Lettre ouverte
En présumant qu’on y installera des éoliennes d’environ 6 MW, un simple calcul nous permet de constater qu’il s’agit d’au moins 1000 éoliennes projetées en zone verte – c’est au moins 1000 hectares qui seraient sacrifiés. Et on ne parle pas des centaines d’autres pour les parcs déjà en service et ceux qui sont projetés dans Lotbinière et Arthabaska.
Le développement éolien a un impact non-négligeable sur le territoire agricole de plusieurs façons:
Perte de superficie net: en plus de l’emprise au sol de l’éolienne, l’aménagement du chemin d’accès permanent et du réseau de raccordement fragmentent les parcelles et réduit la surface cultivable.
Concurrences d’usage : le potentiel d’une zone agricole réside dans la production alimentaire. En y permettant la production d’énergie, on la transforme graduellement en zone industrielle.
Pression sur des sols rares: moins de 2 % du territoire québécois est considéré comme du territoire agricole de haute qualité; or, les nouveaux projets éoliens ciblent ces zones habitées et cultivées en raison de leur accessibilité au réseau.
Force est de constater que pour l’instant, les zones ciblées par Hydro-Québec pour le développement éolien le sont seulement en fonction de l’aspect technique d’intégration au réseau au détriment du territoire agricole. En agissant ainsi, on oublie une question fondamentale : pourquoi fragiliser notre souveraineté alimentaire pour produire de l’énergie ?
Le territoire agricole n’est pas un espace vide en attente d’affectation. C’est un outil de production fragile, habité et qui a déjà sa vocation : nous nourrir!
La CPTAQ est pourtant claire, la zone agricole est: « une ressource collective rare et non renouvelable. Outre leur rareté, ces sols sont localisés dans la partie méridionale du Québec. Cette partie du Québec jouit du climat le plus favorable pour la pratique et le développement des activités agricoles. »
Les orientations gouvernementales en aménagement du territoire (OGAT) sont aussi très claires : Il faut « planifier l’aménagement et le développement du territoire de manière à assurer sa protection, la mise en valeur de son plein potentiel et à créer un cadre propice à la pratique des activités agricoles. »
La transition énergétique est nécessaire, mais elle ne doit pas se faire au détriment de l’agriculture. Pour protéger notre capacité à nourrir la population de demain, il est urgent de repenser notre développement énergétique en commençant par un BAPE générique sur la filière éolienne, tel que demandé par l’Union des producteurs agricoles lors de leur dernier congrès en décembre.
Le Vingt55 accepte de publier cette lettre ouverte afin de contribuer au débat public. Les opinions, commentaires et prises de position qui y sont exprimés appartiennent exclusivement à son auteur. Ils ne reflètent pas nécessairement le point de vue, les valeurs ou les positions du journal, de la station de radio, de leur direction ou de leurs équipes.







et ensuite sur