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Programme de rachat des armes : un rassemblement pour dénoncer les impacts des nouvelles mesures

Programme de rachat des armes : un rassemblement pour dénoncer les impacts des nouvelles mesures
À Drummondville, Sportèque, un commerce spécialisé pour les chasseurs et tireurs sportifs, est confronté à des difficultés depuis la publication de la liste des exclusions par Ottawa @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

C’est aujourd’hui, samedi 28 février 2026, sur la Colline parlementaire à Québec, que se tient un important rassemblement pacifique et légal de citoyens autour d’un sujet bien précis : dénoncer les impacts du « Programme fédéral de rachat des armes à feu », issu de la Loi C-21, et défendre les droits des propriétaires responsables.

À Drummondville, Sportèque, un commerce spécialisé pour les chasseurs et tireurs sportifs, est confronté à des difficultés depuis la publication de la liste des exclusions par Ottawa @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Cet événement est sous le thème “nos armes ne sont pas à vendre” et il convie les propriétaires d’armes légales, les chasseurs, les tireurs sportifs, les membres de clubs de tir et les contribuables. Cet événement est aussi en réaction à la position du Québec, qui demeure la seule province au pays qui est favorable au rachat d’armes.

La mobilisation des associations, clubs et citoyens

Une mobilisation citoyenne s’organise du côté de clubs de tir sportifs et de chasse à travers la province.  Le rassemblement est organisé par la “Coalition canadienne pour le droit aux armes à feu (CCFR)” et l’Association canadienne pour les armes à feu (ACAF)”.

L’intention de ce programme fédéral est de racheter les armes pour les retirer définitivement de la circulation, en offrant une compensation financière aux propriétaires légaux. Concrètement, pour les propriétaires d’armes acquis légalement, le programme de rachat a pour résultat que des équipements doivent être remis, neutralisés ou détruits, pour une somme qui représente une fraction de la valeur du bien.

Au cœur de la mobilisation du 28 février, on retrouvera des milliers de citoyens qui sont touchés par la loi et son programme.  Ces titulaires de permis réglementaires sont soumis à des règles strictes de possession, de transport et d’entreposage: ils rejettent le bien-fondé de ce programme de rachat car ils le perçoivent comme une confiscation injuste de leurs biens acquis légalement.

Dans le même panier

Pour plusieurs, ce n’est pas seulement une perte financière, ça annonce la fin d’un loisir, parfois d’une passion. Certains clubs de tir voient leurs disciplines disparaître, leur achalandage diminuer et l’avenir devenir incertain.

Ce qui irrite le plus chez bien des tireurs, c’est le sentiment d’être mis dans le même panier que les criminels, alors qu’ils respectent la loi et paient les frais des permis et exigences réglementaires. Dans cette optique, ils estiment que les ressources financières consacrées au programme de rachat seraient mieux utilisées pour lutter directement contre la criminalité armée, le trafic transfrontalier d’armes et la santé mentale.

Le but et le souhait de ces citoyens est que les droits de propriété des armes à feu achetés légalement soient maintenus.  Lors d’une entrevue avec Mario Dumont à QUB, Sophie Béland qui est directrice québécoise de la Coalition canadienne pour le droit aux armes à feu (CCFR), mentionne que ce programme crée un « faux sentiment de sécurité » puisqu’il ne s’attaque pas, selon elle, aux véritables sources de la criminalité armée, comme le trafic illégal d’armes ou certains enjeux liés à la santé mentale.

Des commerçants coincés

Québec est la seule province à collaborer avec Ottawa pour appliquer le programme. Les commerçants québécois spécialisés doivent conserver ces armes, à leurs frais, en attendant que le programme de rachat se concrétise.

À Drummondville, nous avons un commerce spécialisé pour les chasseurs et tireurs sportifs, c’est Sportèque.  En affaire depuis 1976, ils sont une référence régionale.  Depuis l’émission de la liste des exclusions, ils vivent une situation qui sort de l’ordinaire car du jour au lendemain, une partie de leur inventaire est devenu invendable.

Contrairement à d’autres secteurs commerciaux, ces armes et les munitions compatibles qui sont en inventaires ne peuvent pas être vendus, ni liquidés à rabais, ni retournés, ni exportés. Bref, pour les entrepreneurs, les conséquences touchent le cœur de leurs affaires, de leur clientèle et donc : des pertes financières et de l’incertitude.

En chiffres

Le programme fédéral de rachat des armes à feu pourrait coûter 742 millions de dollars aux contribuables, dont le tiers servirait à indemniser les propriétaires, le reste étant consacré à la gestion et à la logistique du programme.

Depuis 2020, plus de 2,500 modèles d’armes à feu ont été interdits par le gouvernement fédéral et il espère récupérer environ 152,000 armes à feu dans le cadre de ce programme.

Les propriétaires légaux ont jusqu’au 31 mars prochain pour souscrire au programme d’indemnisation et ils auront un délai de grâce jusqu’au 30 octobre 2026.

Selon la GRC, au 31 décembre 2025, il y avait 502,111 titulaires de permis de possession et d’acquisition (PPA) d’armes à feu au Québec et 2,4558,677 au Canada (donc approximativement 8% de la population canadienne adulte.

Selon Statistique Canada, les crimes violents commis avec une arme à feu représentent environ 2,6 % de l’ensemble des crimes violents au pays. Les armes de poing, souvent obtenues illégalement, sont impliquées dans la majorité de ces crimes.

699 entreprises sont autorisées à vendre des armes à feu à autorisation restreinte au Canada.

Le Québec est la seule province à collaborer pleinement avec Ottawa pour la mise en œuvre du rachat, recevant jusqu’à 12,4 millions de dollars pour en assurer la coordination sur son territoire.

Question d’équilibre dans la balance du débat

Pour ce qui est des groupes qui sont favorables au programme et contrôle des armes, tels PolySeSouvient, ils énoncent que ces mesures de rachat ne visent pas des individus, mais des objets et que de réduire le nombre d’armes capables de tirer rapidement diminue les risques de tragédies, même si les propriétaires actuels sont responsables.

Pour eux, le programme de rachat constitue un pas vers une approche plus prudente et préventive de la sécurité publique, même si ses effets immédiats sur la criminalité sont difficilement quantifiables.

Les organisateurs de l’événement insistent sur le caractère pacifique et rassembleur de cette journée de mobilisation.

Leur objectif est de démontrer publiquement l’opposition d’une partie de la population québécoise au programme fédéral et à rappeler que le Québec ne devrait pas être la seule province à en assurer la mise en œuvre.

Bien sûr, les gens qui sont interpelés par le sujet s’expriment, d’un côté et de l’autre. Il faut porter attention aux formulations qui peuvent nous éloigner du thème. Le 28 février, ce n’est pas un rassemblement sur le “droit au port d’arme”, c’est une mobilisation pour défendre les droits des propriétaires responsables.

Les discours et opinions de part et d’autre sont engagés, il est souhaitable que le pacifisme et la tolérance dominent cette journée.

Le débat public sur les armes à feu polarise et il ne laisse pas indifférent : les expériences, les perceptions, les intérêts, les traumas, les valeurs, les souvenirs, la santé mentale, la criminalité, etc.

Peu importe où l’on se situe, une chose est certaine : ce dossier mérite d’être discuté avec nuance, respect et ouverture. Les enjeux sont nombreux et les sommes engagées sont importantes.

Pour en savoir plus : https://www.securitepublique.gc.ca/cnt/trnsprnc/brfng-mtrls/prlmntry-bndrs/20240220/19-fr.aspx Lien vers entrevue de Sophie Béland à QUB:
https://www.qub.ca/article/programme-de-rachat-darmes-a-feu-un-faux-sentiment-de-securite-723606830

À Drummondville, Sportèque, un commerce spécialisé pour les chasseurs et tireurs sportifs, est confronté à des difficultés depuis la publication de la liste des exclusions par Ottawa @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Sara Marquis
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