DRUMMONDVILLE
Alors que Santé Québec et le ministère de la Santé souhaitent voir les sages-femmes occuper une place grandissante en première ligne, les représentantes du milieu estiment que les ressources nécessaires pour concrétiser cette vision tardent à suivre.
Parmi les avancées positives, le RSFQ souligne l’adoption récente du projet de loi 15, qui modifie le Code des professions et élargit le champ de pratique des sages-femmes. Ces nouvelles dispositions leur permettent désormais d’offrir davantage de soins en santé sexuelle et reproductive, notamment en matière de contraception, de traitement des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS), ainsi que 8pour le suivi de l’allaitement au-delà de six semaines.
« Ces avancées sont essentielles pour l’accès aux soins en santé sexuelle et reproductive et elles témoignent de la force d’une profession qui continue de faire valoir sa place au bénéfice de la population », souligne la présidente du Regroupement Les sages-femmes du Québec, Amaili Jetté.
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Malgré ces gains législatifs, le développement des services de sages-femmes et des maisons de naissance demeure lent, estime le Regroupement, ce qui contribue à maintenir des inégalités d’accès selon les régions estime le regroupement.
Le RSFQ cite notamment le projet de maison de naissance de Longueuil, en discussion depuis plus de 15 ans. Si l’ouverture récente d’une maison de naissance et de la petite enfance à Val-d’Or est saluée comme une avancée importante pour les familles de la région, plusieurs autres projets attendent toujours des développements concrets, notamment à Laval, Mont-Tremblant, sur la Côte-Nord et aux Îles-de-la-Madeleine.
« C’est bien de nous donner plus de responsabilités par la loi, mais, pour que ça veuille dire quelque chose sur le terrain, il faut plus de sages-femmes et plus de maisons de naissance et ça prend des moyens. Pour le moment, certains établissements semblent donner une plus grande priorité que d’autres à la place des sages-femmes dans le réseau », ajoute Mme Jetté.
Les recommandations du Sommet
Le regroupement rappelle également que le Sommet des États généraux de la pratique sage-femme, tenu en novembre dernier en présence de représentants du ministère de la Santé et de Santé Québec, a permis de dégager plusieurs recommandations.
Dans le compte-rendu publié le 9 avril, il est notamment recommandé que les établissements de santé soutiennent et financent davantage le développement de modèles collaboratifs locaux afin de corriger les inégalités d’accès aux services de sages-femmes et de renforcer la première ligne en santé sexuelle et reproductive.
Pour la présidente de la Fédération des professionnèles (FP-CSN), Jessica Goldschleger, les sages-femmes représentent une ressource encore insuffisamment utilisée dans le réseau de la santé.
« Les sages-femmes sont une ressource de première ligne sous-utilisée dans le réseau de la santé. Il faudrait que Santé Québec et la ministre de la Santé, Sonia Bélanger, envoient une consigne claire aux établissements afin d’améliorer l’accès aux services de sages-femmes dans toutes les régions », affirme-t-elle.
Le RSFQ souhaite que la Journée internationale des sages-femmes de 2026 marque un véritable tournant.
« La Journée internationale des sages-femmes de 2026 devrait être un nouveau départ pour mettre les moyens en place dans le sens de la nouvelle loi et des orientations du récent Sommet », conclut Amaili Jetté.






