DRUMMONDVILLE
L’anxiété financière s’installe alors que les besoins explosent @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
À Drummondville, plusieurs ressources font état d’une hausse soutenue des demandes d’aide alimentaire, de soutien au logement, d’accompagnement des personnes vulnérables et de services d’urgence destinés aux familles, aux aînés, aux travailleurs précaires et aux personnes en situation d’itinérance. Plusieurs ressources font état d’une hausse soutenue des demandes d’aide alimentaire, de soutien au logement, d’accompagnement des personnes vulnérables et de services d’urgence destinés aux familles, aux aînés, aux travailleurs précaires et aux personnes en situation d’itinérance.
Les organismes regroupés sous la bannière « Le communautaire à boutte » et leurs nombreuses démarches témoignent également de cet essoufflement. Comme le rappelait encore récemment en conférence de presse la directrice générale de la CDC Drummond, Mélanie Létourneau, les organismes communautaires peinent à répondre à une demande grandissante alors que les ressources financières et humaines demeurent limitées.
Les demandes d’aide se multiplient également sur les réseaux sociaux, où de plus en plus de citoyens lancent des appels à l’aide pour répondre à des besoins essentiels. Femmes, hommes, familles, personnes âgées et même des travailleurs à temps plein qui n’arrivent plus à joindre les deux bouts se tournent vers ces plateformes afin d’obtenir du soutien de la communauté.
Pour de nombreux ménages rencontrés par le Vingt55, les revenus familiaux sont devenus insuffisants pour faire face à la hausse constante du coût de la vie, particulièrement celle des loyers.
Plusieurs sollicitent de l’aide alimentaire, des produits de première nécessité ou une assistance temporaire en attendant un panier alimentaire, leur prochain salaire ou le versement d’une prestation. Une réalité que confirment plusieurs intervenants et dirigeants d’organismes communautaires de Drummondville rencontrés par le Vingt55, qui constatent quotidiennement sur le terrain une augmentation des demandes d’aide de subsistance ainsi qu’une précarisation grandissante de nombreux ménages et travailleurs qui peinent à répondre à leurs besoins essentiels.
Certains propriétaires et acteurs du marché locatif profiteraient de l’explosion des prix, tandis que les instances municipales et gouvernementales disposent de peu de leviers pour ralentir cette hausse vertigineuse du coût du logement à Drummondville. Cette réalité se reflète de plus en plus dans les demandes d’aide observées tant auprès des organismes communautaires que sur les réseaux sociaux.
Hausse du coût de la vie, loyers plus élevés, panier d’épicerie toujours plus cher et difficulté à joindre les deux bouts. Les résultats de la plus récente étude de Centraide et Léger confirment une réalité que plusieurs organismes communautaires de Drummondville constatent déjà quotidiennement sur le terrain, la précarité financière gagne du terrain et les demandes d’aide se multiplient.
Des statistiques et des données à l’échelle humaine face à une crise grandissante.
Selon l’étude analysé par le Vingt55 près de neuf Québécois sur dix (86 %) ressentent une pression financière dans leur quotidien, tandis que 48 % vivent une anxiété financière importante. L’indice d’anxiété financière atteint désormais 40,4 sur 100, comparativement à 38,8 lors de la première mesure réalisée en 2022.
À Drummondville, ces statistiques trouvent un écho bien réel. Au cours des derniers mois, plusieurs organismes, dont le Comptoir alimentaire Drummond, l’Ensoleilvent, La Piaule et d’autres ressources communautaires du territoire, ont lancé des appels à l’aide devant l’augmentation constante des besoins.
L’aide demandée ne se limite plus uniquement aux paniers alimentaires ni aux personnes sans emploi.
Les organismes constatent une hausse des demandes liées au logement, aux frais de subsistance, au dépannage d’urgence, à l’hébergement temporaire, à l’accompagnement des personnes en situation d’itinérance ainsi qu’au soutien offert aux familles et aux enfants. Certaines familles doivent désormais attendre avant de recevoir une aide alimentaire régulière, alors que les ressources peinent à répondre à l’ensemble des besoins.
Les données de Centraide révèlent d’ailleurs qu’une personne sur quatre affirme que sa situation financière s’est détériorée au cours de la dernière année.
Plus préoccupant encore, 45 % des répondants ne disposent pas d’une réserve financière suffisante pour traverser plus d’un mois en cas de perte de revenu ou de dépense imprévue.
L’insécurité alimentaire apparaît comme l’un des indicateurs les plus inquiétants. L’étude révèle qu’elle touche désormais 30 % des Québécois, en forte hausse comparativement à l’an dernier. Cette réalité se traduit concrètement par des personnes qui réduisent leurs portions, sautent des repas ou craignent de manquer de nourriture avant la prochaine paie.
À cela s’ajoute une inquiétude grandissante face à l’économie québécoise. En effet, 60 % des répondants se disent préoccupés par les perspectives économiques de la province, un facteur qui contribue directement au sentiment d’insécurité financière.
« Ces données confirment ce que notre réseau d’organismes communautaires constate chaque jour : l’anxiété financière est bien réelle. Elle a des répercussions concrètes sur la vie familiale, la santé mentale et la capacité de se projeter dans l’avenir », souligne Tasha Lackman, présidente-directrice générale de Centraide du Grand Montréal.
Selon elle, plusieurs ménages sont forcés de faire des choix difficiles afin de boucler leur budget.
« Vivre avec peu de moyens, c’est faire des choix difficiles, comme payer son loyer au détriment de l’épicerie. C’est aussi craindre la moindre dépense imprévue. Parmi les plus touchés, on retrouve des personnes qui travaillent sans arriver à joindre les deux bouts, des familles qui ne peuvent subvenir aux besoins de leurs enfants et des jeunes adultes qui amorcent leur vie avec une charge financière très lourde », ajoute-t-elle.
Pour plusieurs organismes du Centre-du-Québec, cette augmentation représente un défi majeur. Selon les informations obtenues par le Vingt55, le Comptoir alimentaire Drummond vient en aide à près de 4 000 personnes différentes chaque année. L’organisme doit également composer avec d’importants enjeux financiers liés à ses installations et à ses besoins grandissants, alors même que la demande continue d’augmenter.
Les groupes les plus touchés par cette pression financière sont également ceux que les intervenants rencontrent régulièrement sur le terrain. Les parents figurent parmi les plus anxieux, tout comme les familles monoparentales, les travailleurs à faible revenu, les nouveaux arrivants, les personnes vivant avec une limitation fonctionnelle ainsi que plusieurs aînés dont le budget est de plus en plus difficile à équilibrer.
Les familles et les jeunes particulièrement vulnérables par la situation
L’enquête révèle que certains groupes sont davantage touchés que d’autres par l’anxiété financière.
Les parents figurent parmi les plus préoccupés, alors que 60 % d’entre eux présentent un niveau d’anxiété financière important. Les familles monoparentales sont également plus susceptibles de reporter ou d’abandonner certains projets en raison de contraintes budgétaires, notamment l’épargne, les vacances, les loisirs ou encore certains soins de santé.
L’étude souligne aussi l’impact du niveau de connaissances financières sur le sentiment d’anxiété. Les personnes possédant une faible littératie financière sont près de deux fois plus nombreuses à vivre une anxiété financière importante que celles ayant une meilleure compréhension des finances personnelles.
Les locataires demeurent également parmi les groupes les plus inquiets. Plus du quart d’entre eux (27 %) craignent sérieusement de perdre leur logement ou d’être évincés.
Des impacts sur la santé mentale
Au-delà des conséquences économiques, l’anxiété financière a également des répercussions importantes sur la santé mentale et la qualité de vie.
Les jeunes adultes âgés de 18 à 34 ans sont particulièrement affectés. Près de la moitié d’entre eux (49 %) affirment éprouver des difficultés de concentration au travail ou aux études en raison de leurs préoccupations financières. Quatre sur dix rapportent des troubles du sommeil, tandis que 36 % indiquent que leur situation financière provoque des tensions ou des conflits au sein de leur foyer.
Depuis 2022, Centraide suit l’évolution des préoccupations financières des Québécois à travers cet indice, qui repose notamment sur la situation financière des ménages, leur niveau de connaissances financières ainsi que leurs préoccupations à l’égard de différents aspects économiques de leur quotidien.
En effet, l’étude révèle que six parents sur dix vivent une anxiété financière importante. Chez les familles monoparentales, plus d’une sur deux affirme vivre de l’insécurité alimentaire. Plusieurs doivent reporter des soins de santé, des activités pour les enfants ou encore des projets essentiels faute de moyens financiers suffisants.
Au-delà des chiffres, les résultats mettent en lumière une réalité de plus en plus visible dans les rues de Drummondville. L’itinérance, les difficultés d’accès au logement, les besoins alimentaires croissants et la pression exercée sur les organismes communautaires témoignent d’une fragilité économique qui touche désormais des citoyens issus de tous les milieux.
Alors que plusieurs ressources communautaires peinent elles-mêmes à assurer leur financement et à maintenir leurs services, les données publiées par Centraide soulèvent une question qui préoccupe de nombreux intervenants locaux, comment répondre à une demande grandissante alors que les organismes sont déjà à pleine capacité?
À Drummondville, les signes de précarité se multiplient et inquiètent même les intervenants du milieu. Comme l’a rapporté le Vingt55, le Comptoir alimentaire Drummond fait face à des défis de taille et doit réunir près de 10 millions de dollars pour concrétiser son projet de relocalisation. Un objectif colossal pour l’organisme, qui peine toujours à obtenir les appuis financiers municipaux et gouvernementaux nécessaires à la réalisation de ce projet devenu essentiel pour répondre à la demande croissante.
Pour plusieurs intervenants du milieu communautaire, notamment au Comptoir alimentaire Drummond, à l’Ensoleilvent et à La Piaule, la hausse de l’anxiété financière ne constitue plus seulement une statistique. Elle se traduit quotidiennement par un nombre croissant de familles à soutenir, davantage de demandes d’aide d’urgence et de plus en plus de citoyens qui franchissent pour la première fois la porte d’un organisme d’entraide afin de répondre à des besoins essentiels.

L’anxiété financière s’installe alors que les besoins explosent @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.




















