« Lou » Brouillard, de Saint-Eugène : deux fois champion du monde ! …Raconte moi l’histoire par André Pelchat

« Lou » Brouillard, de Saint-Eugène : deux fois champion du monde ! …Raconte moi l’histoire par André Pelchat
Photo : Lou Brouillard, St-Eugène, 1936 Société d’Histoire Drummond, Fonds Yves Beauregard, P1, S2, D1, P18

Raconte-moi l'histoire par André Pelchat

« Lou » Brouillard, de Saint-Eugène : deux fois champion du monde !

 

Le combat Lo Brouillard contre Marcel Thil en 1935

Le 23 octobre 1931, au cœur de la morosité de la Grande dépression on a pu trouver une raison de se réjouir dans la région de Drummond. Certains ne sauront la nouvelle que le lendemain par les journaux. De plus chanceux l’ont peut-être su le soir même par la radio : un « p’tit gars » de Saint-Eugène-de-Grantham vient de remporter le titre de champion mondial des mi-moyens à la boxe, après avoir battu Jack Thompson en 15 rondes -et l’avoir envoyé 4 fois au tapis- au Garden de Boston devant 19 000 spectateurs. Il est vrai que Lucien « Lou » Brouillard a quitté son village natal en 1917, à l’âge de six ans, avec sa famille qui, comme des centaines de milliers de Québécois à l’époque a émigré aux États-Unis en quête d’une vie meilleure. Néanmoins, il a certainement encore de la famille dans la région. Sûrement un objet de fierté.

Brouillard, après plusieurs combats en amateur, est passé chez les professionnels en 1928. Selon un magazine américain, il a effectué un changement inusité dans sa manière de boxer : après avoir commencé comme boxeur droitier, il est devenu gaucher ! Il y a été forcé après avoir eu quelques côtes brisées du côté droit durant un combat, ce qui diminua sa puissance de frappe de ce côté. Qu’il ait réussi à faire un tel changement en dit long sur sa détermination.

Toutefois son règne comme champion du monde sera de courte durée : à peine 4 mois plus tard, il sera défait par Jackie Field. Sa carrière est toutefois loin d’être finie. De retour dans le ring la même année, il amorce une série de victoires. Il triomphe de Jimmy McLarnin (qui sera plus tard inscrit au Boxing Hall of Fame) en août. En 1933 il bat Mickey Walker et, enfin, en 1933 il remporte de nouveau le championnat du monde des poids moyens en mettant K.O. le champion en titre, Ben Jeby, à New York. Encore une fois, la même année il perd son titre, battu par Vince Dundee.

Un autre combat lui rapporte une victoire contre Young Corbett III, lui-même reconnu comme un grand boxeur. Après quoi Brouillard part pour l’Europe et, en novembre 1935, affronte le champion du monde de la NBA, le Français Marcel Thil. Thil l’emporte après un dur combat de 12 rondes où Brouillard impressionne suffisamment pour obtenir deux autres combats contre Thil.  Les deux fois, il est disqualifié pour avoir utilisé un coup sous la ceinture, ce qui lui vaut d’être suspendu pour un an. Son gérant est suspendu à vie.

Les commentateurs qualifiaient le style de Brouillard de « primitif », « sauvage », « rude » et admiraient sa force de frappe mais cela ne suffisait pas toujours contre des boxeurs techniquement plus habiles.

Après ses combats contre Thil, Brouillard poursuit sa carrière, bien qu’ayant dépassé l’âge optimal pour un boxeur. Il affrontera encore plusieurs adversaires de grande classe mais perdra 10 de ses 27 derniers combats. Il prend sa retraite de la boxe en 1940, après une dernière défaite.  Il termine avec une fiche impressionnante de 109 victoires sur 140 combats, dont 66 par K.O. et 43 par décision des juges. Il n’a été mis K.O. qu’une seule fois. Retiré de la boxe, il servira dans l’armée américaine durant la Seconde Guerre mondiale. Après le conflit, il s’installe à Hanson, Massachussetts. Il décède en 1984, largement oublié.

André Pelchat
CHRONIQUEUR
PROFIL

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