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Montréal va de l’avant avec les caméras corporelles : la FPMQ souhaite un déploiement partout au Québec

Montréal va de l’avant avec les caméras corporelles : la FPMQ souhaite un déploiement partout au Québec

Drummondville / Centre-du-Québec

La décision de Montréal d’équiper ses policiers de caméras corporelles relance le débat sur l’utilisation de cette technologie au Québec. La Fédération des policiers municipaux du Québec (FPMQ) accueille favorablement cette décision et souhaite maintenant voir les autres services policiers municipaux emboîter le pas.

Les policiers et policières du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) seront éventuellement équipés de caméras corporelles, tandis que des caméras seront également installées à bord de véhicules policiers.  Dans une déclaration transmise vendredi, la Fédération des policiers municipaux du Québec (FPMQ) salue la décision de Montréal, du SPVM et de la Fraternité des policiers et policières de Montréal (FPPM).

« C’est une excellente nouvelle! L’ajout des caméras corporelles, incluant les enregistrements sonores, va grandement contribuer au sentiment de sécurité; à la fois pour la population et pour les policiers et policières », affirme François Lemay, président de la FPMQ.

Des interventions policières mieux documentées, pour la Fédération, l’un des principaux avantages de ces équipements réside dans la possibilité de disposer d’une séquence plus complète lorsqu’une intervention policière fait l’objet de questions, d’une plainte ou d’une enquête.

François Lemay souligne que les images diffusées sur les réseaux sociaux ne présentent parfois qu’une partie d’une intervention.

« Nous voyons régulièrement des vidéos qui ne diffusent qu’une fraction de toute une intervention policière. La grande majorité du temps, les agent.e.s ont fait leur travail, suivant les protocoles et règles appris à l’école de police; en plus des indications de leur service de police. Avec cet outil, les personnes qui doivent juger du travail policier, qu’il s’agisse de la hiérarchie ou carrément du BEI, auront en main une preuve beaucoup plus complète », soutient le président de la FPMQ.

Selon lui, les enregistrements pourraient également permettre de documenter les interventions nécessitant éventuellement des ajustements dans les pratiques policières.

« Et si une intervention mérite un ajustement dans la pratique policière, elle sera documentée. Tout le monde y gagne », ajoute-t-il.

La FPMQ souhaite étendre la pratique au Québec

La Fédération ne souhaite pas que l’utilisation des caméras corporelles demeure limitée à Montréal. Elle invite les élus municipaux des autres villes à considérer leur implantation.

« Nous croyons fermement à la pertinence et à l’efficacité de cet outil. Nous en parlons depuis longtemps. Il est maintenant temps de passer à l’action partout, comme à Montréal », affirme François Lemay.

Plusieurs questions demeurent toutefois concernant l’utilisation et la conservation des enregistrements, notamment les circonstances dans lesquelles les images pourraient être rendues publiques et les mesures nécessaires pour protéger la vie privée des citoyens filmés.

La FPMQ soulève également la possibilité que ces enregistrements servent principalement dans le cadre d’enquêtes internes ou comme éléments de preuve devant les tribunaux. Leur utilisation pourrait donc différer du modèle observé dans certaines juridictions américaines, où les images provenant de caméras corporelles sont régulièrement diffusées publiquement.

Une technologie déjà testée à Drummondville

La question des caméras corporelles n’est pas nouvelle dans la région. Des policiers de la Sûreté du Québec affectés à la MRC de Drummond avaient participé à un projet pilote de caméras portatives, dont le déploiement local avait commencé le 29 novembre 2021.

Les policiers participants avaient utilisé ces équipements pendant plusieurs mois avant que le volet terrain à Drummondville ne prenne fin au printemps 2022. Le projet pilote de la Sûreté du Québec s’est ensuite poursuivi ailleurs dans la province avant de prendre fin en 2023.

À l’époque, plusieurs policiers de la MRC de Drummond voyaient d’un bon œil l’utilisation de caméras corporelles, notamment pour documenter plus complètement leurs interventions. Des constables spéciaux œuvrant au palais de justice de Drummondville avaient également souhaité voir cette technologie utilisée dans le cadre de leur travail.

Le projet n’a toutefois pas mené à un déploiement généralisé des caméras corporelles au sein de la Sûreté du Québec.

Les réseaux sociaux pourraient raviver le débat

La décision de Montréal survient dans un contexte où les interventions policières sont régulièrement filmées à l’aide de téléphones cellulaires et rapidement diffusées sur les réseaux sociaux. Ces séquences peuvent toutefois commencer après le début d’une intervention ou ne montrer qu’une partie des événements.

La caméra corporelle offre, dans cette perspective, la possibilité de disposer d’un enregistrement provenant directement du policier et couvrant une portion plus complète de l’intervention, selon les règles qui encadreront son activation.

La décision montréalaise pourrait ainsi raviver le débat ailleurs au Québec, notamment à la Sûreté du Québec, où cette technologie a déjà été mise à l’essai sans être déployée à grande échelle.

Éric Beaupré
PHOTOREPORTER
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