Drummondville / Centre-du-Québec
Plus de 20 000 travailleuses et travailleurs prendront part à cette grève de services, déterminés à obtenir des investissements substantiels dans le milieu communautaire, considéré comme un pilier du filet social, afin de répondre aux besoins croissants de la population dans des conditions jugées acceptables.
Ancré notamment à Drummondville, Victoriaville et dans l’ensemble de la région, le mouvement dénonce un sous-financement persistant, des conditions de travail jugées insoutenables et un bris de confiance envers la ministre Chantal Rouleau.
Le milieu communautaire avertit que, sans investissements significatifs, la pérennité de nombreux organismes est compromise, alors que les besoins en logement, en sécurité alimentaire et en santé mentale continuent de s’accentuer.
En réaction à un budget qu’ils jugent une fois de plus insuffisant, le mouvement Le communautaire à boutte et le Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA) réclament d’urgence l’ouverture d’une table de négociation avec la prochaine ou le prochain premier ministre.
Appuyée par plus de 1 500 organismes d’action communautaire autonome, cette demande s’accompagnera d’un vaste mouvement de grève qui doit se déployer du 23 mars au 2 avril partout au Québec. Le mouvement, né à Shawinigan et Mékinac avant de s’étendre à l’ensemble des régions, dénonce un sous-financement chronique, l’alourdissement des besoins sociaux et l’épuisement grandissant des équipes communautaires.
Au Centre-du-Québec, la mobilisation prend également forme. Des regroupements de Drummondville et des Bois-Francs, notamment autour de la CDC Drummond et d’organismes du secteur de Victoriaville et de L’Érable, participent au mouvement. Le répertoire public des cellules locales du mouvement confirme d’ailleurs la présence de cellules actives à Drummondville et dans les Bois-Francs, tandis que des organismes de la région ont déjà annoncé leur participation à la grève.
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Pour les porte-parole du mouvement, la situation est devenue intenable. « Ça fait des années que le gouvernement nous prend pour acquis. Les 50 000 travailleuses vivent une détresse psychologique, un épuisement généralisé et des conditions salariales indécentes. Combien de groupes devront fermer leur porte pour qu’on soit pris au sérieux? Combien de travailleuses et de travailleurs quitteront le navire, épuisées? Pendant combien de temps devrons-nous encore nous mobiliser? », s’est exclamé Mathieu Gélinas, co-porte-parole du mouvement, dans un communiqué diffusé dimanche.
Le milieu communautaire reproche aussi à la ministre responsable de la Solidarité sociale et de l’Action communautaire, Chantal Rouleau, son manque d’ouverture au dialogue. Du côté du RQ-ACA, on affirme que le lien de confiance est sérieusement fragilisé. « Elle n’a pas livré la marchandise, soutient Caroline Toupin, porte-parole du regroupement. Ce qu’on demande, c’est un financement qui permet d’atteindre la moyenne québécoise pour des emplois similaires. Pour ça, on estime que ça prendrait des investissements additionnels de 2,6 milliards. C’est aussi un enjeu d’équité car ce sont majoritairement les femmes qui sont touchées par cette situation intenable, tant sur le plan des travailleuses que des personnes soutenues. »
Les organismes soutiennent que le réseau communautaire agit aujourd’hui comme un rempart essentiel du filet social québécois, alors que les besoins explosent en logement, en sécurité alimentaire et en santé mentale. À leurs yeux, le désengagement de l’État met non seulement en péril la survie des organismes, mais fragilise aussi l’ensemble des services de proximité offerts à la population.
Les données avancées par le mouvement dressent un portrait préoccupant. Selon les chiffres cités dans le communiqué, 75 % des travailleuses du secteur sont des femmes, alors que des femmes détenant un diplôme postsecondaire se retrouvent dans 74 % des organismes. Le taux horaire moyen dans l’action communautaire autonome serait par ailleurs






