Pièce Cougar qui peut! : Carmen Sylvestre et Marie-Josée Longchamps impressionnent

Pièce Cougar qui peut! : Carmen Sylvestre et Marie-Josée Longchamps impressionnent
Théâtre d’été, Cougar qui peut! s’impose comme un incontournable @ Crédit Photo Marc Choquette. Tous droits réservés.

Kingsey Falls.

Le Vingt55 a eu le grand bonheur d’assister à une représentation, la semaine dernière, de la pièce Cougar qui peut!, qui se déroulait jusqu’à dimanche dernier à la Salle Kingsey de Kingsey Falls. La pièce prend l’affiche, dès cette semaine, à la Salle Marie-Thérèse Desmarais du Théâtre de Rougemont. Cette pièce de Steve Bally a été adaptée pour le Québec par Marie-Josée Longchamps et mise en scène par Fabien Dupuis, deux comédiens bien connus.

Théâtre d’été, Cougar qui peut! s’impose comme un incontournable @ Crédit Photo Marc Choquette. Tous droits réservés.

S’il y a une pièce à voir, cet été, pour se divertir et rire du début à la fin, c’est Cougar qui peut! Voilà, enfin!, une pièce qui ose mettre de l’avant des personnages âgés d’environ 75 ans campés par deux bêtes de scène extraordinaires : les comédiennes Carmen Sylvestre et Marie-Josée Longchamps. En effet, ces deux « cougars qui peuvent » forment un duo explosif dont la chimie est savoureuse. Les deux comédiennes, âgées de 77 ans, nous offrent une énergie hors du commun, ainsi qu’un sex appeal des plus authentiques, rappelant que le désir et les relations amoureuses sont chose possible à tous les âges.

Un chaos… organisé!

La pièce se déroule dans l’appartement de Rose (Marie-Josée Longchamps), une retraitée qui tente de percer comme artiste-peintre, dont les œuvres contiennent, pour la plupart, des phallus bien cachés. Celle-ci habite avec son fils, Patrick (Yan Rompré), qui lui quête constamment de l’argent et devrait apprendre à voler de ses propres ailes. Voilà que débarque l’indomptable Brigitte, la sœur de Rose, interprétée par l’énergique Carmen Sylvestre. Cette dernière prétexte un dégât d’eau chez elle qui la force à se relocaliser pour dix jours – ce qu’elle vient faire chez sa sœur, qu’elle n’a pas consultée avant de sonner à sa porte et avec qui elle se chicane constamment…

Puis débarquent plusieurs autres personnages pour bousculer allègrement cette journée calme anticipée par Rose, décrite par sa sœur Brigitte comme étant « coincée » : Simon, joué par Kevin Lapierre (ex-candidat d’Occupation Double qui joue avec justesse son premier rôle sur scène), qui vient à la rencontre de Patrick et que Brigitte semble bien connaître ; le voisin et ami de Rose, Steven (Alexandre L’Heureux), un homosexuel efféminé ; puis Michel (Paul Dion), amoureux de Rose depuis maintenant 40 ans, avec laquelle il a consommé une seule nuit d’amour passionnée 40 ans plus tôt…

Quel est le lien entre tous ces personnages? Les réponses ont de quoi surprendre le public! En toile de fond, un plan bien imaginé par Brigitte pour décoincer sa sœur… qui se décoincera, suscitant de grands rires de la part du public! Un chaos organisé pour prendre d’assaut la journée de Rose, chaos qui amènera chacun à vivre quelque peu différemment sa vie par la suite.

Des personnages âgés au sommet de leur forme

Soulignons la force du jeu de Marie-Josée Longchamps et de Carmen Sylvestre, qui s’amusent sur scène dans leur personnage respectif, la première en femme de peu de mœurs, comme on le disait à une autre époque, et l’autre en femme coincée qui a plutôt, comme on le découvre au fil de la pièce, bien su garder son jardin secret pour éviter de traumatiser son fils depuis l’enfance.

Les deux comédiennes se lancent avec force dans des jeux physiques drôles, qu’il s’agisse d’avoir du mal à se relever du canapé, de gestes d’intimité avec d’autres personnages, de danser ou de prendre des poses sexy. Pour ces dernières, on sombre rarement dans la caricature, sauf lorsqu’il faut faire rire, bien sûr, et les comédiennes assument ces gestes avec une grande authenticité.

Paul Dion, qui joue Michel, amoureux de Rose depuis quatre décennies, ne s’en laisse pas imposer lui non plus et donne une force à son personnage qui est fort intéressante. Il s’agit du personnage que l’on voit le moins dans la pièce, mais il porte un romantisme inspirant qui rappelle que l’amour n’a pas d’âge. C’est particulièrement intéressant de voir un homme amoureux de cette façon dans la pièce.

En définitive, ces personnages âgés nous impressionnent par leur énergie et leur capacité à nous entraîner dans une histoire aussi rythmée que rocambolesque.

Vidéo : Théâtre d’été, Cougar qui peut! s’impose comme un incontournable! 

Une mise en scène efficace

Le metteur en scène Fabien Dupuis a bien su mettre au centre de l’action les personnages de Rose et de Brigitte sans jamais ménager les actrices. La pièce est rythmée et ponctuée de nombreux jeux physiques; un défi que Marie-Josée Longchamps et Carmen Sylvestre relèvent avec brio. Carmen Sylvestre, à travers son personnage audacieux, nous fait bien rire; elle agit exactement comme on l’espère en lisant le résumé de la pièce et en voyant le genre de personnage qu’elle joue. En ce sens, le texte et la mise en scène nous livrent exactement ce à quoi on s’attend pour le personnage de Mme Sylvestre. Du bonbon!

Fabien Dupuis a également fait de très bons choix afin de rythmer la pièce et de mettre l’accent sur chacun des personnages. Par exemple, la première entrée de chacun des personnages est marquée d’une chanson qui les représente bien. Pour Brigitte (Carmen Sylvestre), sans surprise, c’est la chanson « Voulez-vous coucher avec moi? » qui donne le ton, tandis que pour la romantique Rose (Marie-Josée Longchamps), c’est « La vie en rose ».

Chaque personnage a été bien dirigé par Fabien Dupuis. Kevin Lapierre, dans le rôle du séduisant Simon, se révèle comme un acteur d’une grande justesse. Sans jamais exagérer son jeu, son physique est mis de l’avant, au grand plaisir des spectatrices et de quelques spectateurs, et Kevin Lapierre demeure étonnant dans l’authenticité qu’il parvient à donner à son personnage. Il a également la chance de jouer, avec ce premier rôle théâtral, l’un des partenaires de jeu les plus intimes de l’explosive Carmen Sylvestre. Ils ont, ensemble, une chimie extraordinaire. On voit bien que les deux comédiens s’amusent à s’embrasser et à se courtiser constamment dans leur personnage et on y croit. Tantôt Brigitte lui dit : « Est pas belle ta cougar? », et tantôt Simon lui réplique : « Chu pas ton sex toy ni une balle de ping-pong, OK? » Tout simplement savoureux et hilarant!

Alexandre L’Heureux, dans la peau de Steven, s’avère être un grand virtuose dans les ruptures de ton, donnant différentes énergies à son personnage, suscitant ainsi les rires du public. En effet, Steven est un homosexuel particulièrement efféminé et il doit jouer, à certains moments, l’amant de son amie Rose, feignant d’être un mâle alpha… ces ruptures de ton, bien dirigées par Fabien Dupuis, fonctionnent à merveille. Alors que nous n’étions pas chauds à l’idée de voir, encore une fois, un personnage homosexuel efféminé, on comprend que ce choix était nécessaire dans le déroulement de la pièce et c’est très bien interprété.

Yan Rompré, dans la peau de Patrick, le fils de Rose, est aussi convaincant : le petit côté contrôlant de son personnage, contrôle qu’il exerce d’une certaine façon sur sa mère et qui lui procurent sans doute une certaine sécurité, et la confusion qu’il ressent au fur et à mesure que les morceaux du casse-tête se mettent en place suscitent de nombreux rires.

Tous les comédiens ont ensemble une énergie contagieuse et une chimie extraordinaire.

Une pièce à voir absolument!

Cougar qui peut! est une pièce intergénérationnelle qui a du mordant et qui met le feu à la scène. On y aborde de front les thèmes de l’amour et de la sexualité, ainsi que de l’amour et de la sexualité intergénérationnels. Oreilles chastes, s’abstenir!

Une pièce qui nous rappelle aussi la nécessité de mettre de l’avant davantage de personnages âgés au théâtre, à la télévision et au cinéma. Il y a tant d’acteurs comme Marie-Josée Longchamps et Carmen Sylvestre que l’on souhaite voir jouer…

Si vous ne l’avez pas vue à la Salle Kingsey, rendez-vous à la Salle Marie-Thérèse Desmarais du Théâtre de Rougemont du 1er août au 6 septembre 2025. Ça vaut le déplacement!

Partagez et commentez sur les réseaux sociaux!

Suivez-nous sur les réseaux sociaux:

Les derniers articles

Faits divers

Suivez-nous sur les réseaux sociaux:

facebookyoutube-icon
Partagez et commentez sur les réseaux sociaux!

Installez l'appli Vingt55

Installer l'appli Vingt 55
×