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Le milieu communautaire hausse le ton : une motion de blâme déposée contre le gouvernement par le mouvement ‘Le communautaire à boutte’

Le milieu communautaire hausse le ton : une motion de blâme déposée contre le gouvernement par le mouvement ‘Le communautaire à boutte’
@ Crédit photo Eric Beaupré archives / Vingt55 Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

Des centaines de travailleuses et de travailleurs du milieu communautaire se sont rassemblés aujourd’hui, lundi, devant les bureaux de la première ministre Christine Fréchette, à Saint-Constant, pour y déposer officiellement une motion de blâme visant le gouvernement de la Coalition Avenir Québec (CAQ).

Cette initiative s’inscrit dans une nouvelle étape de mobilisation du mouvement Le communautaire à boutte, qui dénonce depuis plusieurs années le sous-financement chronique des organismes communautaires partout au Québec.

La démarche trouve également un écho dans plusieurs régions, dont le Centre-du-Québec, où de nombreux organismes de Drummondville, Victoriaville et des municipalités environnantes doivent composer avec une hausse constante des demandes d’aide, tout en faisant face à des ressources financières limitées ainsi qu’à des difficultés de recrutement et de rétention du personnel.

Une mobilisation qui prend de l’ampleur

Le mouvement rappelle que plus de 10 000 travailleuses et travailleurs communautaires provenant de toutes les régions du Québec avaient manifesté devant l’Assemblée nationale le 2 avril dernier afin de réclamer des engagements financiers durables.

Le 28 avril, des représentants du mouvement ont également rencontré des membres des cabinets de la première ministre Christine Fréchette et de la ministre responsable de la Solidarité sociale et de l’Action communautaire, Chantal Rouleau. Ils y ont notamment demandé la création d’un fonds d’urgence visant à éviter la fermeture de certains organismes ainsi que la mise sur pied rapide d’une table de négociation.

Selon les porte-paroles du mouvement, aucune réponse n’a été reçue depuis cette rencontre.

« Ce refus de dialoguer envoie un message clair aux 50 000 personnes qui s’investissent quotidiennement dans leurs communautés ainsi qu’aux trois millions de Québécoises et Québécois qui bénéficient de leurs services », soutient le mouvement.

Rappelons que récemment, des représentants du milieu communautaire avaient également manifesté devant le bureau du député de Drummond–Bois-Francs, Sébastien Schneeberger, afin de dénoncer le sous-financement des organismes et de réclamer des engagements concrets de la part du gouvernement. M. Schneeberger est par ailleurs, à ce jour, le seul député de la région de Drummondville à avoir confirmé publiquement son intention de solliciter un nouveau mandat lors des prochaines élections provinciales.

Cette mobilisation a également trouvé un écho important dans le Centre-du-Québec. Des intervenantes, intervenants, travailleuses et travailleurs issus de nombreux organismes communautaires de Drummondville, de Victoriaville et de plusieurs municipalités de la région ont participé aux différentes actions menées au cours des dernières semaines afin de démontrer leur solidarité envers le mouvement provincial. Plusieurs rappellent que les enjeux dénoncés à l’échelle nationale se vivent également sur le terrain ici même, où les organismes doivent répondre à une demande croissante en matière d’aide alimentaire, de soutien psychosocial, de lutte à l’itinérance, d’accompagnement des familles et d’aide aux personnes vulnérables.

Pour plusieurs acteurs du milieu, les difficultés de financement ne sont plus uniquement une question administrative ou budgétaire, mais un enjeu qui touche directement la capacité des organismes à maintenir leurs services et à répondre aux besoins grandissants de la population. Les organismes communautaires du Centre-du-Québec affirment ainsi partager les préoccupations exprimées partout dans la province et soutiennent les revendications réclamant un financement stable, prévisible et à la hauteur des réalités du terrain.

Cette implication régionale témoigne de l’importance du réseau communautaire dans le quotidien de milliers de citoyens du Centre-du-Québec, alors que plusieurs organismes constatent depuis quelques années une augmentation marquée des demandes de services, souvent sans ressources supplémentaires pour y faire face.

Une réalité bien présente dans la région

Dans le Centre-du-Québec, plusieurs organismes communautaires constatent eux aussi une augmentation importante des besoins liés à l’insécurité alimentaire, à l’itinérance, à la santé mentale, à l’aide aux familles et à l’accompagnement des personnes vulnérables.

À Drummondville notamment, les organismes communautaires jouent un rôle essentiel dans le filet social. Plusieurs intervenants du milieu soulignent que la pression exercée sur les équipes s’accentue alors que les besoins continuent de croître plus rapidement que les budgets disponibles.

Le mouvement estime que cette réalité n’est plus soutenable et que les organismes ne peuvent continuer à absorber seuls les conséquences de l’augmentation des besoins sociaux.

Une motion de blâme sans équivoque

La motion déposée lundi dénonce notamment le sous-financement chronique et structurel des organismes communautaires, l’augmentation constante des besoins sans ressources supplémentaires adéquates, l’épuisement des travailleuses et travailleurs ainsi que la fragilisation des services offerts aux personnes les plus vulnérables.

Selon Le communautaire à boutte, cette situation résulte de choix politiques répétés et d’une absence de vision à long terme quant au rôle joué par les organismes communautaires dans le maintien du filet social québécois.

Des demandes précises

Par cette action, le mouvement réclame l’ouverture immédiate d’une table de négociation avec le milieu communautaire, un financement stable, récurrent, indexé et dédié à la mission des organismes ainsi que la fin des mesures temporaires jugées insuffisantes pour répondre à la crise actuelle.

« Avec la mobilisation historique que nous avons menée partout au Québec et le changement de leadership à la tête du gouvernement, nous avions sincèrement espoir qu’une nouvelle ouverture au dialogue soit possible. Malheureusement, nous constatons aujourd’hui que les organismes communautaires continuent d’être traités comme une dépense à gérer plutôt que comme des partenaires essentiels au bien-être collectif. Ce manque d’écoute et de considération est profondément décevant pour les 50 000 travailleuses et travailleurs du milieu communautaire qui soutiennent, chaque jour, des millions de personnes partout au Québec », ont déclaré les porte-paroles du mouvement.

Le mouvement prévient que les actions de mobilisation se poursuivront partout au Québec tant que ses revendications ne seront pas entendues et qu’aucun engagement concret ne sera pris par le gouvernement.

 

Éric Beaupré
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