DRUMMONDVILLE

En entrevue au Vingt55, Mme Rachel Bissonnette, directrice générale de la Tablée populaire @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
Rassemblés au Marché public de Drummondville, point de départ d’un important rassemblement régional, des participants provenant du Centre-du-Québec et d’ailleurs ont été transportés par autobus avant de prendre part à une marche ponctuée de prises de parole. Tour à tour, des représentants de différents organismes ont rappelé l’urgence d’agir dans chacun de leurs secteurs, dénonçant une pression devenue intenable sur le terrain.
Dès les premières minutes du rassemblement, le ton est donné. Devant la foule, qui selon les organisateurs est estimée à près de 1 000 personnes, comme l’a indiqué la direction générale de la Table populaire en entrevue au Vingt55, les intervenants issus de divers organismes communautaires se succèdent pour témoigner d’une réalité qui se détériore depuis plusieurs années.
Comme en a été témoin le Vingt55 sur place, ce sont des représentants de nombreux organismes de Drummondville, Victoriaville, du Centre-du-Québec et même de la Mauricie, ainsi que quelques-uns venus de Montréal, qui étaient présents pour envoyer un message clair.
En entrevue au Vingt55, Mme Rachel Bissonnette, directrice générale de la Tablée populaire, décrit une situation connue, mais longtemps ignorée.
« Ce n’est pas une nouvelle situation. Ça fait des années qu’on le dit. Aujourd’hui, on est rendu à nommer qu’on n’est plus capable de répondre aux besoins », affirme-t-elle.
Sur scène comme dans la rue, les témoignages convergent, les organismes doivent constamment « faire des miracles » avec des ressources limitées, alors que la demande explose. Malgré certaines hausses de financement, celles-ci ne suffisent pas à couvrir les besoins réels.
« On nous demande de faire plus avec moins, année après année. On réussit à tenir le filet social, mais à quel prix? », lance-t-elle.
Le communautaire à boutte : près de 1000 personnes dans la rue à Drummondville pour dénoncer l’urgence d’agir @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
Au fil des interventions, les représentants de différents secteurs, alimentaire, famille, jeunesse, itinérance, dressent un portrait élargi de la crise. Tous insistent sur le fait que la pauvreté ne touche plus uniquement les clientèles les plus visibles.
« On parle de gens qui travaillent, d’aînés, de familles. Des gens qui doivent choisir entre manger, payer leur logement ou acheter leurs médicaments », souligne Mme Bissonnette, évoquant une « pauvreté fonctionnelle » de plus en plus répandue.
À Drummondville, la situation est particulièrement préoccupante. Les organismes estiment qu’il manque environ 16 millions de dollars pour répondre adéquatement aux besoins actuels des quelque 75 organismes du territoire — sans même envisager le développement de nouveaux services.
Sur le terrain, plusieurs dénoncent également les limites du recours accru aux dons et au financement privé. Avec un nombre croissant d’organismes sollicitant la population, la capacité de contribution de la communauté atteint ses limites.
« À un moment donné, tout le monde sollicite les mêmes ressources. Le communautaire ne peut pas remplacer le rôle de l’État », résume une intervenante.
Malgré la colère exprimée, le message demeure orienté vers la recherche de solutions. Les organismes réclament avant tout d’être reconnus comme des experts du terrain et d’être inclus dans les décisions.
« On veut s’asseoir avec le gouvernement. On veut faire partie des solutions. On connaît la réalité, on la vit tous les jours », insiste Mme Bissonnette.
La mobilisation de Drummondville s’inscrit dans une série d’actions à travers le Québec, alors que le mouvement Le communautaire à boutte multiplie les rassemblements régionaux. Une convergence est d’ailleurs prévue à Québec dan.s les prochains jours.
Pour les participants, cette démonstration de solidarité vise à envoyer un message clair : sans réinvestissements majeurs, la capacité des organismes à soutenir la population continuera de s’effriter.
« On ne veut pas fermer les ponts. On veut être entendus. Mais surtout, on veut des actions concrètes », conclut en entrevue au Vingt55 Mme Bissonnette.

Le communautaire à boutte : près de 1000 personnes dans la rue à Drummondville pour dénoncer l’urgence d’agir @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.


























