avec raison, et nous faisons front pour que le gouvernement en fasse plus pour nos services publics. »
Face à ce refus d’agir, la Fédération a déjà porté le dossier devant les tribunaux.
« Nous sommes même rendus devant le tribunal pour forcer la CAQ à respecter ses engagements », ajoute Carole Duperré. « En plus, le gouvernement n’est même pas capable de dire quand il pourra finalement payer ses dettes aux travailleuses et travailleurs. Inadmissible. »
Un problème régional massif
La situation touche également la Mauricie et le Centre-du-Québec, où les retards s’accumulent.
« Ici même, dans le Centre-du-Québec et en Mauricie, des milliers de travailleuses et travailleurs du réseau de la santé et des services sociaux subissent la négligence et la nonchalance de ce pire employeur qu’est la CAQ et son agence Santé Québec », explique Liette St-Arnaud, vice-présidente régionale de la FSSS-CSN. « En plus, lorsque certains obtiennent enfin un paiement des sommes dues, il est impossible de vérifier si les calculs sont bons. C’est profondément dévastateur, immoral. Cela génère un stress financier constant. Face au gouvernement qui ne respecte pas ses obligations, la grogne monte chez les personnes qui prennent soin de nous. »
La FSSS exige donc des « actions concrètes et immédiates » afin que les montants en souffrance soient versés sans délai.
« Se lever contre la CAQ »
Pour les organisations syndicales, il ne s’agit plus seulement d’une question salariale, mais de gouvernance.
« Cette incapacité de la CAQ à respecter ses engagements envers les travailleurs et travailleuses de la santé et des services sociaux est un exemple de plus du mépris du gouvernement », évalue Pascal Bastarache, président du conseil central Cœur du Québec – CSN. « L’inefficacité de ce gouvernement et ses décisions qui vont à l’encontre de l’intérêt des Québécoises et des Québécois ne peuvent plus être tolérées. Il est temps de faire front, de nous unir pour bloquer la CAQ. »
Une campagne d’envergure
La CSN s’inscrit dans la campagne Faire front pour le Québec, qui vise à mobiliser la population face, dit-elle, au « bilan désastreux » du gouvernement Legault.
La centrale syndicale affirme « faire front pour un Québec qui agit pour un meilleur partage de la richesse, pour des services publics qui permettent de s’occuper de la population et pour enclencher la transition juste.























