Le RCLALQ dénonce de nouvelles hausses de loyers historiques pour les locataires

Le RCLALQ dénonce de nouvelles hausses de loyers historiques pour les locataires
Le RCLALQ dénonce de nouvelles hausses de loyers @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

Les locataires devront une fois de plus composer avec des hausses de loyers importantes en 2026. Le Tribunal administratif du logement (TAL) a récemment fixé à 3,1 % le taux de base servant au calcul des augmentations de loyers, une décision qui suscite une vive réaction du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ).

 Le Tribunal administratif du logement (TAL) a récemment fixé à 3,1 % le taux de base @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Selon l’organisme, ce nouveau taux, en vigueur depuis le 1er janvier, entraînera des augmentations significatives, sans apporter de solution durable à la crise du logement. Le RCLALQ déplore que cette révision réglementaire n’allège en rien le fardeau financier déjà lourd supporté par les locataires, particulièrement dans un contexte où l’accès au logement demeure de plus en plus difficile.

Le taux de base de 3,1 %, calculé à partir de la variation de l’inflation des quatre dernières années, représente l’un des niveaux les plus élevés observés depuis deux décennies, à l’exception des années 2024 et 2025. À cela s’ajoutent de nouvelles dispositions qui permettent désormais aux propriétaires d’intégrer jusqu’à 5 % des dépenses de rénovation dans l’augmentation du loyer, comparativement à environ 3 % depuis 2008.

Un marché locatif toujours précaire et sous le seuil d’équilibre à Drummondville

Malgré l’ajout de nouveaux logements, le taux d’inoccupation demeure faible, s’établissant à 1,8 %, un niveau bien en deçà de l’équilibre du marché locatif, généralement estimé autour de 3 %. Cette situation s’explique par une demande toujours supérieure à l’offre, alimentée par la croissance démographique et l’arrivée de nouveaux ménages. En conséquence, le marché locatif reste précaire à Drummondville, limitant les choix pour les locataires et maintenant des conditions favorables aux propriétaires.

Le règlement prévoit également que les hausses des taxes foncières et des assurances puissent être transférées aux locataires lorsqu’elles dépassent le taux de base. Cette situation risque de toucher de nombreuses municipalités, dont Montréal, où ces charges ont connu des augmentations marquées.

Le RCLALQ craint que ces changements ouvrent la porte à des hausses encore plus importantes que celles prévues par les indices officiels. « Sans contrôle effectif, on sait que les augmentations réellement demandées par les propriétaires seront bien supérieures à celles établies par le règlement », affirme Steve Baird, organisateur communautaire au RCLALQ.

Cette inquiétude s’inscrit dans un contexte où les données récentes de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) montrent une forte progression des loyers au cours des cinq dernières années. Lors d’un changement de locataire, les hausses auraient atteint en moyenne 17,2 % à Montréal en 2025, selon les chiffres cités par l’organisme.

À Drummondville, la crise du logement ne se résume pas à des données statistiques. Elle se manifeste aussi à travers des témoignages de locataires qui disent subir des pratiques contribuant directement à la hausse rapide des loyers, dans un marché déjà sous forte pression.

Un locataire a contacté Le Vingt55 afin de dénoncer une situation qu’il juge inacceptable et révélatrice de ce qui se produit de plus en plus fréquemment dans la région. Selon son témoignage, le logement qu’il occupait depuis plusieurs années, à un loyer d’environ 550 $ par mois, a changé de mains à la suite de la vente de l’immeuble à un groupe de promoteurs et de gestionnaires immobiliers.

L’immeuble, situé sur la 11e Avenue, aurait été acquis, selon les informations obtenues par le locataire, pour un montant avoisinant 105 000 $, dans le cadre d’une succession.

Peu après la transaction, le locataire affirme avoir été approché par les nouveaux propriétaires, qui lui auraient offert une somme de 5 000 $ afin qu’il quitte volontairement son logement.

Pour le RCLALQ, l’absence d’un registre des loyers et de mécanismes de contrôle efficaces aggrave la précarité des ménages locataires. « Sans registre et sans réel contrôle des loyers, les locataires n’ont aucune chance de voir leur situation s’améliorer, de réduire leur endettement ou de sortir du recours aux banques alimentaires », soutient Émile Boucher, également organisateur communautaire au sein du regroupement.

À court terme, le RCLALQ réclame un gel des hausses de loyers, qu’il considère nécessaire pour freiner l’escalade actuelle.

L’organisme rappelle par ailleurs que les locataires disposent de droits face aux augmentations proposées. « Les locataires peuvent refuser la hausse et demeurer dans leur logement », souligne Steve Baird. Les personnes concernées sont invitées à utiliser l’outil d’estimation mis à disposition par le RCLALQ ou à communiquer avec leur comité logement local.

Le regroupement indique enfin qu’il poursuivra ses actions de mobilisation au cours des prochains mois afin de faire pression sur le gouvernement, estimant que la capacité des locataires à absorber de nouvelles hausses est désormais dépassée.

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Éric Beaupré
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